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23/08/2007

SURPRISE: L'ANTI-DEFAMATION LEAGUE RECONNAIT LE GENOCIDE ARMENIEN

f94bc8a401a7dcf2e86a0f8ba043d1b4.jpgAu début du mois d'août, nous parlions des efforts déployés par la Turquie pour faire capoter au Congrès américain un projet de loi reconnaissant le génocide arménien. Abdullah Gül, ministre des affaires étrangères, avait fait le voyage à Washington pour rencontrer, entre autres, les responsables des organisations juives, elles aussi farouchement opposées à une telle reconnaissance, tout comme l'Etat d'Israël. Sans oublier la délégation de juifs turcs qui avaient également fait le voyage en Amérique pour soutenir le même point de vue.

Il est d'autant plus étonnant de constater que l'Anti-Defamation League, la puissante ligue "antiraciste" américaine, fait aujourd'hui totalement machine arrière et se décide à reconnaître officiellement le génocide arménien. Son président, Abraham Foxman, a déclaré mardi: "Suite à la controverse qui plane depuis quelques semaines sur la question arménienne, et parce que nous voulons que la communauté juive soit unie, l’ADL a décidé de reconsidérer sa position à propos du massacre perpétré par les Turcs à l'encontre de la population arménienne..... Nous ne l’avons jamais nié, mais jusque-là, nous avions toujours qualifié ces événements douloureux perpétrés de 1915 à 1918 par l'Empire ottoman de massacres et d'atrocités. A la réflexion, nous en sommes arrivés à partager les vues de Henry Morgenthau Sr, à savoir que les conséquences de ces actions équivalaient à un génocide. Si le mot avait existé alors, c'est ainsi qu'on l'aurait qualifié".

Que s'est-il donc passé pour amener ce revirement? Il semblerait d'une part que les responsables de ces grosses organisations qui font habituellement la pluie et le beau temps, aient rencontré une sorte de fronde de leur base ainsi que des critiques émanant d'une partie de la communauté juive américaine. D'autre part, et surtout, elles doivent affronter la colère de la communauté arménienne des Etats-Unis qui commence à s'organiser et à se manifester. Et surtout à boycotter. Ainsi, début août, le conseil de la ville de Watertown, dont 20 % de la population est arménienne, a décidé de se retirer d'un programme de l’ADL intitulé ''Pas de place pour la haine''. Tout cela commençait à faire désordre, sans parler de l'impact financier éventuel.

487b63bea2738e085455b2e841f8b0cd.jpgFoxman a déclaré avoir consulté sur la question son mentor, Elie Wiesel, ainsi que d'autres historiens, avant d'ajouter ''J’espère que la Turquie comprendra que ce sont des amis à elle qui la poussent à se confronter au passé et à travailler à la réconciliation des Arméniens et des Turcs". La Turquie, qui n'est pas la France ni l'Allemagne, appréciera sans doute modérément de se faire faire ainsi la leçon...

L'ADL a cependant bien pris de soin de préciser qu'elle continuerait à s'opposer à ce que le Congrès adopte une loi sur la question, estimant que ce serait ''contre-productif''. Pour qui? Pour Israël sans doute, dans ses relations avec la Turquie, et aussi pour la communauté juive turque. Mais l'argument officiel majeur, c'est que le Congrès n’a pas à participer à l’écriture de l’histoire. Ca, c'est une excellente raison. Dommage qu'elle soit à géométrie variable. Car je crois me souvenir qu'en France, dans un passé très récent, l'Assemblée dite nationale a, elle, été sommée justement par ces mêmes organisations, d'écrire l'histoire. C'était à propos de la loi Gayssot, si mes souvenirs sont exacts.

Il paraît que M. Foxman s'apprête à sortir un livre qui ne manquera pas d'intérêt. Il s'appellera "The Most Dangerous Lies: The Israel Lobby and the Myth of Jewish Control." ("Les plus dangereux mensonges: le lobby pro-israélien et le mythe du contrôle juif.") L'idée, c'est de pulvériser les malfaisants qui osent prétendre que les groupes juifs confisquent le débat sur Israël et contrôlent la politique étrangère des Etats-Unis. Une démonstration à ne pas manquer.

Pour terminer et afin de montrer que les américano-arméniens commencent bel et bien à se bouger: George Bush a finalement, devant les protestations, retiré la nomination de Richard Hoagland au poste d'ambassadeur des Etats-Unis en Arménie. Hoagland avait affirmé que les événements ne constituaient pas un génocide au sens juridique du terme, car ils n'auraient pas été "prémédités".

Commentaires

Bonne publication!

Écrit par : Israel | 24/08/2007

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