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21/08/2007

QUI A DIT QUE LA MUSIQUE ADOUCISSAIT LES MOEURS….EN ISRAEL?

De fil en aiguille – vous savez comment les choses se passent sur internet – vous tombez sur des sujets intéressants au hasard d’une recherche. Hier, en tâchant d’en savoir un peu plus sur l’auteur de l’article cité, Schlomoh Brodowicz, je suis tombée sur un texte  sanglant qu’il avait écrit sur Daniel Barenboïm, sobrement intitulé Un voyou nommé Barenboïm ( http://www.debriefing.org/16026.html).   

6744fc246859ca051d5330d61bf2fc21.jpgDe quoi donner envie d’en savoir un peu plus, non ? Daniel Barenboïm est né en Argentine de parents juifs d’origine russe qui ont émigré en Israël en 1952. Il a toujours cette double nationalité. Pianiste et chef d’orchestre de grand talent – il a notamment été le directeur musical de l’Orchestre de Paris de 1975 à 1989 – il a également des idées politiques qui déplaisent fortement en Israël.

Voyez plutôt ce qu’il déclarait en 2004 : « Je suis arrivé d’Argentine en Israël à l’âge de dix ans, en 1952. Mes parents et moi croyions alors aux principes de la déclaration d’indépendance, un texte qui énonçait un idéal et qui nous a transformés de juifs en Israéliens. Ce texte affirmait vouloir créer une société dont tous les citoyens seraient égaux quels que soient leur foi, leur race ou leur sexe. Il assurait la liberté religieuse, de conscience, de langage, d’éducation ou de culture. Les pères fondateurs affirmaient rechercher la paix et les bonnes relations avec les Etats et les peuples voisins.

 Aujourd’hui je me demande comment nous faisons pour ignorer le vertigineux fossé qui existe entre ces principes et la situation actuelle. Le texte ne parle pas de l’occupation et de la domination d’un peuple, il n’affirme pas plus que notre indépendance doit se faire au détriment des autres. » etc, etc.

Mais il ne s’est pas cantonné aux seuls mots. Il a également fondé avec son ami Edward Saïd une Fondation pour promouvoir la paix au Moyen Orient ainsi que le West-Eastern Divan Orchestra. Il s’agit d’une formation d’environ 80 jeunes musiciens essentiellement Israéliens et arabes (Palestiniens, Jordaniens, Egyptiens, Syriens, Libanais). Un concert resté célèbre a été donné par eux à Ramallah en 2005.

7961770d45c610cb4554fb93173b7ed5.jpgEdward Saïd, qui est décédé en 2003, était un intellectuel américain d’origine palestinienne chrétienne. Il a enseigné jusqu’à sa mort la littérature anglaise et la littérature comparée à l’université Columbia de New York. Il est l’auteur d’un bon  nombre d’essais politiques sur le conflit israélo-arabe, ce qui ne l’empêchait pas d’être également un musicologue reconnu. Il a co-écrit un ouvrage avec Barenboïm, Parallèles et Paradoxes (Le Serpent à Plumes, 2002). Je vous recommande vivement la lecture d’un article écrit par lui en octobre 2001, qui s’intitule Barenboïm brise le tabou Wagner (http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/SAID/15667).

Tout ceci vous permettra de mieux comprendre l’ire de M Brodowicz. Qui s’en prend dans le même texte à Yehudi Menuhin. Qu’avait-il fait, lui ?

3d46817cd6c599bba0b860b193b36095.jpgLe très célèbre violoniste et chef d’orchestre était né aux Etats-Unis d’un père rabbin d’origine russe. Il s’attirera une première fois les foudres des bien-pensants en retournant en Allemagne en 1947 jouer sous la direction du célèbre chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler, soupçonné de compromissions avec les nazis. "Il était victime de l'indignation du monde, explique Menuhin, parce qu'il n'avait pas quitté l'Allemagne nazie - comme si la fuite était une preuve de courage. A cette époque, dans ces années d'après-guerre, les plaies étaient à vif et l'on ne pouvait regarder les choses avec les yeux de l'objectivité. Furtwängler et moi-même surestimions probablement le pouvoir de réconciliation que peut avoir la musique." Ce geste de bonne volonté lui fermera en tout cas les portes d’Israël pendant un bon moment. Par la suite, il ne manquera pas d’adopter des positions politiques non conventionnelles : jouant pour les réfugiés palestiniens par exemple, ce qui indisposera fortement Israël. Ou soutenant en 1997 Roger Garaudy accusé d’antisémitisme et de révisionnisme.

Un de ses fils, Gerard, a récemment défrayé la chronique par des prises de position encore plus radicales. Il a été contraint de démissionner en novembre 2005 de la direction de la branche allemande de la Fondation créée par son père après des propos peu politiquement  corrects. N’avait-il pas été jusqu’à suggérer que l’Allemagne était victime de la part d’une « conspiration juive internationale » d’un chantage destinée à la faire payer encore et encore ?

Il a réagi avec un flegme tout britannique, ce qu’il est : « C’était une décision logique et compréhensible dans ce pays rééduqué. Mais je n’ai pas l’intention de changer d’avis pour autant ».

Commentaires

Qui se souviendra de la bave d'un Brodowicz quand on continuera de jouer la musique sublime de Barenboïm et Menuhin ?

Écrit par : Martial | 21/08/2007

On sait maintenant qu'Albert Einstein était un imposteur. Une chose est sure avec Barenboïm et Menuhin : ce sont eux qui jouent. Il est difficile de mentir avec un piano ou un violon, et il faut même de nombreuses années avant de mériter l'attention des autres. C'est un domaine ou, logiquement, les charlatans n'ont pas leur place. Les interprètes juifs, et ils sont nombreux, savent ce qu'ils doivent à la créativité des goyim en matière de musique, une musique ou les apports se succèdent pendant plusieurs siècles, jusqu'à subir une espèce de coup d'arrêt quand certains tentèrent d'imposer un système tentant de nier, une fois de plus, les lois de la nature dont dérive la tonalité utilisée de Bach à Brahms, et avant eux, des Grecs à Guillaume de Machaux . C'est l'école de Vienne (la deuxième) de Schönberg, Berg et Webern, qui avec le dodécaphonisme et la musique sérielle, crée des sonorités nevrotiques promptes à coller la migraine à des plantes cactées.

Écrit par : Hervé | 22/08/2007

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