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03/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (8)

Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.

KAROL SOBELSOHN dit KARL RADEK

be307f681384fbf1afd5182dfa528f88.jpgIl naît en en 1885 dans une famille juive de Galicie polonaise et milite très jeune à l’Université dans les rangs de la gauche (même remarque que précédemment). Il participe à la révolution de 1905 à Varsovie.

Il émigre ensuite en Suisse, véritable terre promise des révolutionnaires, où il se lie avec Lénine, Trotsky, Zinoviev. Pendant la 1ère guerre mondiale, agissant en qualité d’intermédiaire entre Lénine et les Allemands,  il mènera, avec deux coreligionnaires, Alexander Parvus et Yakov Ganetsky, des négociations secrètes avec les autorités militaires allemandes en vue d’un soutien financier aux bolcheviks. Cette opération prendra le nom de Copenhagen operation.

Il rentre en Russie en 1917 avec ses petits camarades dans le fameux train. Après la révolution d’octobre, il devient vice-commissaire à la propagande. Chargé de la « politique étrangère », c’est lui qui a la lourde tâche de soutenir et d’accompagner tous les mouvements révolutionnaires qui vont désormais éclater un peu partout. Ce qui ne l’empêchera pas de faire partie également de la délégation bolchevique à Brest-Litovsk, en juillet 1918.

C’est l’Allemagne qui sera l’objet prioritaire de ses soins. Il y vivra de 1918 à 1920 et contribuera à la fondation du parti communiste allemand, présidé par Paul Lévi. Hélas pour lui, la révolution ne se déroule pas comme prévu. Elle échoue et Karl Radek rentre en Russie où il devient l’un des dirigeants de l’Internationale communiste, le Komintern.

Cette défaite est considérée comme sa défaite. Désormais, son influence ne sera plus la même. En tant que trotskiste, faisant partie de l’ « opposition » à Staline, il connaîtra en prime les mêmes revers que les autres. Il est éjecté du Comité central du Parti en 1924. Lui est cependant confiée la formation des cadres de la révolution chinoise à l’Université Sun Yat-Sen de Moscou, dont il devient le recteur de 1925 à 1927. Il « formera » notamment Deng Xiaoping.

Il est expulsé du Parti en 1927 et se retrouve en Sibérie comme un vulgaire contre-révolutionnaire. Après deux ans de ce régime, il capitule misérablement et fait son entière  soumission à Staline. Il est réadmis dans le Parti en 1930, ayant accepté d’être humilié, sali et ayant dûment calomnié ses amis de la veille.

Devenu le chantre du stalinisme, il dirige de 1932 à 1934 un « Bureau d’information pour les questions internationales » directement sous la coupe du dictateur et chargé spécifiquement de la lutte « antifasciste ». Il participe même à la rédaction de la Constitution soviétique de 1936.

Mais la fin est proche. Devenu lui aussi inutile, autocritique et dénonciations de ses anciens amis ne le sauveront plus. Il fait partie des accusés du 2e procès de Moscou, en 1937, sous l’inculpation de trahison.

Condamné comme les autres à 10 ans de goulag, il y meurt deux ans plus tard, en 1939, dans des circonstances non encore véritablement élucidées. Mais pas de vieillesse, en tout cas.

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