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30/04/2007

BRUXELLES : ENCORE UN TOUR DE VIS A LA LIBERTE D’EXPRESSION

medium_Reviso051120.jpgPendant que nous avions le dos tourné, les yeux rivés sur la fin de la campagne et les résultats du premier tour, on s’activait à Bruxelles. Les ministres européens de la Justice sont parvenus à accoucher l’autre semaine d’un avorton destiné à lutter une énième fois contre le racisme et le négationnisme. Je dis avorton, car ce compromis prévoyant un certain nombre de sanctions pénales communes est finalement assez éloigné de ce dont rêvaient les apôtres de la pensée unique et obligatoire.

Mais certainement pas grâce à la France, comme vous pouvez vous en douter. Ni à l’Allemagne qui, au nom de « son devoir historique particulier » se croit apparemment obligée d’en rajouter encore et toujours dans l’autoflagellation.

Mais grâce aux anglo-saxons, Angleterre et Irlande, et aux pays nordiques qui souhaitaient, eux, - qu’ils en soient ici remerciés – conserver la liberté d’expression la plus large possible. Les efforts d’harmonisation européenne dans ce domaine sont « non seulement anti-libéraux, mais absurdes, car l’UE n’a pas à légiférer sur l’histoire », a déclaré Graham Watson, leader britannique des eurodéputés centristes.

Et grâce aux pays baltes et à certains pays de l’est, qui, dans la foulée, ont demandé un traitement parallèle entre les crimes staliniens* et nazis. Ennuyeux, ça.

Alors, dans un grand élan de générosité, histoire de les calmer, l’Union Européenne s’est fendue d’une Déclaration dans laquelle elle déplore les crimes commis pour d’autres raisons par des régimes totalitaires. C’est quand même sympa de déplorer, non ? Elle n’y était pas obligée, après tout. Même que, lorsqu’elle aura le temps, elle a promis d’étudier la possibilité de légiférer là-dessus.

L’Italie, elle aussi, mérite une citation. A la suite d’un manifeste publié par quelque 200 historiens italiens qui dénonçaient le risque d’une « vérité historique d’Etat », le gouvernement italien a renoncé il y a quelques semaines à introduire le délit de « négation de la shoah » dans le code pénal italien.

* Cet entêtement à parler des crimes « staliniens » est des plus suspects. Nous savons bien tous ici sur ce blog qu’il s’agit des crimes « communistes » perpétrés DES LE TOUT DEBUT. On ne le répétera jamais assez.

29/04/2007

LE PEN: LA DERNIERE VALSE

medium_images.38.jpgC’est sous ce titre que Claude Askolovitch, du Nouvel Observateur, se pourlèche littéralement les babines en racontant la soirée électorale et la campagne erratique de Jean-Marie-Marine. Ca aurait pu s’appeler aussi On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.

La soirée électorale, d’abord : « Encore alerte, le vaincu ! Le Pen gambille, la jambe souple, il entraîne sa femme Jany au bal des dupes, tandis que les haut-parleurs balancent « Hot Stuff » de Donna Summer, « On va s'aimer », de Gilbert Montagné, héros disco des gentilles années 1980... (…) Elle est tellement vraie, cette soirée du 22 avril, quand on veut comprendre le mal douceâtre qui a emporté Le Pen ! Le disc-jockey de la soirée a voté Sarkozy, ce sont des copains frontistes qui l'ont branché sur ce plan... Le jeune couple qui chaloupe à côté de Le Pen ? Eux ausi sont sarkozystes, des lycéens UMP de 18 ans ! Ça sent Neuilly ou Saint-Cloud.

«Ça ressemble à un rallye des gens chics de mon bahut», se marre Yacine, 17 ans, qui s'éclate avec son maillot de l'OM sur le dos et podcaste la soirée : il balancera tout ça sur dailymotion. Marion, une petite-fille de Le Pen, est sa copine, elle l'a invité : lui, rebeu, fils de Tunisiens, sympathisant des Verts et militant de la Gay Pride : «Je suis pas homo, mais la Gay Pride, c'est une teuf géniale!» Le Front ausi, comme teuf, ça le fait. (…) C’est ainsi que le FN enterre son rêve : dans une boum ».

