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04/09/2007

OUI, J’AI UNE AME !

C’est vrai, je l’ai dit moi-même, on évite les questions religieuses car elles sont du domaine intime de chacun. Ceci dit, pour clore la parenthèse du «grand barbu», mon correspondant m’adresse un texte sur l’origine du bobard de « l’âme de la femme » qui est de nature à intéresser plus largement. C’est pourquoi vous le trouverez ci-après.

94419e1155a22db17fc7d918c24a752f.jpg « De tous les bobards inventés par les impies contre l'Eglise catholique, le plus stupide, le plus grossier est sans aucun doute celui qui lui attribue la négation de l'existence d’une âme chez la femme.

Mais comment expliquer la permanence d'une ânerie pareille, car la réfutation est aisée, à qui réfléchit tant soit peu : "Voyez donc la dignité et la place exceptionnelles de la Sainte Vierge, le statut de la femme chrétienne dans le monde !… Puis vous imaginez l'Eglise administrer les sacrements de Notre Seigneur à un être privé d'âme !"

On doit donc nécessairement trouver ici quelque illustration de la recommandation de Voltaire à Thériot : "Il faut mentir comme un diable ! Non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours..." Qu'importe la grossièreté du mensonge, il faut le propager !

Force est de constater que le bobard se porte bien, véhiculé par des intellectuels de gauche, des énarques, des ministres, premiers et seconds, des journalistes, des hommes politiques de tous bords... Bref, une élite continue de se ridiculiser, en particulier au yeux des étrangers, ahuris devant tant d'inculture.

Ce bobard, fils de la Révolution et de groupuscules féministes, n'est vraiment pas à l'honneur de ses propagateurs. C'est à se demander si ces braves gens, même munis d'une âme par la grâce de Dieu, ont bien une cervelle.

Alain Decaux résume l'origine de cette désinformation dans le tome I d'Histoire des Françaises (Librairie Académique Perrin, Paris, 1972, pp.133-134) : « Lors de chaque combat livré par des femmes, on affirme qu'en 585, un concile s'est tenu à Mâcon pour trancher d'une épineuse question : la femme a-t-elle une âme ? On écrit là-dessus comme s'il s'agissait d'un fait historique démontré. D'autres interviennent alors - non moins opportunément - pour s'écrier qu'il s'agit d'une légende, tout juste bonne, comme toutes les légendes, à jeter aux orties. Il faut dire la vérité. Si l'on consulte la liste complète des conciles, on s'aperçoit qu'il n'y a jamais  eu de concile de Mâcon. En revanche, on trouve en 586 - et non en 585 - un synode provincial à Mâcon. Les "Actes" en ont subsisté. Leur consultation attentive démontre qu'à aucun moment, il ne fut débattu de l'insolite problème de l'âme de la femme. Le synode s'est borné à étudier - avec un grand sérieux - les devoirs respectifs des fidèles et du clergé.

Alors ? D'où vient cette légende si solidement implantée ? N'aurait-elle aucune base ? Si. Le coupable est Grégoire de Tours. Il rapporte qu'à ce synode de Mâcon, un évêque déclara que la femme ne pouvait continuer à être appelée "homme". Il proposa que l'on forgeât un terme qui désignerait la femme, la femme seule. Voilà le problème ramené à son exacte valeur : ce n'était point un problème de théologie, mais une question de grammaire. Cela gênait cet évêque que l'on dît les hommes pour désigner aussi bien les femmes que les hommes. L'évêque trouva à qui parler. On lui opposa la Genèse : "Dieu créa l'homme mâle et femelle, appelant du même nom, homo, la femme et l'homme." On lui rappela qu'en latin, « homo » signifie : créature humaine.

Personne ne parla plus du synode de Mâcon jusqu'à la Révolution française. En pleine Terreur, pour défendre les femmes dont on voulait fermer les clubs, le conventionnel Charlier, en une belle envolée oratoire, demanda si l'on  était encore au temps où on décrétait, "comme dans un ancien concile, que les femmes ne faisaient pas partie du genre humain". Le 22 mars 1848, une citoyenne Bourgeois devait franchir une nouvelle étape dans l'altération des textes. A la tête d'une délégation du Comité des "Droits de la femme", elle remettait aux membres du gouvernement provisoire une pétition tendant à obtenir le droit de vote pour les femmes et commençant par ces mots : "Messieurs, autrefois, un concile s'assembla pour décider cette grande question : savoir si la femme a une âme..." Bouclée, la boucle. Les quelques lignes de Grégoire de Tours, définitivement déformées, étaient entrées dans le patrimoine définitif de la crédulité publique."

