Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/09/2007

UN NOUVEAU PAVE DANS LA MARE EN PERSPECTIVE!

35656acdeaf9ecc37e476b300bf156f5.jpg

John J. Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l'Université de Chicago et Stephen M. Walt, professeur de relations internationales à Harvard, avaient publié l'an dernier un long article sur l'influence du lobby pro-israélien aux Etats-Unis dans la London Review of Books, mis en ligne ensuite sur le site de la Kennedy School of Government d'Harvard. Une avalanche d'insultes avait aussitôt fusé de tous côtés, assorties de l'inévitable et redoutable accusation d'antisémitisme. Celle qui sert invariablement en toutes circonstances dès lors que l'on est à court d'arguments pour riposter sur le fond.

Pour compléter cet essai – et alors que les Etats-Unis s’engagent dans une année électorale - les deux auteurs viennent de publier un livre intitulé Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, dont la traduction est disponible depuis la semaine dernière aux éditions La Découverte. Un nouveau pavé dans la mare en perspective!

Et surtout, une grande source d’informations, si l’on en juge par le plan du livre, tel qu’exposé en introduction par les auteurs :

« …Pour cela, nous avons trois devoirs à remplir. Plus précisément, nous devons convaincre les lecteurs : que les États-Unis fournissent à Israël un soutien matériel et diplomatique hors du commun ; que l’influence du lobby en est la raison principale ; que ce soutien inconditionnel va à l’encontre de l’intérêt des États-Unis. Pour ce faire, nous procéderons comme suit.

Le chapitre 1 aborde de front la première question, en décrivant l’aide économique et militaire ainsi que le soutien diplomatique que les États-Unis apportent à Israël, en temps de guerre comme en temps de paix.

Les chapitres 2 et 3 évaluent les principaux arguments invoqués en général pour justifier ou expliquer ce soutien exceptionnel. Cette évaluation critique est nécessaire pour des raisons méthodologiques : afin d’évaluer correctement l’influence du lobby pro-israélien, il nous faut examiner d’autres explications possibles à la « relation privilégiée » entre les deux pays.

Dans le chapitre 2, nous nous pencherons sur l’argument répandu qui veut qu’Israël mérite un soutien sans bornes parce qu’il constitue un atout stratégique précieux.
Nous démontrons que, bien qu’Israël ait été un atout au cours de la Guerre froide, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Apporter un tel soutien à Israël ne fait qu’aggraver la menace du terrorisme et complique la tâche des États-Unis au Moyen-Orient. Ce soutien inconditionnel perturbe également les relations qu’entretiennent les États-Unis avec un certain nombre d’autres pays dans le monde, ce qui s’avère politiquement coûteux pour les États-Unis. Et pourtant, alors que son coût a augmenté et que ses bénéfices ont chuté, ce soutien continue d’augmenter. Cette situation suggère qu’un facteur autre que stratégique est à l’oeuvre.

Le chapitre 3 examine les différents arguments de type moral auxquels les Israéliens et leurs sympathisants américains ont souvent recours pour expliquer le soutien américain.
Nous y étudions en particulier la thèse selon laquelle les États-Unis soutiennent Israël parce que les deux États partagent certaines « valeurs démocratiques », parce que Israël est un David faible et vulnérable face à un puissant Goliath arabe, parce que son attitude a toujours été plus morale que celle de ses adversaires, ou parce que Israël a toujours recherché la paix lorsque ses voisins choisissaient la guerre.

Si cet examen est nécessaire, ce n’est pas parce que nous éprouvons une quelconque animosité vis-à-vis d’Israël ni parce que nous pensons que son attitude est pire que celle des autres États, mais parce que ces arguments d’ordre moral sont très souvent utilisés pour justifier l’exceptionnelle abondance de moyens que les États-Unis mettent en oeuvre pour aider Israël. Nous arrivons à la conclusion que, même si l’existence d’Israël repose sur de solides bases morales, celles-ci ne suffisent pas à justifier un soutien de cette ampleur. Ce qui suggère à nouveau qu’un autre facteur est à l’oeuvre.

Après avoir établi que ni les intérêts stratégiques ni les arguments d’ordre moral ne pouvaient à eux seuls expliquer ce soutien, nous nous concentrons donc sur cet « autre facteur ». Le chapitre 4 identifie les différentes composantes du lobby et décrit comment cette coalition aux contours flous a évolué au fil du temps. Nous mettons l’accent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un seul mouvement unifié, que ses différents éléments sont parfois en désaccord sur certaines questions, et qu’il comprend des Juifs comme des non-Juifs, ainsi que les « sionistes chrétiens ».

