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07/07/2007

A PROPOS DE KURT WALDHEIM

17ed0f4f5c8ee7d734ac815c73c3066c.jpgKurt Waldheim est décédé le mois dernier à l’âge de 88 ans. Après deux mandats à la tête de l’ONU, durant lesquels avaient été votées des résolutions qui avaient fortement déplu à Israël, il avait été élu président de la République d’Autriche en 1986. Malgré la campagne virulente que le Congrès juif mondial avait menée contre lui, l’accusant de crimes de guerre. Plus tard, une commission d’historiens créée par le gouvernement autrichien le disculpera. Je reprends ci-dessous les pages consacrées à Kurt Waldheim dans La France LICRAtisée.

« L’affaire Kurt Waldheim

Au milieu des années 80 se situe une affaire emblématique de la puissance du Congrès Juif Mondial (CMJ) et de sa capacité à peser sur la politique, même européenne. Cette affaire trouve, elle aussi, sa place dans la stratégie visant à maintenir la shoah au coeur des préoccupations des Européens et à contrecarrer le révisionnisme. C’est d’ailleurs le président du CJM depuis 1981, le milliardaire américain Edgar Bronfman, qui l’affirmera sans complexe dans son autobiographie The making of a Jew, qui paraîtra en 1996. Et qui se félicitera de la formidable publicité faite ainsi au CMJ.

Kurt Waldheim est ministre des affaires étrangères d’Autriche de 1968 à 1970, puis secrétaire général des Nations Unies de 1972 à 1981. C’est donc un homme politique d’envergure qui se présente à la présidence de son pays, l’Autriche, en 1986. C’est à ce moment-là qu’éclate l’affaire qui va dorénavant le poursuivre sans relâche. Elle démarre en Autriche où les socialistes, qui occupaient la présidence autrichienne presque sans discontinuer depuis la fin de la guerre, s’inquiètent. Kurt Waldheim est un concurrent redoutable. Une campagne à base de rumeurs sur son supposé passé nazi démarre.

a25014ade622408e26afdb1086ad8801.jpgMais elle ne rencontre aucun écho en Autriche. Il faut faire plus et mieux, et orchestrer la campagne depuis l’étranger. Le CJM va prendre les choses en mains. Cette fois-ci, c’est une incroyable campagne de haine et de contrevérités qui déferle, sur la base d’une photo représentant Kurt Waldheim en uniforme de la Wehrmacht sur l’aérodrome de Podgorica au Monténégro, en compagnie d’un général SS et d’un commandant italien. Le New York Times prend la tête des opérations médiatiques. Tout sera tenté pour effrayer les Autrichiens et les inciter à renoncer à voter pour Waldheim.

Mais Beate Klarsfeld aura beau mener campagne contre lui en Autriche, c’est l’effet inverse qui se produit. Loin de se laisser intimider, les Autrichiens élisent Waldheim avec un score excellent. La « militante exemplaire » de la LICRA ira, le jour de l’investiture du nouveau président, déployer une banderole portant ces mots : « Non au président criminel de guerre ». Sous le titre « L’honneur perdu de l’Autriche », le DDV* consacre une page entière à l’élection de Kurt Waldheim et donne la parole à « un juif de Vienne, M. Léon Zelman, rescapé d’Auschwitz, jusque-là chargé des relations extérieures de la communauté juive, qui résume le drame : « Nous n’en avons pas encore fini avec Hitler. Il nous extermine pour la deuxième fois. Il a tenté de nous éliminer physiquement, et il veut désormais nous faire disparaître moralement ».

Cette victoire ne marque cependant pas la fin des ennuis de Waldheim, mais bien plutôt leur commencement. Prétendant détenir des preuves, qui ne seront jamais divulguées, le CJM obtient dès l’année suivante des autorités américaines que le président autrichien soit inscrit sur la liste des personnes indésirables aux États-Unis, ce qui équivaut à un verdict de culpabilité. Du coup, pour ne pas indisposer les Américains – ou le CJM – il est mis en quarantaine à peu près partout. Parmi les rares responsables qui auront le courage de le recevoir officiellement, malgré les pressions et les critiques virulentes, figurent le pape Jean-Paul II et le chancelier allemand Helmut Kohl. Kurt Waldheim terminera son mandat en 1992 dans l’isolement et presque le déshonneur. Le 27 avril 2001, les dossiers de la CIA sur les présumés criminels de guerre nazis seront rendus publics. Le dossier constitué sur Kurt Waldheim en 1972 lorsqu’il devint Secrétaire Général des Nations Unies ne contenait aucun élément défavorable.

En fait, au-delà du cas Waldheim, c’était l’Autriche entière qui était coupable, et qu’il fallait mettre en quarantaine, car elle avait le grand tort de n’avoir jamais fait repentance, elle. Contrairement à l’Allemagne. Les élections d’avril 2000 seront l’occasion de faire resurgir une nouvelle fois cette culpabilité. Cette année-là, coup de tonnerre ! Les électeurs autrichiens font entrer « l’extrême droite » de Jörg Haider au gouvernement. C’est aussitôt le délire dans les rangs fournis des bien-pensants de tous bords, et comme entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2002, un nombre incalculable de sottises et de contrevérités seront proférées. Sans compter les insultes qui accableront les Autrichiens. Sous la plume de Philippe Benassaya, on pourra lire dans le DDV ces propos condescendants : « Ce petit pays, reliquat d’un empire englouti dans lequel cohabitaient des dizaines de nationalités, ne se fait pas à l’idée de ne plus compter dans le concert des nations, comme on disait autrefois. Il est certain que de passer de Sissi à Haider… le choc est rude. En outre, et c’est là le plus grave, l’Autriche est passée entre les gouttes du devoir et du travail de mémoire. Comment oublier l’affaire Waldheim ? Incontestablement, ce petit pays n’a pas procédé à un véritable examen de son passé, de son histoire, de sa mémoire. Il devrait prendre exemple sur son grand voisin allemand… »  Le président de la LICRA, Patrick Gaubert, adressera au Parlement européen ainsi qu’aux présidents des pays membres de l’Union européenne un courrier les incitant à la plus grande fermeté à l’égard d’un pays aussi coupable : «Le devoir de l’Europe entière doit être de mettre l’Autriche en dehors de l’Europe».

Mais revenons aux débuts de l’affaire Waldheim. Il est clair qu’elle constitue également un avertissement de nature à faire réfléchir les autres dirigeants des pays européens. Qui ne brilleront, comme à l’accoutumée, ni par leur solidarité ni par leur courage… C’est qu’ils ne tiennent pas à se retrouver, eux aussi, d’une manière ou d’une autre, sur la sellette, comme leur collègue autrichien. Mieux vaut donc relayer le message correct. »

* Le Droit de Vivre, journal de la LICRA

 

On pourra lire avec profit sur la question L'Affaire Waldheim ou le déshonneur de la démocratie, de Harold Tittmann, Editions Akribeia, 2004

Commentaires

La haine talmudiste ne connaît décidément aucune limite, y compris lorsqu'il s'agit de piétiner des ennemis supposés, même lorsqu'il sont morts. Le pardon est chrétien, la civilisation est chrétienne, l'avenir est chrétien.

Écrit par : Martial | 09/07/2007

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