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20/05/2007

CA NE VA PAS TARDER A TANGUER !

Revenons sur la nomination de Bernard Kouchner au poste de ministre des affaires étrangères,  car elle est à elle seule emblématique de l’extraordinaire décalage qui existe entre le personnage qui se trouve à présent à la tête de l’Etat, et les aspirations de ceux qui l’y ont placé.  

medium_kou.jpgmedium_p90_sarko_sderot.jpgQu’on se souvienne que Sarkozy candidat voulait balayer – au karcher -  les restes de mai 68 et pourfendait, en paroles, la dictature du « droit de l’hommisme »  qui a fait tant de ravages chez nous. Vaste rigolade ! Sarkozy président installe à un poste-clé, au quai d’Orsay, un gauchiste pilier de mai 68, droit de l’hommiste convaincu et agissant.

C’est que bien d’autres solidarités sont en jeu, et de bien plus importantes, que le quidam de base n’a pas à connaître. Qu’il vote bien, c’est tout ce qu’on lui demande. Maintenant, les choses sérieuses commencent. Il s’agit d’envoyer un signal fort en direction des Etats-Unis et d’Israël, et de les rassurer. La France suivra. L’un des rarissimes « responsables » politiques français à avoir approuvé à l’époque l’intervention américaine en Irak au nom des « droits de l’homme » !!!  était justement notre nouveau ministre des affaires étrangères. Cela promet des lendemains qui font froid dans le dos. Suivez mon regard du côté de l’Iran, qui n’a qu’à bien se tenir… Ajoutons à cela, afin que le portait soit complet, qu’il n’a jamais raté une occasion de se déclarer en faveur de l’entrée de la Turquie dans la généreuse famille européenne… Bref, alignés au doigt et à l’œil sur les Etats-Unis et Israël comme ils le sont l’un et l’autre, j’ai l’impression que les Français, qui n’ont pas voté pour ce résultat,  mais pour autre chose, vont avoir du mal à suivre le convoi bien longtemps.

D’ailleurs, les réactions à cette nomination sont bien révélatrices. Celle des arabes, d’abord :

« Pour les pays arabes, l’élection de Nicolas Sarkozy constituait déjà une mauvaise nouvelle. Proaméricain, le nouveau président français a régulièrement soutenu le gouvernement israélien contre ses voisins arabes, suscitant de sérieuses appréhensions sur les nouvelles orientations de la politique étrangère de Paris. Signe de cette méfiance : plusieurs dirigeants arabes, à leur tête le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, n’ont pas félicité Nicolas Sarkozy après son élection. Les autres dirigeants l’ont fait, mais souvent via des messages empreints de froideur.

Les craintes des Arabes devraient se confirmer ce vendredi, avec l’annonce du nouveau gouvernement français. Sauf surprise de dernière minute, c’est le « socialiste » Bernard Kouchner qui sera nommé au poste de ministre des Affaires étrangères, au nom de la démarche d’ouverture mise en place par le nouveau président élu. Pour les pays arabes, ce choix constitue une vraie mauvaise nouvelle. Car, l’homme cumule au moins trois défauts majeurs. En 2003, il fut l’un des rares hommes politiques français à avoir soutenu et défendu publiquement la guerre en Irak.  Un choix qu’il assume encore aujourd’hui, malgré les résultats catastrophiques de l’intervention américaine dans ce pays. Deuxième défaut : tout au long de sa carrière politique, Bernard Kouchner s’est rangé derrière les gouvernements israéliens. L’homme, engagé sur de nombreux dossiers humanitaires à travers le monde, n’a presque jamais eu un seul mot de compassion pour les nombreuses victimes palestiniennes dans les Territoires occupés.(…)

Enfin, et c’est sans doute ce qui va gêner le plus de nombreux dirigeants arabes, le futur chef de la diplomatie française est l’un des principaux promoteurs du très controversé droit d’ingérence humanitaire, souvent appliqué selon des critères contestés y compris par l’Organisation des Nations Unies elle-même. (….)  Or, le nouveau ministre connaît très peu le monde arabe où il ne dispose pas de relais capables de lui faciliter la tâche dans des négociations sur des dossiers souvent complexes. Les Libyens qui se sont rapprochés récemment des Américains n’apprécieraient pas en effet des ultimatum ou des menaces en provenance de la France qu’ils considèrent d’ailleurs comme un « petit pays ». Et la Ligue arabe, dont le Soudan est membre, ne risque pas d’apprécier une action militaire soutenue par Paris au Darfour. »

Bref, bien des ennuis en perspective. Ah, s’il ne s’agissait que de transporter des sacs de riz, la vie de ministre serait un champ de roses !

