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29/06/2007

UN ISRAELO-RUSSE A LA TETE DU CONGRES JUIF EUROPEEN

e011af2611bfdd90adc27d479d6f5358.jpgJ’avais fait état il y a quelque temps du tangage et des conflits de personnes à la tête des institutions juives mondiales. A ce petit jeu, c’est le Français qui a perdu. Pierre Besnainou, 52 ans, ex président du Congrès juif européen (CJE), qui était quasiment en conflit ouvert avec le Congrès juif mondial (CJM) en a certainement payé le prix. Il n’a  pas été renconduit dans ses fonctions et c’est l’israélo-russe Moshé Kantor qui lui succède.

L’élection s’est déroulée il y a une semaine à Bruxelles en présence de 87 délégués de 40 communautés juives européennes. Et le résultat est sans appel puisque 30 voix sont allées à Besnainou contre 55 à son challenger.

Le nouveau président, Moshé Kantor, 54 ans, est le fils d’un soldat de l’Armée rouge de Zaporozhye, en Ukraine. Possédant la double nationalité israélienne et russe, il était jusqu’à présent président du Congrès juif de Russie. Il est à la tête du groupe agrochimique Acron (engrais) qu’il a fondé et qui est l’une des quarante plus grosses entreprises de Russie. Un million de juifs environ vivent en Russie où la vie de la communauté juive est en plein essor, de l’aveu même de Moshé Kantor.

Parmi ses premières décisions figure celle d’ouvrir un bureau du CJE à Bruxelles pour travailler plus étroitement avec l’Union Européenne. Ce que faisait d’ailleurs déjà, même sans bureau, Pierre Besnainou, qui se livrait à un lobbying intense auprès des dirigeants européens. La Turquie perd en tout cas en sa personne un ardent défenseur, qui déclarait récemment :

« (…) Voilà un pays qui fait exception à toutes les théories selon lesquelles l'Islam est incompatible avec la démocratie. Au contraire tout en affirmant sans ambages sa culture musulmane, la Turquie parvient à assurer un Etat de droit à l'image des démocraties occidentales.(…) Par ailleurs, faut-il le rappeler, la Turquie a été le premier pays musulman à reconnaître Israël en 1949, et pendant trente ans le seul. Depuis plusieurs années, la Turquie est devenue un partenaire stratégique essentiel de la politique étrangère israélienne. Ce partenariat repose sur plusieurs piliers : une alliance militaire solide, une préoccupation commune pour lutter contre le terrorisme, des accords commerciaux dynamiques, notamment sur la question très sensible de l'eau, sans oublier que la péninsule Anatolienne est une destination touristique très prisée des Israéliens. »

Ne sont-ce pas d’excellentes raisons pour faire bon accueil à la Turquie dans le concert européen ? Reste que Pierre Besnainou, juif séfarade né en Tunisie, qui a fait fortune dans la netéconomie, trouvera encore bien des occasions d’agir puisqu’il demeure président du Fonds social juif unifié (FSJU).

Ronald Lauder – le fils d’Estée Lauder, des cosmétiques bien connus – nouveau président  depuis le 10 juin dernier du Congrès juif mondial, qui chapeaute le CJE, et qui n’était de loin pas le candidat favori de Besnainou, avait fait le voyage de Bruxelles pour assister aux opérations. Cette élection intervient dans un contexte de rafraîchissement des relations entre la Russie et Israël, en raison de la volonté de Moscou de renforcer son rôle géostratégique au Proche Orient, qui se manifeste, au grand dam des Israéliens, par des soutiens apportés à l’Iran et à la Syrie.

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