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09/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (11)

Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.

ADOLPH ABRAMOVICH JOFFE (ou IOFFE)

aefe6f6488752ad8f940c4b514e8eb49.jpgToute sa vie, Adolph Joffé fut un ami fidèle et un chaud partisan de Trotsky. Il naît en 1883 – il est donc de quatre ans plus jeune que son mentor – dans une famille juive karaïte de Crimée. [De façon très simplifiée, le karaïsme est une branche du judaïsme qui s’oppose au judaïsme « rabbinique »].

Il rejoint le parti socialiste révolutionnaire de Russie en 1903, durant ses études, et prend une part active à la révolution de 1905. Après l’échec de celle-ci, il s’exile à Berlin, puis à Vienne, en 1906. C’est là qu’il va aider Trotsky, qui s’y trouve aussi, à fonder la Pravda et à la faire vivre. Car la famille de Joffé est prospère et le soutien financier de celui-ci est le bienvenu. La Pravda a en effet été créée à Vienne en 1908 par Trotsky. Joffé contribuera à sa publication jusqu’en 1912, tout en étudiant la médecine et la psychanalyse.

En 1917, il se trouve en Russie, où il devient membre du Comité central du Parti dès le mois d’août et où il retrouve la Pravda, désormais rapatriée. En octobre, il soutient Lénine et Trotsky dans leur volonté de s’emparer du pouvoir par la force. Et il devient le président du Comité militaire révolutionnaire de Pétrograd qui renverse le gouvernement provisoire, le 25 octobre.

De novembre à janvier 1918, c’est lui qui conduira avec Trotsky la délégation bolchevique à Brest-Litovsk pour négocier l’arrêt des hostilités avec l’Allemagne et l’Autriche. Les bolcheviques font traîner les négociations dans l’espoir qu’entre-temps les révolutions tant espérées gagneront du terrain dans ces pays. Peine perdue, après neuf semaines de vaines parlotes, l’armée allemande se met en marche vers Petrograd et Lénine finira par ordonner d’accepter les termes du traité.

Lorsque Trotsky prend le contrôle de l’Armée Rouge, c’est lui, Joffé, qui le remplace comme commissaire du peuple aux affaires étrangères. A ce titre, il mènera diverses négociations avec la Turquie et avec l’Allemagne. On le retrouve  à Berlin d’où il se fait expulser en novembre 1918 avec sa délégation, accusés de fomenter la révolution.

En 1919-20, il poursuit son activité diplomatique et négocie un certain nombre de traités. En 1922, il est nommé ambassadeur en Chine où il signe un accord avec Sun Yat-Sen. Il se rend au Japon en 1923 pour y organiser les relations sovieto-japonaises.

Mais il tombe gravement malade et doit rentrer à Moscou. Il représentera encore les soviets en Autriche en 1924-26, mais rien ne va plus. Sa santé se détériore encore, ainsi que ses relations avec le nouveau pouvoir de Staline. Ce dernier, lui faisant payer le soutien sans faille à Trotsky, refuse de le laisser partir se soigner à l’étranger.

Trotsky est exclu du Parti le 12 novembre 1927 et Joffé se suicide quatre jours plus tard. Le discours que prononcera Trotsky à ses funérailles sera le dernier qu’il prononcera sur le sol soviétique.

Joffé avait une fille, Nadezhda Joffé, née en 1906, qui sera tout aussi activiste et trotskyste que son père. Elle en paiera le prix par une déportation en Sibérie. Après la mort du dictateur, elle rentrera à Moscou dans un premier temps, puis s’installera à New York où elle mourra en 1999.

 

c8c61c8d6db91ac310c1583ccc521be5.jpgPuisque nous parlions de psychanalyse au début de l’article, il est intéressant de noter que Trotsky, qui avait fait la connaissance de cette discipline à Vienne en 1908, s’y intéressait vivement et participera activement à sa promotion dans la Russie bolchevique.

Cela se traduira par la création, en 1923, d’un Institut de Psychanalyse financé par l’Etat. On y travaillait tout particulièrement sur les rapports entre freudisme et marxisme.

De cet Institut dépendait un jardin d’enfants un peu spécial, dirigé par Véra Schmidt, qui, sans aucun diplôme, y appliquait des théories « alternatives » pour le moins étranges, touchant à la sexualité infantile. Rumeurs et plaintes ne tardèrent pas.

Au pays des soviets, la vogue de la psychanalyse, qui avait accompagné les années glorieuses de Trotsky, retomba en même temps que son étoile pâlissait. Institut et jardin d’enfants seront fermés en 1925.

Commentaires

Quand vous aurez terminé votre série actuelle sur la révolution d'octobre, vous devriez vous intéresser aux terribles services de sécurité intérieure des divers pays soviétiques. Là aussi c'est corsé! Vous apprendrez entre autre que le fondateur de la terrible securitate roumaine était l'oncle d'Alexandre Adler... Et le père de Petre Roman, ex-premier ministre de la Roumanie "libérée"... Le monde est petit n'est ce pas? Alexandre Adler s'était vanté d'entretenir des liens occultes avec le Mossad, ce serait intéressant de connaitre ses liens avec la securitate...

En tout cas quand on voit comment sa famille s'est vite reconvertie du communisme vers le capitalisme forcené en Europe de l'Est, et la façon dont ils ont fait fortune, on comprend pourquoi Adler a quitté à point le parti communiste pour devenir un chantre de la droite libérale et écrire au Figaro...

La défense des idéaux n'est qu'un leurre qui permet de contrôler les masses, il n'y a que l'intérêt personnel qui compte pour ce genre de types.

Peu importe qu'on ait le pouvoir par le biais du Poliburo, ou par celui des marchés financiers, tant qu'on se retrouve en haut de la pyramide...

Écrit par : wizky | 09/11/2007

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