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30/08/2007

J'EN DEMANDE PARDON AU GRAND BARBU

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Il y a quelques jours, je parlais de vérités obligatoires et parmi celles en cours il n'y a pas si longtemps, je donnais comme exemples que la terre était plate et qu'un grand barbu avait créé le monde en six jours. Je fais amende honorable car le "grand barbu" a fait tilt. Dieu sait pourtant que dans mon esprit, ce propos était plutôt affectueux. Je n'ai pas pour habitude de faire repentance face aux ennemis, mais je peux reconnaître mes torts face aux amis. Je retire donc ce grand barbu qui a suscité le juste commentaire suivant:

"Vos sources ne doivent pas être très fiables sur la question des vérités obligatoires et justement puisées dans l'arsenal de la propagande anti-catholique de toutes les époques. D'où les campagnes incessantes et hystériques de demande de "repentance" par des gens contemporains qui ont des milliers de crimes sur la conscience et qui devraient, eux, se repentir. La Licra en est, comme vous le dénoncez si bien. La terre plate est un bobard inventé du temps de Galilée: toute l'antiquité a toujours su que la terre était sphérique, les moines du Moyen Age plus que quiconque puisqu'ils étaient les seuls à prévoir les éclipses, avec le système de Ptolémée. Le barbu, je vous laisse le soin de vous débrouiller avec lui, le moment venu.

Vous seriez beaucoup mieux inspirée et choisissant des vérités "obligatoires" plus proches de notre époque, comme illustration. Par exemple, en matière scientifique, il est obligatoire pour la population mondiale de croire à l'évolution, au Big Bang, à la relativité, au réchauffement climatique (il y a 30 ans c'était l'arrivée d'un âge glaciaire!) alors que ce sont au mieux des hypothèses, au pire des élucubrations humaines destinées à manipuler l'opinion. En France, c'est une horreur de fausses "vérités" historiques, les historiens des pays anglo-saxons n'en reviennent pas de la malhonnêteté de certains de leurs collègues français. Je suis d'accord avec vous sur le silence catholique, mais tenez compte aussi de la censure sans faille des médias quand les propos ne leur conviennent pas. Mais il y a des catholiques insoumis, si, si, ça existe. L'avantage avec eux, c'est qu'ils essayent de se conformer à LA vérité (si, si, elle existe). Aux imperfections humaines près. Comme vous êtes honnête, aucun problème pour vous entendre avec eux. Si ça vous intéresse, je vous enverrai deux pages sur "l'âme de la femme".

29/08/2007

ENCORE UN PEU DE VASELINE ET CA FINIRA PAR PASSER

894c24a499ab88396225b6be489343e1.jpg« Si la Turquie était européenne, ça se saurait »

 « Que la Turquie fasse des problèmes pour reconnaître l'un des membres de la Communauté européenne, Chypre, c'est quand même une drôle de façon de demander à s'intégrer »

« En démocratie, je n'ai pas à échanger ma loyauté au président de la République et mes convictions. Le président de la République a des convictions, il les exprime avec force, elles sont éminemment respectables, j'ai aussi des convictions. Personne ne veut rejeter la Turquie, c'est un grand peuple, une grande civilisation. Je suis très clairement pour le partenariat privilégié, pas pour l'adhésion parce que déjà, l'Europe à 25, on a du mal à la faire fonctionner"

« Quand bien même c'est un pays laïc, il est en Asie mineure. Je n'expliquerai pas aux écoliers français que les frontières de l'Europe sont avec l'Irak et la Syrie. Quand on aura fait du Kurdistan un problème européen, on n'aura pas fait avancer les choses".

Bon, vous aurez compris sans que je vous fasse un dessin de qui étaient ces mâles propos destinés aux gogos ravis de les gober, et qui en redemandaient. Et c’étaient bien les Turcs qui avaient raison, qui déclaraient au lendemain de l’élection de Sarkozy "Dans le processus européen comme dans les relations franco-turques, nous souhaitons à partir de maintenant ne plus entendre les déclarations faites par Sarkozy durant la campagne électorale dans nos relations bilatérales". Ben, tiens !

Donc, résumons : La France avait le pouvoir de bloquer le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Et c’est bien ce que les électeurs de Sarkozy attendaient. Evidemment, cela aurait constitué un geste politique très fort, un véritable pavé dans la mare du sytème. Ca n’aurait pas été de la com’, cette fois.  On aurait assisté à une redistribution des cartes et c’est ce qu’espéraient, au-delà des Français, les peuples européens.

Bien évidemment, système oblige, la France n’a rien bloqué du tout et le processus s’est poursuivi comme si de rien n’était. Nul doute que des impératifs stratégiques liés au triangle USA/Israël/Turquie n’aient largement pris le pas sur les intérêts de l’Europe.

Aujourd’hui, devant les ambassadeurs, acte 2 de la pièce de théâtre : on fait les gros yeux – ça impressionnera dans les chaumières où l’on croira, peut-être, que la France mène le bal – et on exige en contrepartie de la poursuite du processus…. de créer un goupe de sages !!! pour réfléchir à l’avenir de l’Europe !!! Jolie façon de noyer le poisson. Je note au passage que cela signifie en clair que personne n’aurait encore songé à réfléchir à l’avenir de l’Europe ? Et ce sont ces gens qui sont chargés de notre avenir et de celui de nos enfants !