Dans ce chapitre, nous nous demandons également si les groupes arabes-américains, le soi-disant lobby pétrolier, ou les riches producteurs arabes de pétrole, ne forment pas un contrepoids important au lobby pro israélien, voire la véritable force agissante de la politique américaine au Moyen-Orient. Par exemple, beaucoup de gens semblent croire que l’invasion de l’Irak avait surtout à voir avec le pétrole et que les intérêts des grands groupes pétroliers ont poussé les États-Unis à attaquer ce pays.
  Ce n’est pourtant pas le cas : bien que l’accès au pétrole constitue bien évidemment un intérêt de poids, il existe de bonnes raisons de penser que les Arabes-Américains, les compagnies pétrolières et la famille royale saoudienne exercent beaucoup moins d’influence sur la politique étrangère américaine que le lobby pro-israélien.

Dans les chapitres 5 et 6, nous décrivons les différentes stratégies auxquelles les groupes du lobby ont recours pour promouvoir les intérêts d’Israël aux États-Unis. En plus des pressions directes exercées sur le Congrès, le lobby récompense – ou punit – les responsables politiques, grâce au levier que constitue le financement des campagnes électorales.
Les organisations du lobby exercent également des pressions sur l’administration en place de plusieurs manières, n’hésitant pas par exemple à utiliser ceux qui partagent leurs vues.

Le lobby n’a pas non plus ménagé ses efforts pour influencer le discours public sur Israël en faisant pression sur les médias et le milieu universitaire et en assurant sa présence au sein de puissants think tanks. Accuser les détracteurs d’Israël d’antisémitisme fait partie de ce travail auprès de l’opinion publique, tactique destinée à discréditer et marginaliser toute personne contestant la relation entre les deux pays.

Une fois ces tâches accomplies, la seconde partie du livre éclaire le rôle du lobby dans la définition de la politique américaine au Moyen-Orient. Notre argument – nous insistons sur ce point – n’est pas que le lobby est le seul facteur d’influence sur la prise de décisions dans ce domaine. Le lobby n’est pas tout-puissant, il n’obtient donc pas gain de cause à chaque fois.

Mais il est redoutablement efficace lorsqu’il s’agit d’orienter la politique américaine à l’égard Israël et de la région dans l’intérêt de l’État hébreu – et, croit-on, des États-Unis. Malheureusement, la politique qu’il a soutenue a porté un préjudice considérable aux intérêts américains mais aussi causé du tort à Israël.

Après une brève introduction pour planter le décor, le chapitre 7 montre que les États-Unis ont constamment soutenu les efforts d’Israël visant à réprimer ou limiter les aspirations nationales des Palestiniens. Même lorsque les présidents américains essaient de contraindre Israël à faire des concessions ou de se désolidariser de la politique israélienne – comme l’a tenté le président George W. Bush à plusieurs reprises depuis le 11 septembre 2001 –, le lobby intervient et les fait rentrer dans le rang.

Ce qui a eu pour résultats de ternir davantage l’image des États-Unis, de perpétuer la souffrance des deux côtés de la frontière israélo-palestinienne, et d’accentuer la radicalisation des Palestiniens. Et rien de tout ça n’est dans l’intérêt de l’Amérique ou d’Israël.

Dans le chapitre 8, nous démontrons que le lobby – et en particulier les néo conservateurs en son sein – est largement à l’origine de la décision de l’administration Bush d’envahir l’Irak en 2003. Certes – nous insistons sur ce point –, le lobby n’est pas seul à l’origine de cette guerre : les attaques du 11 septembre ont eu un impact certain sur la politique étrangère de l’administration Bush et sa volonté de faire tomber Saddam Hussein. Mais, sans le lobby, la guerre n’aurait sûrement pas eu lieu. En somme, son influence fut une condition nécessaire mais non suffisante de cette entrée en guerre qui s’est révélée un désastre pour les États-Unis et une aubaine pour l’Iran – l’ennemi le plus sérieux d’Israël dans la région.

Le chapitre 9 décrit l’évolution de la difficile relation de l’Amérique avec le régime syrien et révèle comment le lobby a poussé Washington à prendre des mesures hostiles à la Syrie (y compris à brandir quelques menaces de changement de régime) lorsque cela correspondait au souhait du gouvernement israélien.

