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26/09/2007

LOUIS DE ROTHSCHILD ET LES NAZIS (2)

“Tout le remue-ménage secret qui s’était déroulé dans le bureau de Louis au cours de 1936 et de 1937 – juste avant qu’il ne fût trop tard – avait tourné autour de cette transformation. Avec l’aide d’un vieil agent exécutif de la banque, fort malin, Louis avait enveloppé de l’Union Jack quelque dix milliards. C’était un traquenard financier dans la meilleure tradition des Rothschild.

Comment Louis de Rothschild avait-il fait ? Son travail souterrain avait commencé par un fait très important : des usines de dimensions si énormes ne pouvaient changer de nationalité sans le consentement du plus haut niveau gouvernemental. Aussi persuada-t-on très discrètement le Premier ministre tchécoslovaque, en 1936, que la continuation du contrôle autrichien de Vitkovitz constituerait un danger pour la Tchécoslovaquie dans le cas où Vienne tomberait sous la domination allemande. En même temps, et dans un secret séparé, on donna à entendre au chancelier d’Autriche que les tendances anti-autrichiennes et anti-allemandes des autorités tchèques pourraient mener à la saisie de Vitkovitz tandis qu’il serait propriété autrichienne. Ainsi, Vienne et Prague, pour des raisons opposées, acquiescèrent toutes deux au changement.

Ensuite vint le transfert même – exercice remarquable dans les arts fiscal et juridique. Il joua expertement du fait que les Rothschild n’étaient pas les seuls actionnaires de Vitkovitz, et n’en détenaient que la majorité. Les propriétaires minoritaires, une autre grande famille austro-juive du nom de von Gutmann, avaient été récemment touchés par la crise. Pour payer leurs dettes, les Gutmann devaient vendre leurs actions ; et pour cela, une révision de la structure sociale de Vitkovitz était devenue nécessaire. Sous couvert de cette réorganisation, la nationalité de l’entreprise de plusieurs milliards fut incidemment convertie.

Tout ce tour de passe-passe aurait été vain, cependant, sans une précaution supplémentaire. Si Louis avait remis les actions Rothschild directement à une société de porte-feuille anglaise, la venue d’une guerre aurait bien pu faire confisquer cet avoir teinté de germanisme, en vertu de la loi anglaise sur le commerce avec l’ennemi. Louis, prévoyant cette éventualité même durant les pacifiques années 1930, avait commencé par s’aiguiller sur les terrains financiers de la Suisse et de la Hollande. Ce fut de ces pays – qui devaient être neutres ou territoires alliés au cours de la seconde guerre mondiale – que fut effectué le transfert final.

Vitkovitz devint une filiale de l’Alliance Insurance. Mais l’Alliance était, et est encore, une importante compagnie londonienne, enregistrée sous la loi britannique et bénéficiant de la protection du gouvernement de Sa Majesté, tout en appartenant pour la plus grande part – et c’était là, naturellement, que résidait l’essence et le piquant de toute l’affaire – à ces Rothschild mêmes qui lui avaient vendu Vitkovitz.

Napoléon et Bismarck s’étaient élevés en vain contre La Famille. Goering, s’il n’était pas le plus grand adversaire du clan, en était certainement le plus pesant. Lui non plus ne réussit pas mieux. Le Reichmarschall dut rompre, non seulement devant l’astuce juive, mais devant un camarade aryen.

Heinrich Himmler commença de s’immiscer dans l’affaire. »

Commentaires

Quelle remarquable intuition que celle de ce Rothchild ! Pouvoir à ce point prévoir les changements politiques relève encore plus de la divination que du génie. Pas étonnant qu'ils croient à l'arrivée du Messie, même si des fois ils se trompent de candidat. De mauvais esprits antisémites vont immanquablement y voir des aptitudes au complot, mais comme j'ai gardé mon âme d'enfant je préfère croire à la magie. Ça me perdra.

Écrit par : Hervé | 26/09/2007

Pas si prévoyant que ça, le Luigi ! Si son beau montage offshore pour la détention de Vitkovitz a réussi à berner (un temps) les nazis, il n'a eu aucun effet sur l'oncle Jo, Vitkovitz étant du mauvais côté du Rideau de Fer ! C'était bien la peine de se décarcasser...

Écrit par : Eric Lerouge | 27/09/2007

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