"La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts dans les mois et les années qui viennent, à condition que ces chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles de l'avenir de leurs relations : soit l'adhésion, soit une association aussi étroite que possible sans aller jusqu'à l'adhésion", voilà le nouveau palier intermédiaire. En attendant le plongeon final. On est loin du début de l’article, non ?

A l’UMP, on est quand même un peu embarrassés, mais au PS, on pavoise et on se félicite de ce que le locataire de l’Elysée ait évolué sur la question et abandonné sa « posture électoraliste ». Tout est dit dans ces deux mots, n’est-ce pas ? Et surtout, le profond mépris dans lequel sont tenus les peuples, aux yeux de ces messieurs-dames trop manipulables et trop cons pour comprendre où est leur véritable bien et qu’il faut donc mener malgré eux, comme des veaux.

Le Monde a eu le toupet de déclarer que Sarkozy cherchait « à sortir de son isolement en Europe au sujet des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne » Quel isolement ? De qui se moque-t-on ? Ignore-t-on à Bruxelles que la grande majorité des PEUPLES européens est parfaitement opposée à cette adhésion ? Mais que les pseudo élites européennes font comme si de rien n’était ? Ce ne sont pas les Européens, qui dans cette histoire n’ont rien à dire, mais  le système à la botte des Américains et des lobbies qui pousse de toutes ses forces à une intégration nuisible à l’Europe. Justement parce qu’elle sera nuisible à l’Europe.

Les naïfs – et ils sont nombreux – qui ont voté Sarkozy parce qu’il était « contre » l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, finiront peut-être par ouvrir les yeux un jour. Et se rendre compte qu’il ont en réalité élu un rouage du sytème encore plus zélé et plus empressé que tous ses prédécesseurs. Qu’on finira peut-être même par regretter, si ça se trouve. Un comble !

Je note que M. José Manuel Barroso,  président portugais de la Commission européenne, a « personnellement » averti Sarkozy des « conséquences très négatives » qu’il y aurait à s’opposer à un processus d’adhésion approuvé par les 27. Pourquoi donc est-il si empressé à accueillir la Turquie ? Pense-t-il donc que tous les chantiers utiles à l’Europe sont achevés ? L’état de son pays, le Portugal, devrait pourtant l’amener à considérer qu’avant de lancer des invitations à l’extérieur, il y a encore beaucoup de boulot à faire à la maison.

28/08/2007

FAITES CE QUE JE DIS, MAIS SURTOUT PAS CE QUE JE FAIS!

Vous allez admirer une magistrale illustration de ce principe dans l'article suivant, paru sur le site http://ladroitestrasbourgeoise.blogspirit.com/  .

"050262642ec04d837cca40c9057e7e9d.jpgLes Dernières Nouvelles d'Alsace de ce jour (dimanche 26 août) nous apprennent que le rabbin Yonathan Lévy, qui partageait ses fonctions entre les communautés juives libérales de Montpellier et de Strasbourg a été brutalement remercié par la fédération du judaïsme libéral. Pourquoi ce licenciement soudain ? C'est que, nous explique le quotidien, le rabbin Lévy a eu l'impudence d'épouser en juillet une pasteure de l'Église réformée de France !
Singulière décision, avouons-le, que ce lourdage expéditif. Aux yeux de certains, la huguenote ne pourrait pas faire bon ménage avec le docteur de la loi juive. Une pareille exclusion surprend à l'heure où nous sommes tympanisés par l'injonction mille fois réitérée de déposer le sac de nos origines pour nous mélanger et faire à l'Autre le présent de nos identités. A l'heure où l'évangile métisseur répété en boucle par tous les tuyaux de la communication citoyenne nous commande de n'exister que dans la sarabande des croisements et des hybridations.

Le paradoxe, c'est que les diverses confessions judéo-chrétiennes ne sont jamais en reste pour entonner le péan mélangiste. Leur pathos s'articule sans fin sur la nécessité de l'ouverture, de la rencontre et du partage. Un seul credo d'ailleurs, du camp laïque au camp religieux: le culte de l'Autre, la bénédiction de l'Alter. Un seul mot d'ordre: s'extraire de nos identités "frileuses" pour réaliser dans l'indistinction du genre humain la promesse d'une humanité pacifiée et heureuse. C'est établi de source sûre: l'identité c'est la crispation sur une construction imaginaire, c'est la fermeture, le rétrécissement, le rabougrissement et pour finir, la barbarie et le crime. D'où l'ironie qui nous titille quand nous rencontrons une information de cet acabit. Le rabbin Lévy se serait corrompu dans l'impureté en frayant avec une chrétienne. Soit.
Renégat, il ne serait plus digne d'enseigner à ses ouailles les beautés de la parole divine. Et le voilà débarqué pour cause de trahison à l'exclusivisme religieux.

Serait-il possible que les religions à prétention universaliste, à commencer par le judaïsme prétendument "libéral", soient les premières à s'exonérer de l'obligation morale qu'elles font aux autres de se perdre dans la soupe mondialisatrice qui plaît tant à l'occident contemporain? Un occident post historique qui voit dans le métissage des cultures et des religions la fin tant attendue de la négativité, du conflit et de toute dialectique, et, finalement, de toute vie humainement vivable, ainsi que l'ont parfaitement analysé Philippe Muray et Jean Baudrillard, des intelligences qui nous font aujourd'hui cruellement défaut.
Ce n'est pas sans une certaine ironie, c'est vrai, que l'on voit, ce jour, les tenants d'une croyance qui se pose en institutrice de l'universel, faire défaut au message qu'ils tiendraient du Très-Haut pour pratiquer une purge sectaire qui contredit avec tant d'insolence les commandements dont ils nous abreuvent. A ce point, le sourire voltairien éprouve le plus grand mal à réprimer le mouvement des zygomatiques...

