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22/10/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (3)

Un correspondant m’a fait observer qu’en m’embarquant dans cette série, je n’étais pas sortie de l’auberge ! C’est profondément vrai. Je profite donc de l’occasion pour rappeler que je me propose juste de faire un tour d’horizon succinct de divers acteurs de la révolution bolchevique, ayant tous un point commun. Succinct, car je ne suis pas historienne et je ne prétends évidemment pas à l’exhaustivité. Sans compter le temps que cela prend, comme vous pouvez vous en douter. Ce sera un petit jeu entre nous, si vous trouvez des infos intéressantes – et dûment vérifiées – faites-en profiter les autres. Ca complétera le tableau.

Je rappelle aussi que tous les hommes, ou femmes, dont il sera ici question, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Tous les malheurs qui ont pu leur arriver par la suite furent occasionnés, non par une dénonciation de ses crimes, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.

LEV BORISSOVITCH ROSENFELD, dit KAMENEV

9cf061729723724fc2a49631d88b2a5c.jpgEncore un révolutionnaire de la première heure - ayant participé à celle de 1905 – qui naît à Moscou en 1883. Proche de Lénine qu’il suivra dans ses pérégrinations d’exilé, il est également le beau-frère de Trotsky, dont il épouse la sœur en premières noces : Olga Bronstein, révolutionnaire elle-même, plus tard membre actif, et influent, du parti. Nous restons donc strictement en famille.

Les années fastes de Kamenev se situent de 1917 à 1925. Les choses vont très nettement se gâter pour lui par la suite.

Dès la réussite de la révolution d’octobre, il est membre du Comité exécutif central du parti, dont il sera élu président en 1918. Il participe à la fondation du Bureau politique, ou Politburo, organe important s’il en est, qu’il présidera en 1923-24, durant la maladie de Lénine.

Il joue d’abord Staline contre Trotsky puisque de 1922 à 1925, il participe à la troïka Zinoviev/Staline/Kamenev, qui s’oppose à Trotsky et parviendra à le marginaliser. En 1925, ce dernier sera contraint sous la pression de ses adversaires de démissionner de sa fonction de commissaire à la guerre, où il avait pourtant fait preuve d’un zèle remarquable.

Un peu plus tard, revirement : avec Trotsky et Zinoviev, il s’oppose cette fois à Staline dont tous critiquaient notamment… la tendance à la bureaucratie. C’est le vrai début de ses malheurs car il est exclu, comme Trotsky et d’autres, du parti en 1927. Mais il fait amende honorable sous forme d’autocritique et il est réintégré en 1928. En 1932, il est exclu à nouveau, puis encore une fois réintégré après une nouvelle autoflagellation publique. Staline, qui devait s’ennuyer, aimait bien jouer comme ça au chat et à la souris.

En 1935, le jeu n’était plus tellement drôle, Kamenev est arrêté et condamné à 10 ans de prison pour conspiration contre le dictateur. Lors des procès de Moscou, l’année suivante, en 1936, il sera rejugé pour trahison envers l’Etat. Cette fois sera la bonne : il est exécuté à Moscou en août 1936. Pour faire bonne mesure, Staline fera également tuer ses deux fils et leur mère, sa première épouse, la sœur de Trotsky.

Pour finir en chanson cette sombre histoire, voici quelques paroles extraites de la chanson de Gainsbourg , Juif et Dieu :

Grigori Ievseîetch Apfelbaum dit Zinoviev
Lev Borissovitch Rosenfeld dit Kamenev
Lev Davidovitch Bronstein dit Trotsky
Dieu est Juif
Juif et Dieu

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