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06/06/2007

UNE PARABOLE POUR NOTRE TEMPS

bd2abb9c7d0d4e6611e30d9fb3be5a74.jpgLa parabole suivante est extraite de l’excellente revue L’Ecologiste. Elle porte en sous-titre : Comment peut-on être indifférent à l’invasion de notre monde par la technique ? Comment est-il possible que notre civilisation, en détruisant la planète, scie la branche sur laquelle elle est assise ?

- « Tu m’avais promis de me dire pourquoi je n’ai pas le droit d’avoir un marteau ! » demanda le petit garçon.

- « C’est une bien longue histoire, répondit le vieil homme, mais la voici… C’était il y a longtemps. Un jour, des gens se sont soudain mis à se taper sur la tête les uns les autres, avec un marteau. Cette manie a gagné de l’ampleur et très rapidement, tout le monde s’y est mis. A la fin, les gens ne faisaient plus rien d’autre et le pays fut complètement transformé.

 

Tout naturellement, des hommes d’affaires matois s’étaient mis à concevoir toutes sortes de marteaux : pliables, à cran, aiguisés, miniatures, à double tête, à élastique et même des marteaux en caoutchouc pour les écoles. Oui, même l’éducation en fut transformée.

Les scientifiques mirent au point de nouveaux alliages très solides et très légers. De nouveaux hôpitaux et cliniques durent ouvrir pour faire face à l’afflux incessant des victimes de coups de marteaux.

Les fabricants de chapeaux firent fortune, avec des couvre-chefs plus beaux et plus solides. Les fabricants de perruques se joignirent rapidement au mouvement avec des postiches légers et protecteurs, faits d’alliages high-tech on ne peut plus robustes. Des water-polos à coup de marteaux, des tournois de coups de marteaux et une série de télé-réalité à base de coups de marteaux devinrent les principaux divertissements pour ceux qui ne pouvaient s’impliquer directement.

Les politiciens jubilant devant cette nouvelle prospérité développèrent une économie basée sur les coups de marteaux. C’était à celui qui offrirait les


plus importantes déductions fiscales et autres subventions à l’achat des derniers accessoires en vogue. L’Etat proposa ses services pour prendre soin des victimes.

Des scientifiques rédigèrent des rapports toujours plus fouillés, remplis de tableaux, de chiffres, d’équations, de diagrammes, obtenus grâce aux ordinateurs les plus puissants, afin de fournir une argumentation théorique et empirique visant à promouvoir la nouvelle voie sur laquelle notre pays s’était engagé.

L’engagement ardent des scientifiques dans l’avènement de cette prospérité ne leur laissa pas d’autre choix que d’ignorer les effets secondaires malheureux de cette activité : les centaines de milliers de fractures crâniennes, lésions cérébrales, hémorragies cérébrales et autres anévrismes qui devaient être soignés dans des hôpitaux bondés.

Il fallait aussi dégager des moyens pour gérer les hordes croissantes d’épileptiques, de schizophrènes, de névrosés, de maniaco-dépressifs, de paranoïaques, d’amnésiques, de paralysés partiellement ou en totalité, toutes catégories dans lesquelles on pouvait finalement classer la grande majorité de nos concitoyens, dont ceux qui dirigeaient nos institutions et dont le jugement déterminait le sort de millions de personnes.

Peu de gens semblaient préoccupés par de tels problèmes sanitaires qui passaient pour le prix à payer des incomparables progrès apportés par les coups de marteaux.

Un jour cependant, un petit groupe de personnes à la marge de la société se mit à faire un raffut terrible, disant que le marteau était asocial. Son usage ne devait pas seulement être découragé, mais interdit.

La réaction à cette proposition fut brutale, c’est le moins que l’on puisse dire. Les contestataires furent traités de fous dangereux menaçant l’ordre social. Si on les prenait au sérieux, assurait-on, notre économie de coups de marteaux ne se développerait plus. Les hommes d’affaires cesseraient de faire des profits, les scientifiques seraient privés de leurs crédits de recherche, les technologues de leurs programmes de développement, les travailleurs mis au chômage, les politiciens privés de leur soutien électoral. Bref, toute l’économie et la société qui était devenue son appendice, seraient condamnées à un effondrement immédiat.

Inutile de dire que ces rebelles furent traités avec le dédain requis et les coups de marteaux continuèrent à monopoliser nos pensées, nos journées de travail et nos heures de loisir jusqu’à ce que la majeure partie de la population succombe sous l’avalanche des coups de marteaux ».

- « Cela ne se reproduira plus, n’est-ce pas, grand père ? » demanda le petit garçon.

- « Oh non, répondit l’homme sur un ton rassurant, les dieux d’une civilisation sont les démons de la suivante, c'est pourquoi les coups de marteaux sont aujourd'hui interdits et les marteaux ne se trouvent que sur le marché noir..."

Source : L’Ecologiste, www.ecologiste.org

Commentaires

On peut très bien lire cette parabole aussi en remplaçant le marteau par le couple immigration-invasion/antiracisme furieux, ou encore par le couple islamisation galopante/islamophilie militante, ou encore par le couple sodomisation croissante de notre société/glapissements anti-"homophobes", ou encore par le couple "réchauffement global"/bobards anti-CO2, etc. etc. etc.

Écrit par : François | 06/06/2007

Entièrement d'accord avec François. On pourrait insister sur le rôle tentaculaire et néfaste des "grands médias" et de la haute technologie dans tout ça! Oeuvrant dans le domaine des cellulaires, je vois tous les jours comment la technique aveugle peut servir à dominer, à diriger, l'homo pas si sapiens que nous sommes. On met sur le marché des bidules technos de plus en plus sophistiqués n'ayant pour but que de tenir occupé le proprio du dit objet. Et pendant qu'il "pitonne", (néologisme québécois, de "piton" = "bouton" = "touche" en français international), notre civilisation s'écroule tout autour de consommateur aveugle qu'il consent à devenir. Malheureusement, j'ai trop peu de collègues ingénieurs qui veulent faire partie du "petit groupe de personnes à la marge de la société" et soient prêts "à faire un raffut terrible". Ils sont eux-mêmes asservis, et même, aliénés par la technique qu'ils créent, et par la médiatisation qui l'accompagne. Ajoutons donc le couple cellulaires/pressions médiatiques à la liste.

Écrit par : Claude Jodoin | 07/06/2007

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