Et pourtant, le paradoxe ironique une fois cultivé, il n'en reste pas moins cette vérité historique incontournable. Depuis 2000 ans qu'ils vivent en diaspora, minoritaires au milieu des nations, c'est grâce à leur fidélité et à leur inflexibilité que les juifs, orthodoxes ou libéraux, ont su porter jusqu'aux temps présents le témoignage d'une identité maintenue envers et contre tout. Si ils avaient dû conjuguer l'universel comme il nous est fait obligation aujourd'hui de le cultiver, il n'existerait tout simplement plus de juifs pour témoigner d'une des potentialités de l'humanité. Ils ont vécu dans l'affirmation d'eux-mêmes contre vents et marées et ceci au prix d'une fermeture volontaire, entourés de mépris et souvent en butte à la haine des gentils. Et ce réflexe de survie ne s'est pas dissous dans le nihilisme contemporain et dans son apologie toujours ressassée de la flexibilité et du déracinement salvateur. L'éviction du rabbin Lévy, aussi déplaisante puisse-t-elle paraître, rappelle à tous, et particulièrement à des catholiques "de progrès" empressés de prouver leur bonne foi dans le culte d'un oecuménisme caoutchouteux négateur de toute affirmation spécifique, que la fidélité a des exigences qu'il faut savoir maintenir même quand elles déplaisent à l'opinion publique, ou du moins à ce qu'on tient pour telle. L'abolition de toute différence qui est la tentation morbide d'un occident en fin de cycle débouche davantage sur l'anomie que sur la réconciliation. Et c'est pourquoi cette éviction est aussi une leçon.
Ce qui vaut pour les juifs et souvent aussi pour les musulmans ne pourrait-il valoir pour les autres ? N'est-ce pas le cardinal Ratzinger qui déclarait il y a peu que plus une religion correspond avec le monde et plus elle devient superflue.
Nous souhaitons en tous cas beaucoup de bonheur au rabbin Lévy et à sa compagne."

Coclés

J'ajoute à cet excellent article mon grain de sel, trouvé sur http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3441927,00.html  , qui relate également l'affaire. Sous le titre No ordinary love, on apprend que la famille de la mariée du côté maternel  était en fait juive, mais avait dû le cacher, vous devinez pourquoi. La pasteure était donc à la recherche de ses racines juives lorsqu'elle a opportunément trouvé à les cultiver de près, en la personne de Jonathan Lévy. Au résultat des recherches, il s'est avéré que selon la halacha, la loi juive, elle était juive elle-même. Ce qui ne l'a pas empêchée de conserver son ministère tandis que, comme on l'a vu, son époux perdait le sien. Ils se sont mariés à Jérusalem il y a six semaines et envisagent de partir un jour pour Israël.

Voilà en tout cas une belle histoire de métissage religieux et néanmoins amoureux, un magnifique exemple d'alliance judéo-chrétienne, qui devrait transporter d'aise tous les thuriféraires patentés de la tolérance et de l'ouverture, non? La mariée a d'ailleurs affirmé: "C'est un mariage à trois: Jonathan, moi et Dieu. Je suis toujours pasteur protestant et je crois toujours en Jésus. Nous prions tous les deux chaque matin". "Je vois notre mariage comme une union symbolique entre l'Ancien Testament et le nouveau", a ajouté le nouvel époux. Un sentiment loin d'être partagé par les officiels juifs, ce qui a fait dire à Jonathan: "J'en suis triste. J'aimerais que mon mouvement soit aussi tolérant qu'il le prêche aux autres. Tout ce qu'ils sont capables de voir, c'est qu'un rabbin a épousé une pasteure. Ils ne sont pas capables de considérer que Jonathan a épousé Catherine".

25/08/2007

ON NE PRETE QU'AUX RICHES, N'EST-CE PAS?

Décidément, il arrive des commentaires intéressants et qui ouvrent des pistes. Ils reflètent bien sûr en premier lieu la pensée de leurs auteurs et on a parfaitement le droit de ne pas être entièrement d'accord. Et même celui de ne pas être d'accord du tout. L'intérêt, c'est de réfléchir à la complexité des choses et à leurs interactions parfois cachées. Ceci dit, gardons-nous de tomber dans l'obsession et de voir une certaine influence partout et en tout lieu. Bon, je sais, on ne prête qu'aux riches, mais quand même ... Tâchons de toujours rester dans l'information et de ne pas verser dans les suppositions ou les hypothèses. C'est d'ailleurs bien plus intéressant.

Je profite de ce petit couplet vertueux pour rappeler à mes honorables correspondants que ceci est un blog politique et non religieux, Dieu merci. Je préfère donc éviter toute remise en cause qui touche à ce domaine. Nous avons assez de sujets par ailleurs. Voici donc ci-après un commentaire signé Stan. Merci à lui.

"Ce lien est très instructif sur les juifs chinois: http://www.alliancefr.com/judaisme/cyberthora/dossier/chi... .

50d1c849794394f84665210da0aacccf.jpgOn y apprend que le premier écrit mentionnant des juifs en Chine date de 718: "Une lettre écrite en judéo persan, d'un juif chinois qui demande l'aide d'un coréligionnaire pour écouler un troupeau de moutons de qualité médiocre." Hahaha! Déjà ce sens du commerce, pour être gentil, dont ils sont si fiers...