Certes, les États-Unis et la Syrie ne seraient certainement pas devenus des alliés dans l’hypothèse où certains groupes clés du lobby auraient été moins influents, mais les États-Unis auraient pu choisir une approche moins conflictuelle, voire envisager une coopération limitée, mais profitable, avec la Syrie. En effet, sans le lobby, Israël et la Syrie auraient peut-être déjà signé des accords de paix, et Damas ne soutiendrait peut-être pas le Hezbollah au Liban, ce qui serait bénéfique pour les États-Unis comme pour l’État hébreu.

Dans le chapitre 10, nous étudions le rôle du lobby dans la politique américaine à l’égard de l’Iran. Washington et Téhéran entretiennent des relations houleuses depuis la révolution qui provoqua la chute du Shah en 1979, et Israël en est venu à considérer l’Iran comme son adversaire le plus dangereux, au vu de ses ambitions nucléaires et de son soutien à des groupes comme le Hezbollah. ar conséquent, Israël et le lobby pro-israélien ont à plusieurs reprises poussé les États-Unis à s’en prendre à l’Iran et se sont employés à faire échouer plusieurs opportunités de détente.
Il en résulte malheureusement que les ambitions nucléaires de l’Iran ont pris de l’ampleur et que des éléments plus extrémistes du régime sont arrivés au pouvoir à Téhéran (comme l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad), ce qui ne fait qu’aggraver une situation déjà tendue.

Le Liban est au coeur du chapitre 11, et nous employons à peu de chose près le même schéma que précédemment. Nous soutenons que la réponse d’Israël aux provocations injustifiées du Hezbollah au cours de l’été 2006 a été une erreur stratégique et un acte moralement condamnable ; pourtant, le lobby n’a pas laissé d’autre choix aux dirigeants américains que celui de soutenir fermement Israël

Le dernier chapitre explore divers moyens d’améliorer cette situation. Nous commençons par définir les intérêts fondamentaux de l’Amérique au Moyen-Orient, puis nous esquissons les grandes lignes d’une stratégie de « contrôle à distance » (offshore balancing) – susceptible de défendre plus efficacement nos intérêts. Nous ne demandons pas que les États-Unis se désolidarisent d’Israël – au contraire, nous approuvons pleinement l’engagement de notre pays à venir en aide à Israël s’il en allait de sa survie.

Mais nous considérons qu’il est temps de traiter Israël comme un pays normal et de conditionner l’aide américaine à la fin de l’occupation et au respect des intérêts américains. Pour accomplir cette volte-face, il faut affronter la puissance et l’agenda politiques du lobby ; il nous faudra donc quelques pistes pour faire en sorte que son influence soit plus bénéfique, tant pour les États-Unis que pour Israël. »

John J. Mearsheimer est professeur de sciences politiques à l’université de Chicago et est l’auteur de The Tragedy of Great Power Politics.

Stephen M. Walt est professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government d’Harvard. Son dernier livre s’intitule Taming American Power : The Global Response to US Primacy (traduction française à paraître aux Éditions Demopolis en octobre 2007).

28/09/2007

LOUIS DE ROTHSCHILD ET LES NAZIS (3)

« Au début de 1939, Otto Weber, l’homme de Goering, fut arrêté. Apparemment, le butin Rothschild donnait lieu à un règlement de compte meurtrier entre nazis. Les négociations sur la rançon semblèrent alors recevoir leur impulsion d’Himmler plutôt que de Goering. La Famille, indifférente au changement de juridiction, s’en tint à ses conditions : tous les avoirs ordinaires des Rothschild en Autriche seraient livrés en échange de la sauvegarde de Louis, mais le contrôle de Vitkovitz ne serait remis qu’après la libération du baron et moyennant paiement de trois millions de livres.

Berlin tempêta. Berlin menaça. En fait, après le viol de la Tchécoslovaquie, les troupes allemandes occupèrent Vitkovitz. Mais les légistes allemands savaient que le drapeau anglais et la loi internationale s’opposaient à une prise de possession légale. Aussi essaya-t-on d’un nouveau ton. Tandis que les journaux nazis se déchaînaient contre Rothschild, ce fléau de l’humanité, un curieux événement se déroula dans la cellule de Louis. La porte s’ouvrit. Heinrich Himmler parut et souhaita le bonjour au Herr Baron : il lui offrit une cigarette et lui demanda s’il avait quelque désir ou quelque plainte à formuler ; il proposa enfin de régler, entre hommes célèbres, les petits différends qui pouvaient exister entre eux.

Mais le Herr Baron, fumeur invétéré, n’avait guère envie d’une cigarette à ce moment. Sa concision de parole se fit particulièrement aiguë. Il observa avec froideur la redoutable figure. « L’homme avait un orgelet à l’œil et s’efforçait de le cacher », dit-il par la suite. Quand Himmler fut reparti sur un salut, la position de Rothschild au sujet de Vitkovitz n’avait pas changé d’un iota.