Tout aussi cruelle, l’analyse de la campagne, mais ô combien conforme à la réalité : « …Ce qui frappe, dans cette histoire, c'est la bulle onirique qui explose. Le Pen a beaucoup rêvé depuis cinq ans. Il a cru que le 21 avril 2002 était sa victoire, quand elle n'était que la défaite de Jospin. (…) L'histoire est cocasse. Le Pen, vomi en 2002, a cette fois été soutenu par le « système ». De tous les candidats, il est le seul à avoir été surévalué par les sondages ! La gauche et les médias l'ont épargné, se formalisant à peine quand il a attaqué Sarkozy sur son origine étrangère.(…) Le Pen ronronnait. Les mouches avaient changé d'âne. Le seul diable était Sarko. Le Pen, lui, était un homme, du «centre-droit», disait-il. On lui parlait du peuple. Il avait de nouveaux amis. L'écrivain Alain Soral le posait en héritier de Marx ! Etait-ce drôle ? Etait-ce doux ! »

Oui, il a rêvé, au lieu de mettre ses troupes en ordre de marche. Et il s’est fait rouler dans la farine par le système. L’intégralité de cet article excellent, vous la lirez si vous en avez le courage, dans le Nouvel Obs de cette semaine. Claude Askolovitch jubile et il a raison. Finalement, que la semaine prochaine sorte du chapeau l’un ou l’autre, quelle importance, n’est-ce pas ? L’essentiel n’est-il pas ailleurs ?

Nous aussi, nous le savons bien que l’essentiel est ailleurs et qu’il faudra un jour attaquer les problèmes de fond et les responsabilités réelles. Il n’y a curieusement qu’une seule réaction à cet article, mais elle est excellente et ce sera le mot de la fin. Elle dit en substance : « Vous rigolez aujourd’hui, mais sachez-le, la relève existe et elle sera plus dure ».

Oui, elle sera plus dure.

27/04/2007

JAMAIS RESPONSABLES, JAMAIS COUPABLES

medium_images.37.jpg« Ce n’est pas une défaite, c’est une absence de victoire » : ça s’appelle de la dialectique, ça ? Auquel cas les marxistes de l’entourage de Le Pen lui auront au moins servi à quelque chose. Mais poursuivons : « Elle est due à l’aveuglement des Français. Ils ont été abusés mais je leur prédis des lendemains qui déchantent ». Forcément, ça ne peut être que de la faute de ces stupides Français, toujours prêts à se laisser berner, pour rester polis. Ce serait de la faute de qui, sinon ?

« Nous avons gagné la bataille des idées, c’est une victoire idéologique, un acquis irréversible du FN ». Ca, c’est beau comme l’antique. Transformer une déculottée en victoire idéologique, il n’y a pas de doute, JMLP a bien profité des leçons de ses experts. Ce n’est plus « responsable, mais pas coupable », c’est, une fois de plus, « ni responsables, ni coupables ».

Cette réaction du président du Front national est en tout cas parfaitement révélatrice de l’état d’esprit qui prévaut au FN – et qui a toujours prévalu - et de ce que nous pouvons en espérer à l’avenir. C'est-à-dire, pas grand-chose. Car qu’attendre d’un mouvement qui ne sait pas reconnaître ses erreurs, même les plus manifestes, ni se remettre un tant soit peu en question ?

J’ai toujours pensé que Jean-Marie Le Pen avait raté une occasion historique au soir du premier tour en avril 2002. Ce soir-là, il avait l’occasion de se transcender, de passer enfin du statut de chef de clan à celui, véritablement, de chef de parti. Comment ?  En sifflant la fin de la récréation, en pardonnant publiquement sans arrière-pensée des offenses largement réciproques, et en rassemblant à nouveau  l’INTEGRALITE du camp dit « d’extrême-droite » derrière lui. Ce soir-là, il pouvait le faire et il aurait été suivi d’enthousiasme. S’il l’avait fait, il aurait initié une vraie dynamique qu’il avait ensuite cinq ans pour organiser de façon offensive. Mais voilà : il avait d’autres vues sur la boutique et il ne fallait surtout pas faire de courant d’air.

