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05/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (9)

Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.

MEIR HENOCH MOJSZEWICZ WALLACH-FINKELSTEIN, dit MAXIM LITVINOV

1cf47423f78f753fce4515f0d26ef347.jpgIl naît en 1876 dans une famille de banquiers juifs à Bialystok, dans le nord de la Pologne.

Il rejoint, dès sa création en 1898, le parti « socialiste révolutionnaire » de Russie - qui se scindera ensuite en deux factions, les bolcheviks et les mencheviks – et commence sa carrière d’agitateur en faisant de la propagande en Ukraine.

Après certaines péripéties (on s’échappait plus facilement des prisons du tsar que plus tard du goulag), il s’exile en Suisse et y travaille au journal révolutionnaire Iskra (L’Etincelle). De 1906 à 1916, il vit à Londres où il déploie une grande activité comme secrétaire du groupe bolchevique de la capitale britannique. Il y rencontre l’amour sous les traits d’Ivy Lowe, fille d’une grande famille juive d’Angleterre émigrée de Hongrie à la suite de l’échec de la révolution de 1848. Eh oui, les révolutions, ça ne marche pas à tous les coups …

Cette expérience anglaise lui sera en tout cas profitable car la révolution d’octobre à peine achevée, Lénine lui confie la tâche de représenter les soviets en Angleterre. Il sera cependant arrêté par les autorités britanniques en 1918 et gardé en otage afin de servir d’échange avec Robert Lockhart, agent secret accusé par les bolcheviks de complot contre l’Etat. [Ouvrons ici une parenthèse pour signaler que ce personnage, né en 1887 et mort en 1970, eut une vie étonnante qui mérite vraiment d’être connue. Ecossais pur sucre, il clamait notamment à qui voulait l’entendre sa fierté de n’avoir aucune goutte de sang anglais dans les veines : « There is no drop of English blood in my veins ». Cela ne vous rappelle rien ?]

Ce regrettable incident vite oublié, Litvinov entame une grande carrière de diplomate. Vice-commissaire du peuple aux affaires étrangères, il sera le principal représentant des soviets en Europe occidentale, persuadant notamment les Britanniques de mettre fin au blocus contre le gouvernement bolchevique et négociant un certain nombre d’accords commerciaux avec les pays européens.

Egalement fort actif dans son pays, c’est lui qui en 1929 conclura le Litvinov’s Pact, accord de non-belligérance entre Union soviétique, Pologne, Roumanie, Lettonie et Estonie.

Son antisémitisme supposé n’empêchera pas Staline de le nommer commissaire du peuple aux affaires étrangères en 1930. A ce titre, il parviendra en 1933 à persuader les Etats-Unis de Franklin Roosevelt de reconnaître officiellement le gouvernement des soviets.

C’est cette année-là que se déroule, essentiellement en Ukraine, l’horrible tragédie aujourd’hui appelée Holodomor. Entre 1932 et 1933, six millions de personnes au bas mot, dont deux millions d’enfants, seront victimes de cette famine sciemment organisée par le pouvoir pour briser la résistance des masses paysannes. Maxim Litvinov est parfaitement au courant de ce gigantesque crime contre l’humanité. Il est interviewé à ce propos à Moscou par Gareth Jones, le journaliste qui révélera ce forfait au monde occidental. Comme souvent en pareil cas, des intérêts bien plus puissants vont se dresser contre une vérité dérangeante et les révélations de Gareth Jones seront fort mal reçues, y compris par la presse occidentale et américaine. Maxim Litvinov en particulier adressera une lettre personnelle à Lloyd George pour l’informer qu’en raison de ses allégations, M. Jones est désormais indésirable dans le paradis soviétique.

Litvinov représentera ensuite son pays – qu’il avait réussi à y faire admettre - à la Société des Nations, ancêtre de l’ONU, de 1934 à 1938. Il sera encore présent lors des Accords de Munich en septembre 1938, mais plus à la signature du pacte germano-soviétique de mai 1939. En raison de ses origines juives, Staline le remplacera pour ces négociations par Molotov, qui devient le nouveau ministre des affaires étrangères.

Il n’est cependant pas en disgrâce auprès du tout-puissant maître du Kremlin qui lui octroie un poste de vice-commissaire du peuple et le nomme ambassadeur aux Etats-Unis en 1941, fonction qu’il occupera jusqu’en 1943.

Au terme d’une carrière bien remplie et n’ayant finalement pas trop souffert de l’antisémitisme, Litvinov mourra dans son lit – une rareté – le 31 décembre 1951.

Commentaires

Lu sur le blog d'Hervé (Ryssen, pas le nôtre, que je salue aussi) :

"L'historienne Annie Lacroix-Riz nie la famine organisée par le régime soviétique en 1932-1933, qui a causé la mort d'entre six et dix millions de paysans ukrainiens. Précisons qu'Annie Lacroix-Riz est juive. Elle nous l'a dit elle-même l'année dernière, en pensant que nous étions communiste."

Arrêtez-moi si je me trompe, mais les initiateurs du bolchevisme génocidaire étaient presque tous juifs, non ? Maintenant, imaginons qu'un historien allemand pas plus de droite que Mme Lacroix-Riz n'est sans doute de gauche vienne aujourd'hui remettre en cause la Shoah... Le gouvernement allemand - littéralement terrorisé ... - serait capable de rouvrir Bergen Belsen rien que pour lui !

Mme Lacroix-Riz pratique en toute impunité ... un négationnisme n'ayant évidemment rien à redouter des tribunaux ni des lois dirigées à sens unique contre le seul et unique négationnisme officiellement répertorié.

Écrit par : Martial | 06/11/2007

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