Sur quoi, de nouvelles cajoleries arrivèrent dans la petite cellule de Louis : une heure après le départ du chef, un détachement de « grenadiers » entra en chancelant sous le poids d’une énorme pendule Louis XIV ; revint avec un vaste vase Louis XV qui n’allait pas avec ; recouvrit le lit de camp d’un épais rideau de velours orange, sur lequel il répandit des coussins multicolores. Finalement, arriva un poste de radio dont on avait juponné la base d’un volant de soie.

C’était une tentative de Himmler pour donner à un Rothschild une impression de chez-soi. Elle eut des résultats. Depuis bien des semaines, Louis était resté stoïque en face de choses laides. Il perdit alors son sang-froid. « Cela avait l’air d’un bordel de Cracovie ! » Ce souvenir, souvent répété au cours des années suivantes, comportait un des rares points d’exclamation de Louis. Tout ce fatras (à l’exception du poste de radio que le baron déjuponna de sa propre main) fut retiré sur l’insistance du prisonnier. Il est bien possible que ce fiasco ait entraîné l’abandon des S.S. Quelques jours plus tard, vers 11 heures du soir, le gardien-chef de Louis annonça que les conditions des Rothschild avaient été acceptées et que le baron était libre.

En remerciement, Louis infligea à ses geôliers un dernier désarroi. Il était trop tard, dit-il, pour demander l’hospitalité à aucun de ses amis. Après tout, les domestiques étaient couchés à cette heure. Il préférait ne partir que le lendemin matin. Etant donné que dans tous les dossiers de la Gestapo on n’aurait pu trouver de précédent d’une demande de logement pour la nuit, on dut consulter Berlin par téléphone. La dernière nuit de Louis au quartier général fut aux frais de la maison. Quelques jours après, il atterrit en Suisse. Et deux mois plus tard, en juillet 1939, le Reich s’engagea à acheter Vitkovitz pour 2 900 000 livres sterling.

La guerre ayant éclaté presque tout de suite, le contrat ne fut jamais rempli. Mais, en droit, la propriété anglaise de Vitkovitz est encore valable à ce jour. Après leur prise du pouvoir, les communistes tchèques nationalisèrent Vitkovitz. En 1953, cependant, Londres conclut un accord commercial avec Prague. Une des clauses établissait que les revendications de ressortissants britanniques au sujet de propriétés saisies (au premier rang desquelles figurait Vitkovitz) devaient être satisfaites. Prague y souscrivit. Sur quoi, le Parlement passa une loi permettant à une société mandataire (telle l’Alliance Insurance) de recueillir des indemnités pour le compte de propriétaires étrangers (tels les Rothschild ex-autrichiens, à présent citoyens américains).

Aujourd’hui, La Famille, qui est toujours le plus grand nom du capitalisme, perçoit d’un gouvernement communiste une restitution qui se montera en fin de compte à un million de livres. »

Voilà en tout cas une histoire qui finit bien et des manières, somme toute, bien civiles. Les nazis n'ont guère fait honneur à leur réputation, si l'on en croit cet ouvrage écrit en 1962, il faut s'en souvenir. Quelques autres Rothschild se retrouvèrent également prisonniers des Allemands au cours de la guerre, mais, étonnamment, le clan se retrouva néanmoins au complet après les hostilités. Ils récupérèrent même l’essentiel de leurs fabuleuses collections dont une partie avait, il est vrai, pris le chemin de l’Allemagne ou de l’Autriche.

27/09/2007

KITTY HARRIS, UNE ESPIONNE ACCOMPLIE

La suite des démêlés de Louis, baron de Rothschild, avec la Gestapo de Vienne attendra bien demain. Comme je l’ai déjà dit, je regarde très peu la télé, mais par contre, je lis attentivement les programmes. C’est par là qu’est infusé le bourrage de crâne quotidien. Je suis rarement déçue.

 

Hier soir, Arte promettait un « inédit » : La Croix-Rouge sous le IIIe Reich, « synthèse désolante des (non)agissements de l’institution à l’époque », dénoncée par Claude Lanzmann. Même la Croix-Rouge s’y était mise, c’est tout dire ! Au fait, quelqu’un est-il capable de me dire si la Croix-Rouge avait été admise dans les camps bolcheviques ? Je serais très curieuse de le savoir.