En fait, les radanites étaient installé en Chine depuis un bout de temps, et ils étaient sur la route de la soie et des épices (Marco Polo les rencontrera à son arrivée en Chine).

Plus tard sous l'empire musulman, les juifs radanites sauront négocier le monopole du commerce à la fois sur la route de la soie, mais aussi sur les mers (donc fatalement, le trafic d'esclaves... La réputation des juifs dans les Balkans remonte d'ailleurs à cette époque lointaine où ces si belles femmes d'Europe centrale étaient vendues comme esclaves notamment en Andalousie).

a5d48e27a21fb4b643689d30dde8b7c6.jpgFait intéressant à noter: à partir d'environ 1500, les juifs chinois ont été forcés à s'assimiler, ce qui fait qu'aujourd'hui on rencontre deux types ethniques de juifs en Chine... Ceux qui ont des traits chinois, et que nous occidentaux ne pouvons distinguer des Hans (mais les Hans eux peuvent distinguer tous les autres types). Et il y a aussi les occidentaux, ceux qui sont arrivés de Russie il y a environ un siècle.

Il faut savoir que jusque dans les années 90, ces communautés n'étaient pas reconnues comme juives par les autorités rabbiniques ni par Israël. La situation a changé bien évidemment, après qu'il ait tout d'abord été déclaré comme stratégique par la grande assemblée des rabbins de nouer de solides relations avec la Chine, et ce par l'intermédiaire des juifs qui étaient réduits à l'abandon. Le but des rabbins: la survie du peuple juif jusqu'à l'arrivée de Macchiah, ce qui selon le Talmud se fait en se mettant sous la protection des puissants et en les servant (ce qui n'exclut pas les changements d'alliance, bien au contraire d'ailleurs, puisque si celui qu'on sert est perdu, autant se ranger du côté du plus fort, puisque le but n'est pas de trahir ou de ne pas trahir, le but est la survie du peuple jusqu'à l'arrivée du Macchiah, ce qui conditionne le reste).

Du coup, l'explosion des mariages mixtes à Shangai notamment où les juifs chinois sont nombreux, n'est pas un hasard, et n'est pas une trahison de la judéité... Il s'agit toujours de mariages entre juifs. Vous trouverez des informations et des photos sur google (mais pensez à chercher en anglais, il n'y a pas grand chose d'intéressant sur les recherches en français).

La conquête de l'Algérie grâce aux juifs fera bondir ceux-ci évidemment. Pourtant, c'est la stricte vérité: pendant des années le Dey d'Alger a fourni en blé la France révolutionnaire et les armées de Napoléon en Egypte et en Palestine. En charge de ce commerce, les juifs Busnach et Bacri qui avaient le monopole de ce commerce, conformément à la pratique dans l'empire musulman de laisser les juifs s'occuper de commerce et de finance (ce qui se révèlera être une erreur), car la recherche du profit et surtout les intérêts sont considérés comme immoraux dans l'Islam. Mais comme il faut bien que les états recherchent le profit et l'intérêt s'ils ne veulent pas se condamner à être dépassés par le voisin, il a bien fallu trouver une solution. La solution ce fut le monopole juif sur le commerce et la finance.

Donc à un moment donné, la France cesse de payer ce qu'elle doit à Busnach et Bacri, donc ce qui revient au Dey D'Alger... Notons que Busnach et Bacri entre temps, avaient pris soin de se réfugier en France, et de franciser leur nom (ils portaient des prénoms arabes avant, pratique répandue chez les juifs de prendre un nom couleur locale). Donc ils organisent leur insolvabilité, et les pourparlers avec le Dey dégénèrent... On parle du coup de l'éventail, mais ce n'est évidemment qu'un prétexte...

fae8a6f13a7256269e0e8b9a10232531.jpgLa preuve, dès que la conquête d'Alger est achevée, en 1830 (avec l'aide des juifs d'Alger qui accueillent les Français en libérateurs, alors qu'ils constituaient quand même une classe supérieure dans l'Algérie de l'époque... Un peu comme si Adler et Finkielkraut accueillaient une armée d'invasion américaine comme des libérateurs... Il est vrai que l'antisémitisme en France a atteint des niveaux intolérables...), donc dès que Alger est soumise, Jacob Bacri est nommé "Chef de la nation hébraïque" en Algérie... Bien sûr, ce n'était que pure coïncidence et le Bacri n'avait rien à voir dans la prise d'Alger...

D'ailleurs les plus grandes villes d'Algérie sont tombées grâce aux juifs: entre 1833 et 1842, les juifs participent à la prise d'Oran et de Constantine... La confusion du côté des musulmans viendra de ce qu'ils seront trahis par ceux-là mêmes qui prétendaient lutter avec eux (il y avait des juifs du côté musulman, pas tous traîtres, mais le résultat a été le même...). Les réformes à l'époque imposent que dans chaque conseil municipal, au moins un juif doit siéger (pas loin de la situation officieuse qu'on connaît en France en somme).

Il faut bien comprendre que pour les juifs, ce qui compte avant tout, c'est la survie et la prospérité de leur peuple. Le reste est secondaire... Ils se retrouveront donc automatiquement du côté du manche, et malheur aux vaincus...