Il a donc continué à rejeter tous ceux qui n’avaient pas le doigt sur la couture du pantalon. Tous ceux qui, malgré tout, au long de ces années, ont continué à défendre leurs idées, tout en souffrant d’une double exclusion : celle du système, qui était normale, et celle du FN, qui était injuste et suicidaire pour tous. Résultat : au lieu de se développer, le FN s’est rétréci, étriqué, et le duo Jean-Marie-Marine a été perçu comme tel. Le qualifier, comme je l’ai entendu, de « laboratoire d’idées », c’est faire preuve d’un sens de l’humour particulièrement débridé. Franchement, si l’heure était à la rigolade, ce serait même à hululer de rire.

A quelque chose malheur est bon. Nous sommes à un tournant de notre combat et devons nous demander ce que nous voulons continuer à défendre en priorité : est-ce l’identité ? est-ce la république ? est-ce la nation ? est-ce l’Europe de la puissance ?

Nous devons aussi nous demander si l’avenir de nos idées passe obligatoirement par un mouvement qui, outre qu’il ne les partage pas forcément, ne semble toujours pas décidé à pratiquer l’ouverture et l’union. Ce qui serait préférable pour tout le monde. Mais, si ce n’est pas possible…

26/04/2007

VOTER SARKOZY ? VOTER ROYAL ?

medium_images.36.jpgJe constate que la bataille fait rage dans notre camp et que l’on s’étripe joyeusement (une fois de plus !) pour savoir s’il vaut mieux voter « Sarko » ou « Ségo » au second tour. Je donne à dessein les surnoms qui sont habituellement employés – Sarko, Ségo – pour affirmer avec force que c’est une faute. Et une très grande faute, que d’attribuer des diminutifs « affectueux » à nos ennemis du système. Nous ne devons jamais entrer dans ce jeu-là. C’est déjà entrer dans une connivence qui est la leur, pas la nôtre. Nos ennemis, eux, qui sont plus malins que nous, ne commettent JAMAIS ce genre d’erreur à notre égard. Vous allez me dire que c’est un point de détail. Je ne le crois pas, ces termes finissent par entrer de façon subliminale dans l’esprit des gens et les influencent, même malgré eux.

Revenons à notre bataille, ou pseudo-bataille. Car elle est finalement bien utile pour escamoter quelques sujets qui fâchent, non ? Tant qu’on parle de ça, on laisse un peu le reste de côté… Je ne pense pas que nous ayons intérêt à choisir entre la peste et le choléra. Chacun des deux à sa façon sera le pire pour nous et puisque les électeurs nous ont éjectés (non sans quelques raisons, reconnaissons-le), laissons le système se débrouiller sans plus nous en mêler. D’ailleurs, nous avons plus urgent à faire. Si encore l’un des deux candidats s’était engagé en faveur de la proportionnelle, on aurait eu une vraie raison de s’interroger …

Je soumets à votre réflexion les deux textes suivants : le premier de Jacques Marlaud, maître de conférences en sciences de l’information à l’Université de Lyon III, proche de la « Nouvelle Droite », et le second de Konk, paru sur son blog, qui, avec son humour et sa finesse habituels, arrive à la même conclusion :

Jacques Marlaud : « La logique du barrage, telle qu'elle est prônée par Pierre Vial  est une logique pro-système puisque le tout sauf Sarko devient vive Sego. 
Face au système, il paraît franchement plus intelligent d'adopter la logique du "ni... ni... et advienne que pourra, mais sans ma participation", car ces petits messieurs vont faire le compte de l'abstention (plus encore que des votes blancs ou nuls), comme on l'a vu au 1er tour où l'on se félicitait du civisme et de l'esprit "démocratique" des Français, c'est à dire du bon fonctionnement de leur système à exclure toute troisième voie. Une abstention massive serait un signal fort, mais il ne faut pas trop y compter car, justement, beaucoup de monde se laisse prendre à ce dérisoire petit jeu.
Au ler tour, il était encore possible de perturber le système en votant pour le tiers exclu qui avait le plus de chance de détrôner l'un des deux partis de l'alternance (Bayrou plutôt que Le Pen, c'était évident, car le seul apte à battre Sarkozy au 2e tour, donc le seul aussi à pouvoir rétablir la proportionnelle).

