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13/10/2007

LE GENOCIDE ARMENIEN FAIT DES VAGUES AUX ETATS-UNIS

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Nous avions parlé en août des efforts déployés par la Turquie pour empêcher l’adoption au Congrès des Etats-Unis d’une loi reconnaissant le génocide arménien. Ni menaces, ni pressions diverses et variées, n’avaient été épargnées pour que les responsabilités du massacre de ces populations civiles entre 1915 et 1917, en pleine guerre mondiale, passent dans les oubliettes de l’histoire.

Eh bien, aussi étonnant que cela paraisse, la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a adopté jeudi une résolution reconnaissant ce génocide, par 27 voix contre 21. Ce fait est d’autant plus étonnant que l’administration Bush, tout aussi opposée au texte que la Turquie, n’avait, elle non plus, pas ménagé ses efforts pour empêcher ce vote, qui apparaît comme un camouflet pour les deux partenaires.

C’est que les Etats-Unis, toute « hyperpuissance » qu’ils soient, ont apparemment un grand besoin de conserver les bonnes grâces d’Ankara et redoutent ses représailles. L’appui des Turcs, membres de l’OTAN, leur est nécessaire pour leurs opérations guerrières dans la région. Ces derniers ont déjà menacé de couper aux Américains l’accès à la base aérienne d’Incirlik, plaque tournante des matériels US vers l’Irak et l’Afghanistan. On mesure d’ailleurs à travers cette dépendance, étonnante à première vue, à quel point les Etats-Unis sont un colosse aux pieds d’argile.

En tout cas, que pèsent face à des arguments pareils, la moralité ou la justice - ou le simple respect des votes émis par des représentants du peuple - dont on se gargarise uniquement quand un profit politique est en vue. D’ailleurs, on espère vivement en haut lieu que l’essai ne sera pas transformé. Le secrétaire d’Etat à la Défense, Robert Gates, et la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice ont déjà proposé de donner des « instructions secrètes » aux membres de la Chambre des représentants au sujet des « intérêts de sécurité nationale » en jeu dans cette affaire. Autrement dit, s’ils osent persister dans la funeste erreur de la commission et voter quand même la résolution, lorsqu’elle viendra devant eux, ils seront de très mauvais Américains, de faux patriotes. Finalement, si la guerre d’Irak est perdue, ce sera entièrement de leur faute.

Les Turcs de leur côté, sont évidemment furieux de ce vote « inacceptable » et ont demandé à l’administration Bush, par la voix de son ambassadeur à Ankara, de faire tout son possible pour que le texte ne soit surtout pas inscrit à l’ordre du jour. Car s’il est inscrit, on peut craindre le pire… On imagine sans peine les pressions qui vont à présent s’exercer sur Nancy Pelosi, porte-parole de la Chambre des représentants.

Il faut reconnaître en tout cas aux Turcs une volonté inébranlable dans leur refus de considérer cette période de leur histoire. Certains autres peuples, en revanche, vont peut-être un peu loin dans leur sentiment de culpabilité?

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