Ainsi, des juifs (il est plus juste d'utiliser ce pluriel indéfini) ont aidé les arabes à prendre l'Andalousie (ils se sentaient persécutés, il est plus juste de dire se sentir que de dire qu'ils l'ont réellement été, puisque même la lecture des édits d'Isabelle La Catholique, la plus antisémite des reines d'Espagne, montre qu'elle est loin de la caricature de nazi qu'on en a faite dans l'inconscient collectif). Des juifs ont aidé les Français à prendre l'Algérie. Des juifs ont aidé les Algériens à chasser les Français...

Qui trouve son intérêt dans ce genre de chassé croisé?

Il suffit de se renseigner sur ce qu'a été la colonisation pour se rendre compte qu'elle a avant tout enrichi les grosses fortunes, souvent au détriment du petit français moyen qui devait payer des impôts et surtout donner parfois sa vie pour maintenir l'ordre dans les colonies, au profit des riches propriétaires terriens. Il n'est pas du tout sûr, loin de là, que le petit français moyen ait profité de la "grandeur" de la France coloniale, que personnellement j'estime avoir été le détournement de la puissance collective française (armée, administration...) pour servir des fortunes privées...

Un peu ce qui se passe en Irak en somme, où les USA sont en train de se faire saigner financièrement, moralement et humainement pour des intérêts totalement obscurs (enfin pas tant que ça quand on ouvre les yeux).

Nul doute qu'une fois les USA pressés comme un citron, les dollars et leur économie ruinés, un repositionnement stratégique de la part de l'oligarchie financière perpétuera ses intérêts... Nul doute que l'Amérique sera alors balayée par une vague d'antisémitisme spontanée et sans aucun rapport avec ce qui leur arrive!

Les USA risquent donc de connaître un peu ce que les Ottomans ou les arabes ont connu... Dans qq siècles, les descendants des juifs américains parleront peut être d'un âge d'or américain, où tout leur était permis... Mais ils nuanceront ces souvenirs en ravivant l'antisémitisme dont feront preuve les Américains à leur égard, justifiant a posteriori leur lâchage de l'Amérique sans tenir compte de la chronologie dans les inimitiés...

Je me pose quand même une question: les Chinois seront-ils assez naïfs pour commettre les mêmes erreurs que tous les autres peuples? Après tout, ce sont eux aussi des commerçants et des financiers par nature... Ils doivent connaître un peu la mentalité..."

24/08/2007

SURPRISE : L’ANTI-DEFAMATION LEAGUE RECONNAIT LE GENOCIDE ARMENIEN (suite)

J’ai trouvé le commentaire suivant à l’article d’hier si intéressant que je le donne en clair. Vous constaterez qu’il nous fournit, lui aussi, pas mal de pistes d’étude à approfondir pour l’avenir  ….  C’est amusant qu’il termine par la Chine car le JPPPI, dont nous avons déjà parlé, n’a pas manqué effectivement de s’intéresser à cette puissance émergente. Le JPPPI (Institut de planification d’une politique pour le peuple juif) a été créé en 2003 à Jérusalem afin de remplir une mission de prospective. Ses recherches doivent contribuer à la continuité et à la prospérité du peuple juif et de sa culture. Il est présidé par l’ancien ambassadeur américain Dennis Ross et financé par l’Agence juive et les grandes organisations juives internationales.

Voilà la référence en question : « Sur les potentialités économiques, politiques et stratégiques pour le peuple juif qu’offre l’émergence de la Chine, voir le rapport du JPPPI intitulé « China and Jewish People, Old Civilizations in a New World » établi par Dr S. Wald en 2005. Ce rapport contient notamment une série de recommandations destinées aux organisations juives mondiales. »

ff904950833ba6fadbbe1d8814b860a7.jpg« Trop drôle. En fait tout est parti du licenciement par Foxman d'un des directeurs fédéraux de l'ADL (qui représentait je ne sais plus quel état des Etats-Unis). Son directeur local avait affirmé qu'il s'agissait bien d'un génocide... Foxman l'a viré, or ce type était populaire... Donc Foxman plutôt que de faire face à une révolte, doit tenter de faire face comme il peut...

Ces faits sont intéressants: cela montre que si les pontes des organisations juives, tels que Foxman, sont parfaitement brieffés de leur rôle politique et savent faire la part entre manipulation et vérité, il en va pas de même de la base...

De plus pour la plupart des gens, turcs=musulmans=islamistes... Le niveau de culture G chez les juifs américains est un peu plus élevé que la moyenne locale, mais ce n'est tout de même guère brillant. La plupart d'entre eux ne savent rien ni des relations entre Israël et la Turquie, ni de l'histoire des juifs dans l'Empire ottoman et la république Jeune Turque (qui sait par exemple, que Vladimir Jabotinsky contrôlait la presse turque, et spécialement le journal officiel "Le jeune turc"? Qui sait que le nationalisme turc est une invention d'Emmanuel Carasso, un juif italien membre des B’nai Brith et de la loge Resortae Veritas à laquelle appartenait Ataturk? L'invention du nationalisme turc, était une aberration qui avait pour but de liquider le Califat ottoman cosmopolite, afin de lui détacher la Palestine, et d'en faire Israël. A la même époque où les jeunes turcs s'agitaient, où le Calife ottoman ruinait son pays en s'endettant auprès des banques Rothschild, le même Rothschild jouait sur le tableau britannique et arrachait la déclaration Balfour... Tout est lié...).