 

Mais ce n’était pas tout. La chaîne Histoire, elle, nous proposait un destin exceptionnel : celui de Kitty Harris, une vie d’espionne, assorti du résumé suivant : « Américaine, Kitty Harris, née de parents ouvriers russes, a pu devenir une espionne accomplie au service de l’Union soviétique ».

Une espionne accomplie, c’est sympa comme qualificatif, non ?

 

Allez savoir pourquoi, ça a fait tilt dans mon (mauvais) esprit et j’ai eu tout à coup très envie d’en savoir un peu plus sur cette espionne américaine accomplie née de parents russes.

Je suis sûre que vous mourrez d’envie d’en savoir plus, vous aussi, alors voilà :

ea10d521e1bd71c9cbfc9466a4e13c10.jpg

 

Kitty Harris est née à Londres dans une famille juive qui n’a pas tardé à émigrer à Winnipeg au Canada. Là, elle devient dans un premier temps socialiste et membre très actif des Industrial Workers of the World. Elle rejoint ensuite le parti communiste américain en 1923 et entame une liaison avec son chef, Earl Browder, qui avait des liens étroits avec Moscou. 

Elle travaillera en Chine avec lui à partir de 1928. Remarquée par le Komintern, elle démarrera une brillante carrière d’espionne au profit des bolcheviques, dans divers lieux, notamment à Berlin et en Angleterre où elle animera un réseau d’espions, et sous diverses identités, puisqu'un livre intitulé L'espionne aux dix-sept noms lui sera consacré en 2001 (en anglais).

 

En 1941, elle est envoyée aux Etats-Unis, dans le cadre d’une opération de pénétration contre le Manhattan Project, projet destiné à développer la bombe atomique américaine. En 1943, elle exercera ses talents à Mexico. Elle participera également à l’opération Venona (décryptage des messages codés envoyés par les soviétiques) sous le nom de code d’Ada ou Aïda.

Elle mourra quelques années après la guerre, en Union soviétique, de problèmes mentaux et d’alcoolisme.

Voilà, très brièvement résumés, les exploits d’une espionne accomplie au service des bolcheviques.

26/09/2007

LOUIS DE ROTHSCHILD ET LES NAZIS (2)

“Tout le remue-ménage secret qui s’était déroulé dans le bureau de Louis au cours de 1936 et de 1937 – juste avant qu’il ne fût trop tard – avait tourné autour de cette transformation. Avec l’aide d’un vieil agent exécutif de la banque, fort malin, Louis avait enveloppé de l’Union Jack quelque dix milliards. C’était un traquenard financier dans la meilleure tradition des Rothschild.

Comment Louis de Rothschild avait-il fait ? Son travail souterrain avait commencé par un fait très important : des usines de dimensions si énormes ne pouvaient changer de nationalité sans le consentement du plus haut niveau gouvernemental. Aussi persuada-t-on très discrètement le Premier ministre tchécoslovaque, en 1936, que la continuation du contrôle autrichien de Vitkovitz constituerait un danger pour la Tchécoslovaquie dans le cas où Vienne tomberait sous la domination allemande. En même temps, et dans un secret séparé, on donna à entendre au chancelier d’Autriche que les tendances anti-autrichiennes et anti-allemandes des autorités tchèques pourraient mener à la saisie de Vitkovitz tandis qu’il serait propriété autrichienne. Ainsi, Vienne et Prague, pour des raisons opposées, acquiescèrent toutes deux au changement.

Ensuite vint le transfert même – exercice remarquable dans les arts fiscal et juridique. Il joua expertement du fait que les Rothschild n’étaient pas les seuls actionnaires de Vitkovitz, et n’en détenaient que la majorité. Les propriétaires minoritaires, une autre grande famille austro-juive du nom de von Gutmann, avaient été récemment touchés par la crise. Pour payer leurs dettes, les Gutmann devaient vendre leurs actions ; et pour cela, une révision de la structure sociale de Vitkovitz était devenue nécessaire. Sous couvert de cette réorganisation, la nationalité de l’entreprise de plusieurs milliards fut incidemment convertie.

Tout ce tour de passe-passe aurait été vain, cependant, sans une précaution supplémentaire. Si Louis avait remis les actions Rothschild directement à une société de porte-feuille anglaise, la venue d’une guerre aurait bien pu faire confisquer cet avoir teinté de germanisme, en vertu de la loi anglaise sur le commerce avec l’ennemi. Louis, prévoyant cette éventualité même durant les pacifiques années 1930, avait commencé par s’aiguiller sur les terrains financiers de la Suisse et de la Hollande. Ce fut de ces pays – qui devaient être neutres ou territoires alliés au cours de la seconde guerre mondiale – que fut effectué le transfert final.