Après cela, dans le désordre suscité par le reflux des partitocrates "républicains" droite-gauche, il aurait été plus facile d'entrer dans l'interstice (pour ceux qui ont le tempérament activiste) qu'avec le double verrouillage UMP-PS de l'horizon politique français qui nous pend au nez pour 5, voire 10 ans. Le véritable esprit révolutionnaire consiste à saboter le système et non à se prêter au jeu consistant à faire barrage à l'un de ses membres en favorisant l'autre.
Rien ne prouve que Ségolène sera moins nocive , moins atlantiste, moins pro-israélienne que Sarko.
Sa jobardise n'est peut-être plus à démontrer, mais elle est entourée de redoutables prédateurs aux dents longues  qui ne laisseront rien passer. Par ailleurs, Sarko veut de la discrimination positive mais elle veut régulariser massivement les sans-papiers. Est-ce mieux, est-ce pire ?

Alors black bonnet ou bonnet black, il faut blackbouler tout ça en ne collaborant pas avec le système ! Si vous me suivez, le 6 mai, il vaut donc mieux crapahuter dans la campagne fleurie, faire le marché aux puces local ou entamer un bon livre... tout plutôt que voter Ségo ou Sarko. »

Konk : QUE FAIRE LE 6 MAI? 

« Je me serais assez bien vu conseiller spécial du Président Le Pen ou du 1er ministre Gollnisch. Vous l'avez sans doute remarqué, j'ai un avis sur tout et je le donne volontiers... De temps en temps, une 607 bleu nuit serait passée me prendre pour m'emmener au petit aérodrome de Gray où m'aurait attendu un des hélicos de la Présidence, 1h1/2 de vol et me voici dans le jardin de l'Elysée ou de Matignon (à moins qu'il ne faille se poser à l'héliport de la Porte de Sèvres?)... On discute, on mange, je dors dans la petite chambre qui m'est réservée et le lendemain midi je suis chez moi. Et j'aurais fait ça pour pas cher, avec 1000 ou 2000 euros par mois je leur disais tout ce qui me passait par la tête. Je suis persuadé que j'aurais pu être utile...N'en parlons plus! Le Pen a perdu tout espoir d'être Président et moi d'être un jour du bon côté de la barrière. Les électeurs ont tranché: ils ne veulent pas de nous, faut pas s'imposer.

Que faire maintenant pour le 2e tour? Vous connaissez mon petit penchant pour Ségolène, elle est tellement plus sexy que Nicolas et elle peut donner une si jolie image de la France à l'étranger que je vous dirais bien de voter pour elle... Mais faut peut-être pas exagérer! Certains vont penser qu'il faut éviter à tout prix le retour de la gauche... Moi je dis qu'on ne doit pas s'en mêler, tout ceci ne nous regarde plus. »

http://konktextes.over-blog.com

25/04/2007

Election présidentielle : les raisons de l’échec programmé de Le Pen...

medium_images.34.jpgRobert Spieler, président d’Alsace d’Abord, analyse en ces termes la campagne et les résultats du FN :

« Député du Front National de 1986 à 1988, j’avais décidé de quitter ce parti en 1989 pour créer le mouvement régionaliste Alsace d’Abord. Je l’ai quitté car j’étais en désaccord avec une dérive (déjà) jacobine et aussi parce que je n’acceptais pas le mode de fonctionnement de ce mouvement.

J’ai bien connu Jean-Marie Le Pen. Formidable orateur, courageux et doué souvent d’intuitions fulgurantes, doté d’un charisme exceptionnel, il sut rassembler, avec à ses côtés Jean-Pierre Stirbois, en 1984, toutes les forces nationales et identitaires. Ses défauts sont à la hauteur de ses qualités : jugeant les hommes à l’aune de leur servilité à son égard, écartant ceux qui ont l’audace d’exprimer des désaccords, pratiquant le népotisme et le clanisme, incapable de prendre de la hauteur quand les circonstances l’exigeaient, il refusa de construire un parti structuré et rassembleur, doté d’un vrai centre de formation de cadres, organisé sur le terrain, condition sine qua non d’une implantation durable.