Donc le juif moyen américain ne voit pas toutes ces réalités, et reste prisonnier du pathos de la souffrance et du génocide, d'autant plus qu'il a grandi dans la sublimation de la souffrance et du génocide juif...  Et donc après 60 ans de reproches de la part des Arméniens, pas étonnant que le juif de base, ignorant des enjeux, se laisse prendre à ce discours.

Remarquez que la position de Foxman est purement politique: il prend l'avis de Morgenthau (qui avait joué un grand rôle dans les accusations de génocide à l'encontre des nazis au procès de Nuremberg), mais il refuse de légiférer... Il récupère la confortable position morale du donneur de leçons, mais il continuera de tout son poids de bloquer une reconnaissance officielle du génocide par le Congrès... Trop fort!

Outre les liens réunissant Israël et la Turquie, je pense que ce qui pourrait inquiéter Israël, c'est à terme la remise en cause de la laïcité en Turquie. Les Turcs sont attachés à la laïcité soit disant, essentiellement par lavage de cerveau... Car contrairement à la France où la foi a fortement reculé depuis un siècle, la Turquie reste un pays attaché à sa culture islamique. Et il ne faudrait pas grand chose pour que les Turcs, revisitant leur histoire, se rendent compte que la révolution jeune turque, la laïcité, l'européanisation forcée, tout ça convergeait vers d'autres objectifs que le simple progrès... D'ailleurs quel progrès pour la Turquie? Ils sont passés en un siècle du statut de puissance impériale à celui de pays du tiers monde...

Or si on force la Turquie à se pencher sur le génocide arménien (qui était plus un nettoyage ethnique contre les populations européennes sur les terres que les Turcs avaient peur de devoir céder lors du démantèlement de leur empire, nettoyage ethnique en grande partie piloté par des généraux d'origine juive, ou balkanique), on risque d'amener la Turquie à revisiter complètement son histoire et faire émerger des vérités cachées...

Un peu comme la colonisation de l'Algérie: je parie que personne ici n'a entendu parler du rôle des négociants en blé juifs Bacri et Busnach, qui ont donné l'Algérie à la France?  Il faut s'y intéresser car c'est éclairant! Encore un revirement d'alliance juive...

Rappelons-nous que la conquête de l'Andalousie par les arabes n'aurait pas été possible si les juifs séfarades ne les avait pas aidés, et notamment renseignés. Eh bien l'inverse a été vrai...

De même, les juifs ont toujours su être du côté des puissants: avec les britanniques, les ottomans, la république française, les soviétiques, aujourd'hui les USA... Demain sans aucun doute la Chine! »

Patrac

23/08/2007

SURPRISE: L'ANTI-DEFAMATION LEAGUE RECONNAIT LE GENOCIDE ARMENIEN

f94bc8a401a7dcf2e86a0f8ba043d1b4.jpgAu début du mois d'août, nous parlions des efforts déployés par la Turquie pour faire capoter au Congrès américain un projet de loi reconnaissant le génocide arménien. Abdullah Gül, ministre des affaires étrangères, avait fait le voyage à Washington pour rencontrer, entre autres, les responsables des organisations juives, elles aussi farouchement opposées à une telle reconnaissance, tout comme l'Etat d'Israël. Sans oublier la délégation de juifs turcs qui avaient également fait le voyage en Amérique pour soutenir le même point de vue.

Il est d'autant plus étonnant de constater que l'Anti-Defamation League, la puissante ligue "antiraciste" américaine, fait aujourd'hui totalement machine arrière et se décide à reconnaître officiellement le génocide arménien. Son président, Abraham Foxman, a déclaré mardi: "Suite à la controverse qui plane depuis quelques semaines sur la question arménienne, et parce que nous voulons que la communauté juive soit unie, l’ADL a décidé de reconsidérer sa position à propos du massacre perpétré par les Turcs à l'encontre de la population arménienne..... Nous ne l’avons jamais nié, mais jusque-là, nous avions toujours qualifié ces événements douloureux perpétrés de 1915 à 1918 par l'Empire ottoman de massacres et d'atrocités. A la réflexion, nous en sommes arrivés à partager les vues de Henry Morgenthau Sr, à savoir que les conséquences de ces actions équivalaient à un génocide. Si le mot avait existé alors, c'est ainsi qu'on l'aurait qualifié".

Que s'est-il donc passé pour amener ce revirement? Il semblerait d'une part que les responsables de ces grosses organisations qui font habituellement la pluie et le beau temps, aient rencontré une sorte de fronde de leur base ainsi que des critiques émanant d'une partie de la communauté juive américaine. D'autre part, et surtout, elles doivent affronter la colère de la communauté arménienne des Etats-Unis qui commence à s'organiser et à se manifester. Et surtout à boycotter. Ainsi, début août, le conseil de la ville de Watertown, dont 20 % de la population est arménienne, a décidé de se retirer d'un programme de l’ADL intitulé ''Pas de place pour la haine''. Tout cela commençait à faire désordre, sans parler de l'impact financier éventuel.

487b63bea2738e085455b2e841f8b0cd.jpgFoxman a déclaré avoir consulté sur la question son mentor, Elie Wiesel, ainsi que d'autres historiens, avant d'ajouter ''J’espère que la Turquie comprendra que ce sont des amis à elle qui la poussent à se confronter au passé et à travailler à la réconciliation des Arméniens et des Turcs". La Turquie, qui n'est pas la France ni l'Allemagne, appréciera sans doute modérément de se faire faire ainsi la leçon...

