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11/07/2007

SOUS LA SURFACE LISSE, BEAUCOUP DE TOURBILLONS…

9dd4b952d43e269abbfda12295705d37.gifContinuons à parler gros sous. Et croyez-moi, ce n’est pas une image. Nous avons vu hier que des survivants de la shoah vivaient dans la misère en Israël. Et ils seraient des milliers dans ce cas. Pourtant, l’organisme chargé de collecter les indemnisations pour les dommages subis par les juifs durant la guerre – et de les redistribuer, en principe aux survivants -, la Claims Conference, ne connaît pas, elle, ce type de problèmes. Elle serait l’organisation juive la plus riche du monde, avec des réserves financières d’environ 1,7 milliard de dollars. Mais elle se trouve en ce moment dans le collimateur de l’Etat d’Israël. En fait, les critiques sur son mode de fonctionnement pleuvent de tous les côtés. La Claims Conference était présidée jusqu’en juin 2007 par Israël Singer, celui-là même qui s’était fait éjecter du Congrès juif mondial, dont il était Secrétaire général, en mars dernier pour de sombres histoires d’argent. Il doit être passablement démonétisé car il vient de renoncer à briguer le renouvellement de son mandat. Le bureau exécutif, qui se réunit plutôt discrètement ce mois-ci à New York, va mettre en place les modalités pour sa succession.

L’Etat d’Israël entend mettre à profit ces turbulences pour imposer une révolution culturelle  à cette organisation dont la transparence n’a jamais constitué la priorité. Entre autres aberrations administratives et en vertu d’un règlement totalement dépassé, la Claims ne peut, ou ne veut, pas indemniser un certain nombre de survivants, essentiellement arrivés de l’ex-Union soviétique et des pays de l’est, qui restent donc à la charge de l’Etat d’Israël, qui n’est même pas représenté dans les instances dirigeantes. L’Etat hébreu revendique donc le droit de nommer dorénavant la moitié du bureau exécutif de la Claims. Une revendication  ressentie comme révolutionnaire. « Nous avons trahi les rescapés qui auront totalement disparu d’ici une quinzaine d’années. La Claims fonctionne selon ses propres règles, mais l’argent appartient aux survivants et il est inconcevable que des gens aux Etats-Unis puissent décider de la manière dont il sera distribué en Israël », a ainsi déclaré le ministre israélien de la Diaspora et des Affaires du troisième âge. Et le président de l’Agence juive, Zeev Bielsky, de renchérir : « Si l’argent continue d’être alloué de la même manière, il finira par rester sur des comptes en banque alors que le dernier survivant aura disparu ».

0974ed36d1fca5da196ba03fd636bb1d.jpgLa Claims Conference a été fondée en 1951 à l’initiative du jeune Etat d’Israël qui souhaitait qu’une organisation unique représente les juifs dans les négociations avec l’Allemagne et l’Autriche en vue des réparations. C’est Nahum Goldman, alors président du Congrès juif mondial, qui choisit les 24 organisations qui la composeraient, à raison de deux personnes chacune. Pour la France, en font partie le CRIF et l’Alliance israélite universelle. Rien n’a changé depuis cette époque. Si ce n’est les revendications elles-mêmes, bien sûr, qui n’ont guère faibli, c’est le moins que l’on puisse dire, et qui se sont même étendues. La Claims s’est trouvée brusquement enrichie dans les années 90 lorsqu’elle a été désignée par l’Allemagne réunifiée héritière de tous les biens juifs d’Allemagne de l’est qui n’avaient pas été réclamés. Il y en avait apparemment beaucoup puisqu’elle a récupéré environ deux milliards de dollars des ventes.

Il y a peu de temps encore, au temps de sa splendeur, Israël Singer avait vertement tancé la Suisse en ces termes : « La neutralité suisse face au mal était un crime ».  Et en Pologne, récemment, il énonçait doctement : « Le respect de la propriété est un principe fondamental dans toute société démocratique. Nous appelons la Pologne à voter une loi permettant la restitution ou la compensation pour tous les biens privés saisis, etc, etc ».

C’est pourtant vrai, que le respect de la propriété est un droit fondamental. Qui a été quelque peu bousculé durant la révolution bolchevique. Toutes ces histoires de restitution, de compensation, d’indemnisation, ça ne pourrait pas donner quelques idées, là-bas, à tous ceux qui ont été spoliés, torturés, emprisonnés ? Et aux descendants de tous ceux qui ont été purement et simplement massacrés ? Mais à qui pourraient-ils bien adresser leurs demandes ???

Commentaires

"Ce qui est à toi est à moi. Ce qui est à moi n'est pas négociable"...

Écrit par : Martial | 12/07/2007

Question "antisémite" :

Si l'argent mène le monde, qui sont obligatoirement les maîtres de l'argent ?

Écrit par : Martial | 12/07/2007

"C’est pourtant vrai, que le respect de la propriété est un droit fondamental". Une fois encore, pour qui? Pour qui la propriété est-elle un droit?

Pas pour le serf.

Et, en URSS comme ailleurs depuis, on voit précisément le serf moderne, affranchi et émancipé, remontant des égouts de l'histoire, s'emparer par la ruse et par la violence de biens auxquels il n'avait droit en aucune manière dans la société traditionnelle européenne.

Par "serfs", aujourd'hui il faut entendre avant tout une "forma mentis". C'est ainsi que la gynéco-démocratie actuelle permet à des individus qui sont spirituellement et mentalement des serfs de parvenir aux plus hauts degrés de l'échelle sociale inversée de notre époque.

Écrit par : Nic | 15/07/2007

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