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18/07/2007

LOBBYS PRO-ISRAELIENS ET ORGANISATIONS JUIVES AUX ETATS-UNIS - 2

2)  Le JINSA

4f4093b206a01803976b0cd106429cb3.jpgTournons-nous à présent vers un autre groupe de pression fort intéressant, agissant à la façon d’un think tank : le JINSA, ou Jewish Institute for National Security Affairs, basé lui aussi à Washington, tout près du Congrès et du Pentagone.

Près du Pentagone car, comme son nom l’indique, il s’occupe, lui, de questions relatives à la sécurité et à la défense nationales. S’occuper de questions militaires n’empêche pas d’avoir le sens de l’humour car son site, www.jinsa.org, indique qu’il s’agit d’une « organisation non partisane et non sectaire… souhaitant défendre les exigences de sécurité des Etats-Unis et d’Israël et renforcer les relations de coopération stratégique entre ces deux grandes démocraties ». 

Tout non partisan et non sectaire qu’il soit, le JINSA a néanmoins été fondé à la suite de la guerre du Kippour en 1973 et de réseau informel réunissant ultra-sionistes et néo conservateurs, il est devenu au fil des années un formidable groupe de pression dont les membres occupent des postes clés dans les administrations successives.

Réunissant environ 20 000 membres, il agit comme interface entre l’establishment militaire américain et le public, expliquant inlassablement le rôle qu’Israël peut et doit jouer dans la promotion des intérêts américains, ainsi que les liens existants entre la politique de défense américaine et la sécurité d’Israël. Le JINSA entend également renforcer la coopération avec les alliés « démocratiques » des USA, tels que Turquie, Jordanie, Taïwan, etc.

Tout comme l’AIPAC, le JINSA fonctionne beaucoup aux voyages en Israël : militaires actifs et retraités, de haut grade bien sûr, y sont régulièrement conviés. Comme il faut penser à l’avenir, la jeune génération n’est pas oubliée et les cadets des diverses académies militaires y font tout aussi régulièrement des voyages d’études. Aux Etats-Unis mêmes, le JINSA organise des rencontres entre officiels du Pentagone et responsables juifs et sponsorise conférences, tournées, etc.

c0149198d47c50c2a621d065feb91896.jpgNous sommes là dans un domaine réservé, où idéologie et argent sont intimement mêlés et où l’on peut rencontrer ceux qui décident réellement de la paix et de la guerre dans le monde, en l’occurrence généralement de la guerre. Car la ligne du JINSA, proche du Likoud, est très dure. A ses yeux, il n’existe aucune différence entre les intérêts américains et israéliens et leur prospérité à tous deux passe par une hégémonie sans faille sur le Moyen Orient. Pour y parvenir, il préconise la guerre totale, ce qu’exprime clairement l’un de ses membres fondateurs, toujours présent, Michael Ledeen lorsqu’il déclare : « Le changement de régime, par n’importe quels moyens, de l’Irak, de l’Iran, de la Syrie, de l’Arabie saoudite et de l’Autorité palestinienne, est un impératif urgent ».

Tous les faucons néo-conservateurs de l’entourage Bush ont passé ou sont encore au JINSA : Richard Perle, Paul Wolfowitz, sans compter l’actuel vice-président Dick Cheney, et bien d’autres.

Le JINSA publie également un certain nombre de périodiques, dont The Observer, un trimestriel consacré à la coopération USA/Israël/Turquie, et des livres du style Profiles in Terror : A Guide to Middle East Terrorist Organizations.

Preuve de l’importance du JINSA : un Français a fait le voyage en juin dernier pour rencontrer ses responsables. Il s’agissait de Armand Laferrère, proche de Sarkozy et membre du conseil d’administration de l’association d’amitié franco-israélienne. Il y a tenu, en anglais, un discours des plus instructifs, qui a dû considérablement rassurer ses auditeurs quant à la future docilité attendue des tricolores. Laferrère s’y déclare convaincu que la nouvelle présidence va marquer un net changement à l’égard des Etats-Unis et d’Israël. Pourquoi ? Eh bien, « la première raison, c’est que les institutions françaises donnent un quasi pouvoir absolu au Président en matière de politique étrangère. La conséquence, c’est que les instincts et les inclinations personnels ont de ce fait un impact énorme sur la politique de la nation. Et les instincts et les inclinations de Sarkozy font de lui le meilleur ami que les USA et Israël ont eu en fait de dirigeant français depuis les années 50 ».

Intéressant, isn’t it ? Moi, je croirais quand même que les Français vont être moins faciles à manœuvrer dans ce domaine que ce que ces va-t-en-guerre s’imaginent…

En tout cas, je vous conseille fortement la lecture entière de ce discours sur http://www.eursoc.com/news/fullstory.php/aid/1676 

Commentaires

Le néologisme USraël est capital, car il résume toute l'histoire du 9/11, notamment, et l'on n'a pas fini d'en voir les effets destructeurs. En fait, peu de gens sont capables d'imaginer l'apocalypse que ce néologisme est sur le point de déclencher.

Écrit par : Martial | 19/07/2007

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