Je lui conserve, malgré tout, mon respect. Mais j’exprime aussi mes regrets quant au rôle historique qu’il aurait pu jouer et qu’il n’a pas su jouer. J’ai, depuis 1989, observé un devoir de réserve. Par respect pour des amis qui sont restés au FN, et aussi parce que je ne fais pas partie de ceux qui « crachent dans la soupe » et qui croient se faire pardonner par l’adversaire en insultant ceux qu’ils ont soutenu hier.

Les cinq raisons de l’échec de Le Pen :

Je vous propose mon analyse de la chute programmée du Front National et de Le Pen.

Marine Le Pen, Louis Aliot (Secrétaire général) et un petit clan, dont Alain Soral qui se définit comme marxiste, avaient pris le contrôle de la campagne présidentielle de Le Pen. Ils portent une responsabilité majeure dans cet effondrement. Certes, Sarkozy a mené une excellente campagne, certes il a su faire un hold-up sur certains thèmes du Front National que Le Pen abandonnait au même moment... Certes...

 1- L’absurde positionnement « républicain »…

Je n’évoque évidemment pas la République comme mode d’organisation institutionnelle, que peu de citoyens contestent, mais la République issue de la Révolution et qui fut responsable notamment du génocide vendéen. Lancer sa campagne présidentielle à Valmy, c’était pour le moins rendre hommage à une Révolution massacreuse qui fut à l’origine des Etats-Nations et de toutes les guerres civiles européennes qui ensanglantèrent les XIXe et XXe siècles, entraînant des dizaines de millions de morts et l’affaiblissement peut-être définitif de l’Europe.

Rendre hommage à Clémenceau, que j’ai qualifié dans un récent article sur mon blog, de « géniteur d’Hitler », était une faute. Clémenceau, en refusant en 1916 les offres de paix de l’Autriche-Hongrie, mena au massacre plusieurs centaines de milliers d’Européens avec les conséquences désastreuses que l’on connaît. Le Pen, prenant à son compte ces symboles, tant de la gauche que de la droite dite « républicaine », il ne fallait pas s’étonner que les électeurs appliquent l’adage qu’il affectionne et préfèrent l’original à la copie.

Quitte à voter « républicain », un quart des électeurs du FN ont voté Sarkozy.

 2 - Chercher les voix chez les immigrés : une stratégie suicidaire…

L’erreur majeure de Le Pen fut de tenter d’aller chercher ses voix dans les banlieues. Pas auprès des « petits blancs » qui lui ont toujours apporté massivement leurs suffrages. Non ! Il préféra s’adresser aux « jeunes » et aux personnes « issues de l’immigration » auxquelles il lança un appel sur la dalle d’Argenteuil, les qualifiant de « branche de l’arbre France ».

Quant à l’affiche avec la beurette, voilà encore un bel exemple d’erreur de communication. Croire que les jeunes issus de l’immigration se précipiteraient dans les bras de Le Pen procédait  d’une suicidaire illusion. Les électeurs du FN et les identitaires veulent une Alsace alsacienne, une France française et une Europe européenne. Ils ne veulent pas d’une Alsace turque, d’une France algérienne ni d’une Europe africaine. C’est même le fondement de leur combat et de leur engagement, le plus grand dénominateur commun de toutes les sensibilités identitaires, fussent-elles nationalistes, régionalistes, européennes, chrétiennes, royalistes, etc…

Il était suicidaire de prendre ainsi son électorat à contre-pied, et de nombreux électeurs ont préféré voter Sarkozy, interdit de séjour à Argenteuil pour cause de propos « kärchérisateurs », que Le Pen qui recueillait sans sourciller les youyous des femmes maghrébines.

A ceux qui, au bureau politique du FN réuni au lendemain du premier tour, formulaient quelques critiques quant à la stratégie menée, Farid Smahi, proche de Marine Le Pen,  rétorqua « Vous êtes des fascistes, vous êtes des racistes »… Cherchez l’erreur…

 3 - Marine, l’adversaire du régionalisme…

La troisième erreur majeure de Le Pen fut de tolérer que sa fille Marine tienne des propos insultants à l’encontre de ceux qui défendent des identités régionales: « Le bilinguisme, un danger pour l’unité de la République ! » et son secrétaire général, Louis Aliot, qui n’hésita pas à comparer le « communautarisme musulman » au « communautarisme » alsacien. Les Alsaciens ont apprécié : le FN s’effondre de 10 points.

