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16/05/2007

REPUBLICAINE SOLLICITUDE

J’indiquais hier que Dominique de Villepin était l’invité d’honneur du dîner annuel du CRIF, le 23 janvier dernier. Ce dîner est le rendez-vous obligé de la classe politique au plus haut niveau. Qui oserait s’y soustraire ? Il suffit d’ailleurs de relever à qui le premier ministre adressait son discours : au président du Sénat, au président de l’Assemblée nationale, à une brochette de ministres et d’élus. Sans oublier naturellement la présidente de la Fondation pour la mémoire de la shoah, Simone Veil.

Trois points du discours du premier ministre m’ont paru intéressants à divers titres. Toujours d'actualité, ils appellent l’un ou l’autre commentaire:  

« Les Français veulent avancer ensemble. Ils veulent que l’Etat puisse venir en aide aux plus démunis, à tous ceux qui ont du mal à surmonter les accidents de la vie. A cet égard je veux saluer l’esprit de solidarité qui anime la communauté des Juifs de France. Je veux rendre hommage au travail remarquable et à la mobilisation nationale pour la Tsedaka, animée par le docteur Zrihen, qui est également votre vice-président. »

medium_images.60.jpgJe constate que les juifs sont donc chaudement félicités par le premier ministre pour leur grand sens de la solidarité. Solidarité intercommunautaire, cela va sans dire. La Tsedaka, qui est un pilier de la vie juive, consiste en effet en une collecte annuelle d’argent qui servira à financer diverses œuvres destinées aux plus démunis des juifs. C’est très bien et je trouve cela tout à fait normal.

Mais pourquoi dans ce cas – alors que l’on félicite les uns -  s’acharner avec une telle constance et une telle haine, il faut le dire, contre les autres, ceux qui distribuent soupe « au cochon » et autres sandwiches aux membres, tout aussi démunis, d’une autre communauté?

« Non, la France ne doit pas oublier le déshonneur et la lâcheté de tous ceux qui ont permis et facilité la persécution et la déportation de 76 000 juifs Français. Notre pays, grâce en particulier à l’action du président Jacques Chirac, regarde aujourd’hui son passé en face. Fidèle à son devoir de mémoire, la France veut garder vivant le souvenir de ces années noires, le transmettre aux jeunes générations pour que plus jamais l’irréparable puisse être commis. Vous avez évoqué, M. le Président, le camp des Milles. Je vous confirme que le financement de cette opération sera bientôt réalisé. Comme vous, je  souhaite que ce lieu soit préservé et ouvert au public pour qu'il devienne un lieu de mémoire des crimes qui s'y sont commis. »

medium_milles.2.jpgLe camp des Milles, du nom d’un village des Bouches-du-Rhône, a été un camp essentiellement de transit, qui a vu passer environ 10 000 internés, de septembre 1939 à sa fermeture en 1943. Il est célèbre notamment pour avoir hébergé un certain nombre d’artistes, dont le peintre Max Ernst, artistes qui tous, d’ailleurs, le quitteront plus ou moins rapidement pour des cieux plus cléments. Les Etats-Unis en général.

Ce « lieu de mémoire » avait été quasiment oublié, puis « redécouvert » par des historiens au milieu des années 80. Depuis cette « redécouverte », une association, Mémoire du camp des Milles, présidée par Alain Chouraqui, directeur de recherches au CNRS, a été créée. Son objectif  est de créer sur le site un Mémorial afin de montrer aux générations futures les « résistibles engrenages des intolérances » et la « responsabilité de l’homme ordinaire ». Ceci dit, l'association, qui semble manquer de matériel, lance un avis de recherches pour documents et témoignages.

Les collectivités locales et l’Etat ont bien sûr été priés de mettre la main au portefeuille. Dans son discours, le premier ministre annonçait donc au CRIF la bonne nouvelle du bouclage du financement : 13,8 millions d’euros. Rien n’est trop cher pour l’édification des générations futures.

« Nous avons également renforcé les liens entre nos deux peuples, grâce à des projets ambitieux. A travers le « groupe de haut niveau », que j’avais mis en place dès 2002 comme ministre des Affaires étrangères avec mon ami Shimon Pérès, grâce aux premières actions développées en 2006 par la « Fondation France-Israël », voulue par  le Président de la République et Ariel Sharon et qui verra le jour dans les mois qui viennent, la compréhension entre nos deux sociétés s’est encore approfondie. 

medium_fondation.jpgUne Fondation France-Israël, destinée à renforcer les échanges entre nos deux grands pays, va donc voir le jour très prochainement. En attendant ces lendemains radieux, une Association pour la Fondation France-Israël a d’ores et déjà été créée en décembre 2005. Certains projets ne traînent pas. Dès février 2006, cette association organisait, en collaboration avec le CRIF, un voyage des étudiants de l’école de journalisme de Sciences-Po Paris….en Israël. Les jeunes futurs journalistes français ont été invités à découvrir la « complexité israélienne ». Amusant, non ?

Gageons que cette Fondation ne manquera pas de généreux parrains. Dès décembre 2006, le Conseil général des Hauts de Seine, présidé par un certain Nicolas Sarkozy, lui apportait déjà  sa modeste obole : 60 000 euros. Pour commencer.