Vitkovitz devint une filiale de l’Alliance Insurance. Mais l’Alliance était, et est encore, une importante compagnie londonienne, enregistrée sous la loi britannique et bénéficiant de la protection du gouvernement de Sa Majesté, tout en appartenant pour la plus grande part – et c’était là, naturellement, que résidait l’essence et le piquant de toute l’affaire – à ces Rothschild mêmes qui lui avaient vendu Vitkovitz.

Napoléon et Bismarck s’étaient élevés en vain contre La Famille. Goering, s’il n’était pas le plus grand adversaire du clan, en était certainement le plus pesant. Lui non plus ne réussit pas mieux. Le Reichmarschall dut rompre, non seulement devant l’astuce juive, mais devant un camarade aryen.

Heinrich Himmler commença de s’immiscer dans l’affaire. »

25/09/2007

LOUIS DE ROTHSCHILD ET LES NAZIS (1)

Frederic Morton a publié en 1962 une biographie de la famille Rothschild, en forme d’hagiographie débordant de l’admiration sans bornes éprouvée par l’auteur pour des personnages à ce point capables de faire de l’argent. Et de le dépenser avec faste. Il relate en particulier les démêlés du chef des Rothschild autrichiens, Louis, avec les redoutables nazis, et c’est bien intéressant. Louis dont il nous précise qu’il était l’homme le plus riche d’Autriche. Soyez tout de suite rassurés : bien que détenu un bon moment par la Gestapo, le baron s’en tirera fort bien et finira tranquillement ses jours dorés sur tranche… aux Etats-Unis. Franchement, les nazis n’étaient pas de taille.

« Dans la soirée [nous sommes le 12 mars 1938] se présentèrent au palais Rothschild, comme à des centaines d’autres maisons juives, deux hommes porteurs d’un brassard à croix gammée. Le maître d’hôtel, cependant, ne voulut pas tolérer les mauvaises manières que représentait une arrestation. Il lui fallut d’abord voir si Herr Baron était là. Non, revint-il dire deux minutes plus tard aux visiteurs, le Herr Baron n’y était pas. Les deux bravi, sidérés par cette embûche de l’étiquette, commencèrent par bégayer, puis se retirèrent dans la nuit.

Mais le dimanche, ils revinrent accompagnés de six risque-tout en casque d’acier, tous pistolets au poing pour se défendre contre d’autres tours de la haute société. Cette fois, le baron reçut les séides gradés. Il accepta une invitation à les suivre – après le déjeuner qui était sur le point d’être servi. Il s’ensuivit une consultation confuse entre les casques d’acier. La conclusion fut : eh bien, mangez.

Le baron mangea, pour la dernière fois dans toute sa splendeur baronniale. Tandis que la bande balançait ses pistolets à deux mètres de la table, les maîtres d’hôtel s’inclinaient et les plats emplissaient la pièce du parfum des sauces. Le baron acheva tranquillement son repas ; se servit comme toujours du rince-doigts après les fruits ; s’essuya, comme toujours, les mains dans la serviette damassée qu’on lui tendait à cet effet ; savoura sa cigarette d’après le dîner ; prit son médicament pour le cœur ; approuva les menus du lendemains ; puis fit signe aux pistolets et partit.

 

Très tard dans la nuit, il devint clair qu’il ne reviendrait pas. Aussi, dès l’aube, le brave valet Edouard emballa-t-il les draps spéciaux de son maître, sa trousse de toilette, un choix soigné de vêtements d’intérieur et d’extérieur, quelques livres sur l’histoire de l’art et la botanique. Peu après, il apporta tous ces articles, contenus dans une valise de peau de porc armoriée, au quartier général de la police. On le renvoya dans une tempête de rires.

Mais l’action du valet de chambre accrut encore l’intérêt du commissaire de police nazi pour son prisonnier. Les premiers interrogatoires de Louis furent destinés à satisfaire des curiosités parfaitement compréhensibles : « Ainsi, vous êtes un Rothschild. A quel point, exactement, êtes-vous riche ? » Louis répondit qu’en convoquant toute l’équipe de ses comptables et en leur fournissant des rapports à jour sur les marchés et les bourses du monde entier, on obtiendrait peut-être d’eux une réponse raisonnable après quelques jours de travail.

 

(…) Les gardiens poussèrent le baron dans la cave. Là, Louis porta des sacs de sable avec des chefs du parti communiste qui se trouvaient être ses compagnons de prison. « Nous nous entendions assez bien, devait-il dire par la suite. Nous tombâmes d’accord que c’était-là la cave la plus égalitaire du monde ».