On n’insulte pas impunément une identité enracinée, d’autant que, comme je l’ai démontré dans un article paru dans la revue Synthèse Nationale « Europe, Etats, Nations, quel avenir ? » (N°3, printemps 2007) à consulter sur mon blog ( www.robert-spieler.net  ), il n’y a pas contradiction entre l’attachement à sa Petite Patrie, à la nation France et à l’espérance d’une Europe de la puissance.

4 - L’insincérité de l’Union patriotique…

La quatrième raison de cet échec réside dans le bluff que fut l’appel à l’Union patriotique. L’idée était au demeurant excellente : rassembler toutes les forces nationales et identitaires en pratiquant le pardon des offenses, même si les offenses étaient partagées. Ce qui n’était, dans l’esprit de ses auteurs, qu’un piège destiné à Philippe de Villiers, recueillit un vrai écho.

Bruno Mégret, entre autres, y répondit favorablement. Etait-il sincère, était-il cynique et voyait-il là un moyen de revenir dans le « jeu politique », peu importe. Des associations, des responsables et des militants s’enthousiasmèrent pour une démarche qui aurait pu donner une vraie dynamique à Le Pen. Celle-ci fut torpillée par Marine Le Pen et Louis Aliot. Mégret fut une nouvelle fois humilié et interdit d’assister à la convention présidentielle de Lille.

Diviser pour mieux régner et mieux perdre…

5 - Le FN paye des années d’incurie

La cinquième raison de cet échec réside dans l’état lamentable du FN. Une partie des meilleurs cadres et des meilleurs militants a quitté le mouvement au fil des années, écoeurée par le népotisme, le fonctionnement non démocratique du mouvement, poussée vers la sortie à force de vexations. Le FN ressemble aujourd’hui davantage à une boutique familiale qu’à un parti organisé : une boutique où règne Marine Le Pen et un petit clan qui ne tolère pas la moindre contestation. J’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer. Il est impossible pour une femme ou un homme de qualité et de caractère, refusant la soumission, d’accepter sur la durée ce type de fonctionnement qui ressemble plus à celui d’une cour orientale qu’à celui d’un parti moderne, démocratique et conquérant.

Ils ont tout cassé. Eh bien, il nous faudra tout reconstruire. Partisans de l’idée nationale, régionalistes, militants de l’Europe de la puissance, nous devons faire front ensemble pour la victoire de nos idées et pour que vive notre civilisation.

Espérance et Résistance".

Robert Spieler

Président d’Alsace d’Abord

24/04/2007

VAUT-IL MIEUX ETRE DIABOLISE A 20% OU DEDIABOLISE A 10% ?

medium_images.33.jpgJe lis beaucoup depuis hier que la stratégie de dédiabolisation du FN voulue et menée par Marine Le Pen, directrice stratégique de la campagne de son père, a totalement échoué et a conduit le mouvement au score que l’on sait. A mon avis, c’est en réalité vrai et faux.

Certes, cette stratégie a échoué à produire des résultats satisfaisants pour le FN, c’est le moins que l’on puisse dire, mais elle a bel et bien réussi sur le fond : le discours du FN s’est trouvé effectivement dédiabolisé, pour la première fois, et a été présenté comme tel par les médias. Mais le résultat est particulièrement pervers pour les nationaux: c’est le système qui a tout naturellement récupéré la mise. Car les électeurs, face à deux discours relativement proches et tous deux dédiabolisés, ont  logiquement choisi l’efficacité. Vraie ou fausse, bien sûr. Là n’est pas la question, comme ils ne tarderont pas à s’en rendre compte.

Cela me conduit à me demander si le système n’a pas trouvé cette fois l’arme absolue pour réduire le FN comme un peau de chagrin, de l’intérieur puisqu’il n’y arrivait pas de l’extérieur. Et si cette arme absolue - si curieusement choyée par les médias -  qui va finir par offrir le FN sur un plateau au système, ne s’appelle pas Marine Le Pen.

23/04/2007

LA CLAQUE

medium_images.32.jpgEh oui, on l’a eu, le tsunami ! L’ennui, c’est qu’on l’a eu à l’envers, c’était juste une petite erreur de perspective. Je suis donc triste ce matin ? Oh non. Mais franchement stupéfaite par l’ampleur de la raclée.