La réaction des Israéliens est la suivante. Volontairement retenue, on voit cependant se dessiner un subtil cahier des charges pour qui sait lire entre les lignes …

« Préparé par des ambassadeurs d’exception tels que Gérard Araud ou Nissim Zvili, le « dégel » des relations franco-israéliennes a permis le redéploiement d’une ambition commune que Jean-Michel Casa et Daniel Shek nourrissent aujourd’hui en France comme en Israël grâce à des projets concrets, une volonté d’œuvrer ensemble, une passion intacte pour la paix et le « mieux vivre ensemble ». L’agence de presse Guysen Israël News est le premier témoin des efforts produits à Paris comme à Jérusalem. Saluons de ce point de vue la volonté exprimée par Nicolas Sarkozy de regarder la Méditerranée en face, de voir prochainement Israël entrer dans la Francophonie, la prochaine inauguration du centre culturel français de Tel Aviv ou l’ambition de la Fondation France-Israël que préside Jacques Hutzinger, et le rôle non moins déterminant des principaux leaders de la communauté juive de France qui agissent aussi bien au titre de la défense des Juifs que de celle de la République.

La nomination très prochaine de Bernard Kouchner au poste de Ministre des Affaires Etrangères, « droit de l’hommiste » convaincu et pour lequel l’action diplomatique prime sur les déclarations de principe, est à priori rassurante. Car la presse israélienne n’avait pas caché son étonnement face à l’hypothèse de nommer un Hubert Védrine qui n’avait pas laissé de souvenirs particulièrement bons aux Israéliens.

Dans les couloirs des ministères à Jérusalem, comme dans les rédactions des grands journaux israéliens, l’élite politique et médiatique israélienne s’interroge : les paroles de Nicolas Sarkozy seront-elles d’improbables promesses ? Quelle surprise la nouvelle ère républicaine française réservera-t-elle à Israël ? Le fait de se déclarer « ami » d’Israël influencera-t-il son engagement pour une cause qui nous est chère, la sécurité d’Israël et la paix « en Méditerranée » ? ».

Sources : www.oumma.com   /  www.guysen.com      

Commentaires

L'UMPS n'a jamais autant mérité son nom. Combien de temps les vrais Français, mais aussi les autres, ignoreront-ils encore la véritable nature de ce que l'on nomme pudiquement "le système" ?

Écrit par : Hervé | 20/05/2007

Je dois avouer que sur ce coup-là, je suis plutôt d'accord avec toi... comme quoi il ne faut jamais désespérer!
Je ne pense pas que l'action de Kouchner ait toujours été fondamentalement arriviste et calculatrice: je pense notamment à la fondation de Médecins du Monde et Médecins sans frontières qui, bien que très politisées, n'en rendent pas moins de grands services dans certaines régions... tout n'est pas à jeter.
Ceci dit il est évident qu'il faut être ambitieux et arriviste pour faire de la politique à ce niveau, et il le prouve en acceptant un ministère où il ne servira que de décoration. La création du Conseil de la Sécurité Nationale de M. Levitte le prive en effet de beaucoup des anciennes prérogatives du ministre des affaires étrangères, d'autant plus que le président Sarkozy semble vouloir être plus présent sur ces dossiers que M. Chirac. Et la décoration sera d'autant plus appréciable qu'elle va permettre de flinguer M. Bayrou juste avant les législatives: puisque M. Sarkozy met en place un gouvernement d'union non partisan, à quoi cela sert-il d'avoir un parti centriste?
C'est très bien joué , en tous cas....

En ce qui concerne la politique en Méditerranée, je suis malheureusement d'accord avec toi sur le fait que la position française risque de se durcir envers les pays arabes, ce qui serait une énorme erreur à mon avis. Heureusement, j'espère que l'Europe va tempérer les ardeurs de notre cher gouvernement... heureusement que l'UE est là pour rattraper les conneries de ses membres! :-)
Ce n'est pas pour demain que quelqu'un va avoir les couilles d'expliquer à Israël que quand on a colonisé un pays sur lequel on n'avait aucun droit, il faut s'attendre à devoir se battre! D'autre part on est aussi partis pour chercher des poux aux iraniens, et je ne pense pas que ce soit, ni justifié, ni intelligent.

Faire de la politique étrangère à la sauce américaine est une connerie monumentale qui date d’une autre époque : celle où c’était possible et bien vu de coloniser les voisins, parce que forcément on détenait la science infuse et qu’il fallait le leur apporter. Ca dénote aussi un point de vue très protectionniste et très replié sur soi : on attaque les autres avant qu’ils n’aient eu l‘idée de faire pareil avec nous, juste au cas où…. A une époque où les distances ne signifient plus rien et où les intérêts sont planétaires, c‘est totalement anachronique de défendre son petit bout de planète, comme s’il avait une importance particulière ! Il vaudrait mieux que les gouvernements pensent au-delà de leurs frontières, mais je pense que ça ne leur ramènerait pas beaucoup d’électeurs…

Écrit par : isa | 22/05/2007

peut-on imaginer que pour compenser les gages donnés à l'extérieur à Israël et aux USA nous en donnions d'autres à l'intérieur sur le plan de l'immigration pour apaiser les "Arabes" ?

Écrit par : Paul-Emic | 22/05/2007

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