(…) A la fin du mois d’avril, Berlin commença à prêter attention à l’importance du prisonnier. Une nuit, Louis fut séparé des communistes et des sacs de sable et se retrouva au quartier général de la Gestapo de Vienne, dans une cellule voisine de celle du chancelier d’Autriche déposé. Son cas était passé du niveau de la police locale aux cercles les plus élevés et les plus propres aux conspirations du Reich. Il eut alors vingt-quatre gardiens dont il étouffa les familiarités en leur enseignant, en professeur qui s’ennuyait, la géologie et la botanique.

(…) Peu à peu, après bien des précautions nébuleuses, les conditions [de sa libération] se révélèrent. Herr Baron serait libéré si l’on donnait deux cent mille dollars au maréchal Goering pour sa peine et si le Reich allemand recevait tous les avoirs restants de la maison autrichienne et en particulier Vitkovitz, les plus grands charbonnages et forges d’Europe centrale, situés en Tchécoslovaquie. C’était une dure nouvelle. Elle impliquait la plus forte rançon de l’histoire du monde  entier. Mais Eugène et Alphonse, qui menaient la négociation à Zurich et à Paris, avaient un atout dans leur manche. Et un atout de taille : Vitkovitz, quoique appartenant à des Rothschild autrichiens, était magiquement devenu propriété anglaise. Dans l’avant-guerre de 1938, cela signifiait qu’il était à l’abri des griffes de Goering. »

Ce magistral tour de passe-passe vaut la peine d’être conté en détails (demain), ainsi que la suite de l’horrible détention de Louis de Rothschild.

24/09/2007

LES BONS ET LES MECHANTS

792d217c908fb44552f5a31fd2f42c5a.jpgL’exemple de l’Irak a dû être très éclairant pour l’Iran. Voir ce pays voisin quasiment vitrifié par l’hyperpuissance américaine, alliée sans faille d’un petit pays du Proche Orient lui-même doté de l’arme atomique, a certainement été de nature à inciter la république islamique à accélérer son propre programme nucléaire, seul moyen de défense réellement dissuasif à l’heure actuelle. Hélas.

Voilà ce que le bellicisme américain et israélien ne peut tolérer et voilà pourquoi l’Iran se retrouve grand satan du monde occidental. Car bien sûr, l’Europe, toujours aussi indépendante, hurle de concert avec les loups et cautionne par son attitude une dangereuse séparation de l’humanité en deux catégories : les bons et les méchants.

Pourtant, le programme nucléaire iranien avait été initié jadis par le shah d’Iran, avec la bénédiction des Etats-Unis dans un contexte géopolitique bien différent. Et ce programme, jugé inutile au pays, avait été stoppé par les mollahs à leur arrivée. Il a donc depuis été repris et intensifié, pour répondre à une situation nouvelle.

En tout cas, l’Europe, qui s’effraie à grand bruit d’un programme nucléaire pour le moment virtuel, n’a pas l’air de s’émouvoir de l’arsenal atomique impressionnant dont s’est doté l’Etat hébreu, dans la plus grande discrétion. Cet arsenal-là - estimé à plusieurs milliers de fois Hiroshima - ce n’est pourtant pas un projet, il n’est pas virtuel, lui, mais bel et bien existant et plutôt menaçant.

La guerre préventive, dont les Etats-Unis et Israël s’arrogent de plus en plus ouvertement le droit, au nom de règles par eux établies, ira-t-elle jusqu’à frapper délibérément et "préventivement" l’Iran avec l’arme nucléaire, à seule fin de l’empêcher de progresser dans une voie permise aux « bons », mais strictement interdite aux « méchants » ?

Je vous recommande vivement la lecture d’une série d’articles de Bruno Guigne sur la question, comme celui-ci : http://www.oumma.org/Omerta-sur-la-bombe-israelienne

23/09/2007

UN LUNDI AGITE POUR LE PRESIDENT IRANIEN

59bbc02e09758b11f5a6d2c493bc5b29.jpgLe président iranien Mahmoud Ahmadinejad foulera le sol américain demain lundi et cet événement met en transes certaines organisations que nous connaissons bien à présent. Il s’adressera à l’Assemblée générale des Nations Unies et se rendra également à la prestigieuse Université de Columbia qui l’a invité pour un débat.