L'ADL a cependant bien pris de soin de préciser qu'elle continuerait à s'opposer à ce que le Congrès adopte une loi sur la question, estimant que ce serait ''contre-productif''. Pour qui? Pour Israël sans doute, dans ses relations avec la Turquie, et aussi pour la communauté juive turque. Mais l'argument officiel majeur, c'est que le Congrès n’a pas à participer à l’écriture de l’histoire. Ca, c'est une excellente raison. Dommage qu'elle soit à géométrie variable. Car je crois me souvenir qu'en France, dans un passé très récent, l'Assemblée dite nationale a, elle, été sommée justement par ces mêmes organisations, d'écrire l'histoire. C'était à propos de la loi Gayssot, si mes souvenirs sont exacts.

Il paraît que M. Foxman s'apprête à sortir un livre qui ne manquera pas d'intérêt. Il s'appellera "The Most Dangerous Lies: The Israel Lobby and the Myth of Jewish Control." ("Les plus dangereux mensonges: le lobby pro-israélien et le mythe du contrôle juif.") L'idée, c'est de pulvériser les malfaisants qui osent prétendre que les groupes juifs confisquent le débat sur Israël et contrôlent la politique étrangère des Etats-Unis. Une démonstration à ne pas manquer.

Pour terminer et afin de montrer que les américano-arméniens commencent bel et bien à se bouger: George Bush a finalement, devant les protestations, retiré la nomination de Richard Hoagland au poste d'ambassadeur des Etats-Unis en Arménie. Hoagland avait affirmé que les événements ne constituaient pas un génocide au sens juridique du terme, car ils n'auraient pas été "prémédités".

22/08/2007

UNE REALITE COMPLEXE FINIT TOUJOURS PAR S’ECHAPPER DES SCELLES

Cette phrase est d’Edward Saïd dont nous parlions hier et je la trouve profondément vraie. Des scellés sont placés à l’heure actuelle sur un certain nombre de questions géopolitiques fondamentales et il est interdit d’y réfléchir, de s’interroger, de débattre, de douter. Alors même que nous serions, paraît-il, en « démocratie ». Vaste fumisterie. Nous ne sommes pas plus « libres » en ce moment qu’à l’époque pas si lointaine où il était obligatoire de croire que la terre était plate et qu’un grand barbu avait créé le monde en six jours. Exemple : est-il normal que des LIVRES soient à l’heure actuelle interdits dans notre pays ? Je dis bien des LIVRES, pas des bombes atomiques, au motif qu’ils véhiculeraient des idées non conformes à la pensée totalitaire et obligatoire?

114436cafab39377ece69c74b8724beb.jpgJe pensais notamment à la tentative d’interdiction d’un livre d’Israël Shamir, L’autre visage d’Israël, à l’instigation de la LICRA. Cet écrivain et journaliste anti-sioniste est très controversé, c’est exact. Son parcours est, dirons-nous, original. Tant mieux, lui, au moins, il sort des rails. Il est à présent citoyen suédois, converti au christianisme orthodoxe. Dans ce fameux livre, il considère, entre autres, qu’Israël est raciste vis-à-vis de sa minorité arabe et développe un certain nombre d’idées parfaitement à contre-courant.

Au lieu de débattre et de réfuter le cas échéant ses arguments, que fait la LICRA et consorts ? Comme d’habitude, elle traîne son éditeur en justice, en 2005, pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion. Meilleure façon de réduire quelqu’un au silence.

Car Israël Shamir est bien sûr accusé d’antisémitisme, argument classique et magique qui permet d’étouffer dans l’œuf toute critique. C’est que dans son livre, il  parle notamment des Protocoles des Sages de Sion en ces termes : «Non, l’intérêt des Protocoles n’a pas disparu, car le plan qui y est décrit, consistant à instaurer un régime oligarchique (non nécessairement juif), est en train d’être mis en vigueur en temps réel; cela s’appelle le nouvel ordre mondial. ». A l'audience, l'avocat de la maison d'édition d'Israel Shamir, Me Delcroix, soulignera qu' "En ce qui concerne l’aspiration des Juifs à dominer le monde, et la véracité des Protocoles des Sages de Sion, (...) Israël Shamir «s’interroge sur le sens, la valeur et la portée des célèbres Protocoles des Sages de Sion, dans lequel [sic] il voit, tout comme Soljenitsyne, un roman prophétique décrivant un siècle à l’avance ce qu’allait devenir l’Occident, à l’instar du fameux 1984 de George Orwell».

L’éditeur, outre une forte amende et de la prison avec sursis, sera condamné à retirer l’ouvrage de la vente. En appel, l’amende est réduite et le livre n’est plus interdit à la vente. Mais je parie qu’il ne doit pas être trop facile à trouver dans les librairies du système.

a8daf2d726251bf970a5a721ebe67f32.jpgRappelons que les fameux Protocoles des Sages de Sion ont été fabriqués par la police secrète du tsar à la fin du XIXe siècle. Le livre, indique Wikipédia,  « est composé de récits supposés être les comptes-rendus d'une vingtaine de réunions secrètes exposant un plan secret de domination du monde. Ce plan imaginaire utiliserait violences, ruses, guerres, révolutions et s'appuierait sur la modernisation industrielle et le capitalisme pour installer un pouvoir juif. »

Ce livre est aujourd’hui interdit dans tous les Etats européens. Quel enfantillage ! Et quel aveu, surtout !  Bon sang, de quoi a-t-on peur ? Puisque tout le monde sait bien que c’est un faux ridicule! On ferait mieux de se demander pourquoi il a malgré tout toujours autant de succès. En bonne logique, il devrait avoir sombré dans l’oubli depuis longtemps. Oui, vraiment, pourquoi donc déchaîne-t-il toujours à ce point les passions ? Et pourquoi est-il si nécessaire et si urgent de le soustraire à la curiosité des foules ?

