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28/09/2007

LOUIS DE ROTHSCHILD ET LES NAZIS (3)

« Au début de 1939, Otto Weber, l’homme de Goering, fut arrêté. Apparemment, le butin Rothschild donnait lieu à un règlement de compte meurtrier entre nazis. Les négociations sur la rançon semblèrent alors recevoir leur impulsion d’Himmler plutôt que de Goering. La Famille, indifférente au changement de juridiction, s’en tint à ses conditions : tous les avoirs ordinaires des Rothschild en Autriche seraient livrés en échange de la sauvegarde de Louis, mais le contrôle de Vitkovitz ne serait remis qu’après la libération du baron et moyennant paiement de trois millions de livres.

Berlin tempêta. Berlin menaça. En fait, après le viol de la Tchécoslovaquie, les troupes allemandes occupèrent Vitkovitz. Mais les légistes allemands savaient que le drapeau anglais et la loi internationale s’opposaient à une prise de possession légale. Aussi essaya-t-on d’un nouveau ton. Tandis que les journaux nazis se déchaînaient contre Rothschild, ce fléau de l’humanité, un curieux événement se déroula dans la cellule de Louis. La porte s’ouvrit. Heinrich Himmler parut et souhaita le bonjour au Herr Baron : il lui offrit une cigarette et lui demanda s’il avait quelque désir ou quelque plainte à formuler ; il proposa enfin de régler, entre hommes célèbres, les petits différends qui pouvaient exister entre eux.

Mais le Herr Baron, fumeur invétéré, n’avait guère envie d’une cigarette à ce moment. Sa concision de parole se fit particulièrement aiguë. Il observa avec froideur la redoutable figure. « L’homme avait un orgelet à l’œil et s’efforçait de le cacher », dit-il par la suite. Quand Himmler fut reparti sur un salut, la position de Rothschild au sujet de Vitkovitz n’avait pas changé d’un iota.

Sur quoi, de nouvelles cajoleries arrivèrent dans la petite cellule de Louis : une heure après le départ du chef, un détachement de « grenadiers » entra en chancelant sous le poids d’une énorme pendule Louis XIV ; revint avec un vaste vase Louis XV qui n’allait pas avec ; recouvrit le lit de camp d’un épais rideau de velours orange, sur lequel il répandit des coussins multicolores. Finalement, arriva un poste de radio dont on avait juponné la base d’un volant de soie.

C’était une tentative de Himmler pour donner à un Rothschild une impression de chez-soi. Elle eut des résultats. Depuis bien des semaines, Louis était resté stoïque en face de choses laides. Il perdit alors son sang-froid. « Cela avait l’air d’un bordel de Cracovie ! » Ce souvenir, souvent répété au cours des années suivantes, comportait un des rares points d’exclamation de Louis. Tout ce fatras (à l’exception du poste de radio que le baron déjuponna de sa propre main) fut retiré sur l’insistance du prisonnier. Il est bien possible que ce fiasco ait entraîné l’abandon des S.S. Quelques jours plus tard, vers 11 heures du soir, le gardien-chef de Louis annonça que les conditions des Rothschild avaient été acceptées et que le baron était libre.

En remerciement, Louis infligea à ses geôliers un dernier désarroi. Il était trop tard, dit-il, pour demander l’hospitalité à aucun de ses amis. Après tout, les domestiques étaient couchés à cette heure. Il préférait ne partir que le lendemin matin. Etant donné que dans tous les dossiers de la Gestapo on n’aurait pu trouver de précédent d’une demande de logement pour la nuit, on dut consulter Berlin par téléphone. La dernière nuit de Louis au quartier général fut aux frais de la maison. Quelques jours après, il atterrit en Suisse. Et deux mois plus tard, en juillet 1939, le Reich s’engagea à acheter Vitkovitz pour 2 900 000 livres sterling.