Le lecteur intéressé pourra consulter Grégoire de Tours Historia Francorum, livre VIII, XX, dans la Patrologie latine (tome 71) ou encore le Dictionnaire apologétique de la foi catholique de d'Alès ou le Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie au mot Femmes (âme des).

Il nous reste à écrire à tous les propagateurs du bobard pour leur faire gentiment honte de leur inculture. Même s'ils ne rectifient pas la calomnie, ils hésiteront peut-être à l'employer une nouvelle fois. "Errare humanum est..."   

Commentaires

un moment de vraie culture ;)

Écrit par : Paul-emic | 05/09/2007

Et je crois même que dans les années 90, un homme politique (Laurent Fabius ?) évoqua ces temps reculés où l'Eglise se demandait si la femme avait une âme... Quel manque de culture !

Écrit par : Slim | 08/09/2007

je crois qu' il s' agit de ROCARD il ne pouvait s' agir que d' 1 socialiste..........

Écrit par : J.A. Huré | 09/09/2007

Inculture? Mais l'inculture c'est de ne pas voir la force des mots et la differenciation de genre qui permet la hierarchisation de ces mêmes genre... et si la question n'est pas celle de l'exitence de l'âme dess femmes, la question de leur domination:soumission édictée et construite par l'église de l'époque est autrement plus grave, mais ne semble pas vous offusquer. Si en retoquant une contre vérité on remet tout un système en cause, alors on peut considérer la bible comme une tissu d'anerie!!! procédé bien bas s'il en est.... bref cet article est caricatural et sans intérêt...

Écrit par : JR Bourge | 09/09/2007

comme dirait JR Bourge, ce qui se conçoit bien s'énonce clairement.
Merci JR pour cet épisode de brouillard. Mais encore ?

Écrit par : Paul-Emic | 09/09/2007

JR Bourge ferait mieux de retourner tchater avec ses potes coco et anti-cléricaux.
ce n'est pas l'article qui est sans intérêt mais son commentaire !
on voit les dégâts de ces attardés du réseau Voltaire !

Écrit par : JM | 10/09/2007

Merci à Anne Kling pour le rappel de cet empoisonnement-manipulation de l'histoire sur la prétendue négation de l'âme de la femme par l'Eglise quand la même Eglise fait de la femme la mère de Dieu...

JR Bourge, c'est le droit chrétien qui a amélioré le statut de la femme dès la fin de l'Antiquité et fait reculé le droit romain qui considérait la femme comme une chose, et c'est la modernité qui a fait regressé son indépendance, le phénomène culminant avec le code civil napoléonien (voir les travaix de l'historienne médiéviste Régine Pernoud sur ce sujet passionnant).

Écrit par : Ingomer | 10/09/2007

L'emploi ridiculement abusif et politiquement correct d'un mot, d'un seul, permet de voir à peu près qui est "JR Bourge" et ce qu'il cherche à faire passer : le mot "genre" aux lieu et place du mot "sexe... C'est curieux, cette pudibonderie à rebours des libertaires féministoïdes, qui les amène à substituer un mot à usage exclusivement grammatical à un terme parfaitement idoine, mais qui les effarouche sans doute dans la mesure où il leur rappelle que l'espèce humaine est... sexuée, justement (ce que nie une pauvre folle comme la mère Badinter) ! Quant à l'ânerie selon laquelle l'Eglise aurait construit la soumission des femmes, elle est exactement du même tonneau - ne lui en déplaise - que celle qui fait semblant de croire que l'Eglise leur a longtemps nié la possession d'une âme. Comme disait Voltaire : "Mentez, mentez toujours !", l'essentiel étant de couler "l'infâme" (l'Eglise) par tous les moyens.

Écrit par : Martial | 11/09/2007

Beaucoup d'intellecturels ne croient sans doute que l'Eglise ait jamais douté que la femme ait une âme; pourtant on compte sur les doigts d'une mains ceux qui ont osé réagirà ce mensonge. Il existe d'ailleurs beaucoup d'autres erreurs toute aussi grossière. Mais personne ne s'en offusque ! merci à Anne Kling .

Écrit par : F. Joubert des Ouches | 13/09/2007

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