21/08/2007

QUI A DIT QUE LA MUSIQUE ADOUCISSAIT LES MOEURS….EN ISRAEL?

De fil en aiguille – vous savez comment les choses se passent sur internet – vous tombez sur des sujets intéressants au hasard d’une recherche. Hier, en tâchant d’en savoir un peu plus sur l’auteur de l’article cité, Schlomoh Brodowicz, je suis tombée sur un texte  sanglant qu’il avait écrit sur Daniel Barenboïm, sobrement intitulé Un voyou nommé Barenboïm ( http://www.debriefing.org/16026.html).   

6744fc246859ca051d5330d61bf2fc21.jpgDe quoi donner envie d’en savoir un peu plus, non ? Daniel Barenboïm est né en Argentine de parents juifs d’origine russe qui ont émigré en Israël en 1952. Il a toujours cette double nationalité. Pianiste et chef d’orchestre de grand talent – il a notamment été le directeur musical de l’Orchestre de Paris de 1975 à 1989 – il a également des idées politiques qui déplaisent fortement en Israël.

Voyez plutôt ce qu’il déclarait en 2004 : « Je suis arrivé d’Argentine en Israël à l’âge de dix ans, en 1952. Mes parents et moi croyions alors aux principes de la déclaration d’indépendance, un texte qui énonçait un idéal et qui nous a transformés de juifs en Israéliens. Ce texte affirmait vouloir créer une société dont tous les citoyens seraient égaux quels que soient leur foi, leur race ou leur sexe. Il assurait la liberté religieuse, de conscience, de langage, d’éducation ou de culture. Les pères fondateurs affirmaient rechercher la paix et les bonnes relations avec les Etats et les peuples voisins.

 Aujourd’hui je me demande comment nous faisons pour ignorer le vertigineux fossé qui existe entre ces principes et la situation actuelle. Le texte ne parle pas de l’occupation et de la domination d’un peuple, il n’affirme pas plus que notre indépendance doit se faire au détriment des autres. » etc, etc.

Mais il ne s’est pas cantonné aux seuls mots. Il a également fondé avec son ami Edward Saïd une Fondation pour promouvoir la paix au Moyen Orient ainsi que le West-Eastern Divan Orchestra. Il s’agit d’une formation d’environ 80 jeunes musiciens essentiellement Israéliens et arabes (Palestiniens, Jordaniens, Egyptiens, Syriens, Libanais). Un concert resté célèbre a été donné par eux à Ramallah en 2005.

7961770d45c610cb4554fb93173b7ed5.jpgEdward Saïd, qui est décédé en 2003, était un intellectuel américain d’origine palestinienne chrétienne. Il a enseigné jusqu’à sa mort la littérature anglaise et la littérature comparée à l’université Columbia de New York. Il est l’auteur d’un bon  nombre d’essais politiques sur le conflit israélo-arabe, ce qui ne l’empêchait pas d’être également un musicologue reconnu. Il a co-écrit un ouvrage avec Barenboïm, Parallèles et Paradoxes (Le Serpent à Plumes, 2002). Je vous recommande vivement la lecture d’un article écrit par lui en octobre 2001, qui s’intitule Barenboïm brise le tabou Wagner (http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/SAID/15667).

Tout ceci vous permettra de mieux comprendre l’ire de M Brodowicz. Qui s’en prend dans le même texte à Yehudi Menuhin. Qu’avait-il fait, lui ?

3d46817cd6c599bba0b860b193b36095.jpgLe très célèbre violoniste et chef d’orchestre était né aux Etats-Unis d’un père rabbin d’origine russe. Il s’attirera une première fois les foudres des bien-pensants en retournant en Allemagne en 1947 jouer sous la direction du célèbre chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler, soupçonné de compromissions avec les nazis. "Il était victime de l'indignation du monde, explique Menuhin, parce qu'il n'avait pas quitté l'Allemagne nazie - comme si la fuite était une preuve de courage. A cette époque, dans ces années d'après-guerre, les plaies étaient à vif et l'on ne pouvait regarder les choses avec les yeux de l'objectivité. Furtwängler et moi-même surestimions probablement le pouvoir de réconciliation que peut avoir la musique." Ce geste de bonne volonté lui fermera en tout cas les portes d’Israël pendant un bon moment. Par la suite, il ne manquera pas d’adopter des positions politiques non conventionnelles : jouant pour les réfugiés palestiniens par exemple, ce qui indisposera fortement Israël. Ou soutenant en 1997 Roger Garaudy accusé d’antisémitisme et de révisionnisme.

Un de ses fils, Gerard, a récemment défrayé la chronique par des prises de position encore plus radicales. Il a été contraint de démissionner en novembre 2005 de la direction de la branche allemande de la Fondation créée par son père après des propos peu politiquement  corrects. N’avait-il pas été jusqu’à suggérer que l’Allemagne était victime de la part d’une « conspiration juive internationale » d’un chantage destinée à la faire payer encore et encore ?

Il a réagi avec un flegme tout britannique, ce qu’il est : « C’était une décision logique et compréhensible dans ce pays rééduqué. Mais je n’ai pas l’intention de changer d’avis pour autant ».