La guerre ayant éclaté presque tout de suite, le contrat ne fut jamais rempli. Mais, en droit, la propriété anglaise de Vitkovitz est encore valable à ce jour. Après leur prise du pouvoir, les communistes tchèques nationalisèrent Vitkovitz. En 1953, cependant, Londres conclut un accord commercial avec Prague. Une des clauses établissait que les revendications de ressortissants britanniques au sujet de propriétés saisies (au premier rang desquelles figurait Vitkovitz) devaient être satisfaites. Prague y souscrivit. Sur quoi, le Parlement passa une loi permettant à une société mandataire (telle l’Alliance Insurance) de recueillir des indemnités pour le compte de propriétaires étrangers (tels les Rothschild ex-autrichiens, à présent citoyens américains).

Aujourd’hui, La Famille, qui est toujours le plus grand nom du capitalisme, perçoit d’un gouvernement communiste une restitution qui se montera en fin de compte à un million de livres. »

Voilà en tout cas une histoire qui finit bien et des manières, somme toute, bien civiles. Les nazis n'ont guère fait honneur à leur réputation, si l'on en croit cet ouvrage écrit en 1962, il faut s'en souvenir. Quelques autres Rothschild se retrouvèrent également prisonniers des Allemands au cours de la guerre, mais, étonnamment, le clan se retrouva néanmoins au complet après les hostilités. Ils récupérèrent même l’essentiel de leurs fabuleuses collections dont une partie avait, il est vrai, pris le chemin de l’Allemagne ou de l’Autriche.

Commentaires

J'étais inquiet après le 2ème épisode, mais me voilà rassuré : Tout est bien qui finit bien ! Ouf...

Écrit par : Eric Lerouge | 28/09/2007

Pôvre homme

la souffrance qu'il a dû endurer.

Rigolez pas vous autres. Vous n'imaginez pas ce que cela doit être de se retrouver au milieu des pue-la-sueur, incultes, ignares de par votre détermination à soumettre la vile glèbe à vos profits.

Ha! toutefois une saga qui finit bien. Merci Saigneur.

J'aimerais toutefois parler de Trocaze, le si peu connu qui en 1898 a commis la sotte idée de définir la façon dont fut détruit l'empire austro-hongrois. M. Léon de Poncins aussi a commis la sotte idée de transcrire sur le marbre et d'offrir à la vile populace ce pamphlet.

"Israel destructeur d'Empire"

Au fait le connaissiez-vous ?

Écrit par : Looserman | 28/09/2007

etrange cette histoire...

je ne comprend pas: hitler avait a sa main le plus pur representant de ses "ennemis" juifs fantasmes et il ne l'a pas gaze...

il se serait contente de gazer les petits barbiers et cordonniers des ghettos...

ridicule! les rotschield representaient l'incarnation absolue de ce que detestaient les nazis: s'ils en avaient eu autant a leur main ils les auraient tues et expropries, sans demande de rançon ni rien.

si par contre il y a un fond de verite (je suis persuade que oui, mais que les details qu'on nous donne sont ridicules et fait pour nous induire en erreur: Hitler qui est informe avec un mois de retard qu'il tient un Rotshield... Ou alors il s'agit d'une mise en scene je ne sais pas), alors cela accredite toutes les histoires comme quoi les nazis ont plus ou moins volontairement collabore avec les banquiers juifs internationaux, notamment a travers le conglomerat IG Farben finance par Wall Street et la FED, et les reparations de 14-18 payees par la City et Wall Street (enfin c'etaient des prets...).

c'est tout bonnement incroyable de voir la debauche de moyens et de rage pour assassiner 6 millions de juifs pauvres pour la plupart, alors qu'il relache sans broncher les symboles de la puissance juive... completement incoherent avec tout ce que j'ai appris a l'ecole et dans les medias, il doit y avoir un probleme quelque part avec cette histoire.

Écrit par : bugsy | 28/09/2007

Je me suis fait la même réflexion que vous bugsy.

Écrit par : Hervé | 29/09/2007

Tu as raison bugsy, tout çà ne tourne pas rond et la seule explication serait à mon point de vue qu'on ne nous a pas dit toute la vérité.

Écrit par : Olivier V | 29/09/2007

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