 

Université qui a refusé tout net de s’aplatir devant les menaces et pressions, au nom de la liberté d’expression. Comme Ahmadinejad est sans cesse assimilé à un Hitler moderne, le doyen de l’Université, John Coatsworth, n’a d’ailleurs pas craint d’affirmer que, la chose eût-elle été possible, Hitler aurait également été invité de la même façon : « Si Hitler était allé devant la Ligue des nations ou à quelque autre réunion à New York, si Hitler s’était rendu aux Etats-Unis et avait souhaité une tribune où s’exprimer…. s’il avait été désireux d’engager le débat et la discussion, accepté d’être contesté par les étudiants et professeurs de l’université, nous l’aurions certainement invité ».

 

Justement, fidèle à sa tradition de libre débat, l’université de Columbia a posé quelques conditions au président iranien : il ne se contentera pas de faire un discours mais devra répondre aux questions et le doyen a précisé qu’il s’agirait de questions sensibles, du genre : négation de l’holocauste, destruction de l’Etat d’Israël, soutien au terrorisme international, ambitions nucléaires, etc.

Les organisations juives, qui clament sur tous les tons leur « dégoût » de l’attitude de l’université de Columbia, ont prévu des manifs monstres autour du campus.

Ces mêmes organisations demandent d’ailleurs carrément qu’Ahmadinejad soit arrêté dès son arrivée sur le sol américain, au motif qu’il serait un criminel de guerre international. Toute une équipe de juristes a planché sur la question et s’apprête à interpeller le ministère de la Justice. Le rêve serait de le déférer sans plus attendre en justice pour incitation au génocide. Un peu délicat à mettre en œuvre, quand même. En attendant des jours meilleurs, les Etats-Unis, appuyés notamment par l’Allemagne, réclament au conseil de sécurité de l’ONU des sanctions encore plus sévères à l’égard d’un pays aussi coupable. La Russie a annoncé vendredi qu’elle s’y opposerait.

Le message des organisations juives a largement évolué sur la question. Craignant – on se demande pourquoi – que les juifs ne soient accusés de pousser les Etats-Unis à la guerre contre l’Iran, l’accent est mis aujourd’hui sur la terrible menace que représenterait ce pays… pour le monde entier. L’urgence est de dissocier Israël de l’Iran, afin de mieux faire passer la pilule. D’ailleurs, lundi, les organisations juives ont prévu d’enrôler dans leurs manifestations à New York des délégations de chrétiens, et même … de musulmans pour bien prouver que l’Iran est devenu LE problème number one de la planète. Tiens, il manque les bouddhistes…Ce que Malcolm Hoenlein, vice-président de la Conference of Presidents of Major Jews Organisations martèle en ces termes : « Ce n’est pas lié à la question d’Israël. Ce n’est pas le problème d’Israël. C’est le problème du monde ».

Ici et là, les commentaires à ce type de nouvelles sont édifiants, dans le registre : « Imaginez qu’Hitler ait été arrêté (et exécuté) dans les années 30. C’est 100 millions de vies innocentes qui auraient été sauvées ».

Moi, je veux bien. Mais poursuivons le raisonnement. Si on avait fait de même avec les promoteurs de la révolution bolchevique, qui le méritaient au moins autant, c’est combien de vies innocentes qui auraient été sauvées ?

22/09/2007

LE NOUVEAU MINISTRE AMERICAIN DE LA JUSTICE

f61faa0c11e58cb3990540c981df6f05.jpgGeorges Bush vient de nommer en début de semaine son nouveau ministre de la Justice : il s’agit de Michael Mukasey, 66 ans, ancien juge fédéral de New York à la retraite.

Le nouvel Attorney General est un juif pieux qui, bien que très proche ami, avait refusé de diriger la prestation de serment de Rudolph Giuliani parce qu’elle avait lieu un samedi, jour du shabbat.

 

Ancien journaliste, il est considéré comme un expert en matière de sécurité nationale. D’ailleurs, le président américain a justifié son choix en estimant : « Le juge Mukasey est lucide sur la menace à laquelle notre nation fait face. Il sait ce qu’il faut pour mener cette guerre de façon efficace et il sait le faire d’une façon conforme avec nos lois et notre Constitution ».

Michael Mukasey est un conservateur proche de Rudolph Giuliani, candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2008. Le poste de ministre de la Justice était vacant en raison de la démission forcée, en août dernier, de Alberto Gonzales, éclaboussé par divers scandales.

Ce choix devra à présent être validé par le Sénat, ce qui ne devrait présenter aucune difficulté.

Il s’agit du second Attorney General juif. Le premier, Ed Levi, avait occupé ce poste sous le président Gérald Ford.

Source: www.guysen.com