Commentaires

Il est rigoureusement impossible qu'à force de matraquage, cette obsession mémorielle ou ce masochisme mnémonique, au choix, ne produise pas l'effet opposé à celui recherché. Pour ma part, je suis en train de développer une allergie totale au "devoir de mémoire" outrageusement sélectif dont on ne rebat les oreilles avec des moyens de désinformation bien supérieurs à ceux du Big Brother de George Orwell. Ainsi, je commencerai à envisager de faire brûler ma pincée d'encens devant la statue de la Shoah lorsqu'on commémorera AUSSI le génocide vendéen, les exécutions sauvages et les condamnations à mort expéditives de l'Epuration, le massacre de la rue d'Isly et autres hauts faits de la haine révolutionnaire antifrançaise.

Écrit par : Martial | 16/05/2007

J'en ai marre d'être leur esclave. Mon grand-père (il était ouvrier, pas esclavagiste) a caché deux Russes pendant la guerre (qui, il est vrai, ne s'appelaient pas Lev Bronstein ou Genrikh Yagoda) et n'en a jamais tiré aucun profit. La France est passée de 4ème puissance mondiale à 28ème. Cela mérite un procès et des dédommagements pour spoliation d'héritage.

Écrit par : Hervé | 16/05/2007

le camp des milles... c'est fou ce qu'on apprend de choses à mesure que le temps passe...
marseillais né au début des années 40 je n'ai jamais entendu parler de ce camp pendant les 45 premières années de ma vie...
de même que d'une maison de transit d'enfants juifs en partance pour les camps allemands située dans le XIIIè arrondisssement de marseille. et pourtant depuis une bonne quinzaine d'années celle-ci donne lieu chaque année maintenant à de nombreuses commémorations et dépôts de gerbes devant le mémorial érigé à l'emplacement de cette maison. les vieux habitants du voisinage interrogés ont dû perdre la mémoire car ils ne se souviennent aucunement de ces atrocités...
puisque vous parlez de républicaine sollicitude je vous signale que celle-ci ne s'exerce pas à égalité pour tous les citoyens !
regardez le scandale touchant les orphelins de guerre pupilles de la nation !
2 lois du début des années 2000 ont dédommagé ces orphelins à raison au choix d'environ 30000 euros ou d'une rente d'environ 450 euros par mois. mais ces lois ne s'exercent que pour les enfants de juifs morts dans les camps ou pour les victimes de la barbarie nazie. tous les jeunes français dont un parent est mort les armes à la main ou des suites de ce conflit en défendant la France n'ont droit à aucune réparation ! quelle discrimination !
oui vraiment c'est écoeurant.
http://perso.orange.fr/pupillesanpnogd/index.htm
http://www.pupilles-homega.org/index.php

Écrit par : esprit5 | 16/05/2007

c'est vrai que nous n'avons pas les mêmes valeurs.
Mon grand-père avait 3 fils l'un est mort en juin 40 à la tête de ses hommes sur la Marne et ce n'était pas d'une balle dans le dos, le second a été parmi les tous premiers à passer au Royaume-Uni avec des pêcheurs de l'île de Sein, le troisième est passé en Afrique du Nord, un peu plus tard, après un stage amaigrissant de quelques mois à Miranda de triste mémoire.
Tout le monde ne pouvait pas attendre aux Milles son paquebot pour New York.

Écrit par : Paul-Emic | 16/05/2007

le premierdes 2 liens concernant les orphelins de guerre discriminés ne fonctionnant plus je me permets de vous donner le lien mis à jour:
http://pupilles.anpnogd.free.fr/

Écrit par : esprit5 | 16/05/2007

Quand je pense que, pour sauver les juifs de Pologne, la France du Cartel des gauches de Blum et consort, alors qu'elle aurait été bien inspirée d'opter comme l'Espagne pour la non-belligérance, a préféré déclarer la guerre à l'Allemagne surpuissante, sans attendre de l'avoir préparée (ce que firent les Américains) ; quand je pense que la France a été intégralement rasée (plus par les Américains que par les Allemands, il faut le dire) ; quand je pense que nous y avons tout perdu, nos hommes, nos femmes, nos enfants, nos maisons, nos entreprises, nos monuments antiques, et même notre honneur que les Licrateux traînent dans la boue depuis lors ; quand je pense que ces mêmes Licrateux étaient bien tranquillement réfugiés en Amérique pendant que l'on combattait pour ainsi dire pour eux ; quand je pense que, de retour en France après la guerre, ils osent réclamer, qui une toile de maître disparue, qui un lingot d'or dérobé ; je me dis que certains individus n'ont vraiment aucune pudeur, et qu'ils se damneraient pour trois sous. Ne serait-ce pas plutôt à nous de leur réclamer des indemnisations ? Nous avons donné notre sang, et bien plus encore, ne serait-ce pas la moindre des choses qu'ils nous donnent leur or, or dont on aimerait d'ailleurs bien connaître l'origine. Et puis, au fait, que faisait-il en Suisse, cet or ? Fraude fiscale ? Quel exemple de patriotisme ! Ze n'est ba bien du tout, za, bedites coquines...

Écrit par : S. de La Pâture | 17/05/2007

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