Alors oui, à ce naufrage il y a quelques raisons qui échappent au FN : Sarkozy a largement braconné sur ses terres, il a promis monts et merveilles aux Français, qui l’ont cru. C’est vrai aussi qu’il incarne une nouvelle génération et nos concitoyens, éternels gamins, ont tendance à confondre jeunesse – relative – et innovation. Comme s’il n’y avait pas de jeunes cons ! Ce n’est pourtant pas ça qui manque. Et c’est vrai, les médias ont fait donner les grandes orgues en faveur des candidats du système, et la balance n’était pas égale, loin de là. Mais ce n’est pas nouveau, c’est même la routine.

Non, ce qui est arrivé hier soir, et qui nous touche tous - tous ceux qui sont engagés à des titres divers dans ce combat dit « d’extrême droite » et qui en paient le prix fort - est imputable en très grande partie au seul FN. Il a méconnu, depuis toujours, mais surtout depuis 2002, une règle essentielle du fonctionnement politique : un parti, ce n’est pas une famille. Ni un clan. Encore moins un duo. Un parti, ce sont des hommes et des femmes nombreux et divers, qui représentent des familles variées, et qui tous ont le droit, et le devoir, de s’exprimer. Un parti, ça peut s’engueuler à l’occasion, mais ça sait aussi se rassembler sur l’essentiel. Et ça peut même inviter des cousins éloignés repentis, à condition que ce soit sur des bases parfaitement claires et sans faire de grands écarts idéologiques.

Or, au lieu de donner l’image d’un parti riche de ses diversités ancrées dans l’histoire et la géographie de notre pays – ce qu’il aurait pu faire s’il avait honnêtement joué le jeu de l’union patriotique - le FN « new look » est apparu vidé de toute substance. Juste une vitrine bien éclairée, et plus grand chose dans la boutique. A force de vouloir séduire à tort et à travers les jeunes, les femmes, les banlieues, les verts, les rouges, les noirs, il a fini par faire fuir son électorat de base qui en a eu marre. Ca s’appelle lâcher la proie pour l’ombre et c’est mortel en politique.

En ce sens, la défaite cinglante, sanglante et sans appel qu’a connu hier soir le FN – et encore une fois, lui tout seul - est peut-être la plus formidable opportunité qui pouvait nous arriver. Car maintenant, il va quand même falloir se décider à recoller les morceaux et finir par proposer au pays une force de reconquête enfin crédible.

22/04/2007

EN CE JOUR DE VOTE....

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Clarens, Vaud, 26 septembre 1885

                                  Compagnons,

     Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n'est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l'exercice du droit de suffrage.

     Le délai que vous m'accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j'ai à vous dire peut se formuler en quelques mots.

     Voter, c'est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c'est renoncer à sa propre souveraineté. Qu'il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d'une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu'ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.

     Voter, c'est être dupe ; c'est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d'une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l'échenillage des arbres à l'extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l'immensité de la tâche. L'histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.

     Voter c'est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l'honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages  — et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l'homme change avec lui. Aujourd'hui, le candidat s'incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L'ouvrier, devenu contre-maître, peut-il rester ce qu'il était avant d'avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n'apprend-il pas à courber l'échine quand le banquier daigne l'inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l'honneur de l'entretenir dans les antichambres ? L'atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s'ils en sortent corrompus.

     N'abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d'autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d'action futur,  agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c'est manquer de vaillance.

     Je vous salue de tout cœur, compagnons

Élisée Reclus

Cette lettre a été adressée par Elisée Reclus à Jean Grave et insérée dans Le Révolté du 11 octobre 1885. Elisée Reclus enseigna et développa la géographie sociale dans ses très nombreux écrits. il fut par ailleurs anarchiste et sut mettre toute sa vie ses actes en conformité avec ses convictions. Il fut avant tout un esprit indépendant et rebelle. Un homme libre.

Ceci dit, cette lettre constitue un intéressant élément de réflexion. Rien de plus. AUJOURD'HUI, en ce 22 avril, les choses étant ce qu'elles sont et le système devenant de plus en plus totalitaire, IL FAUT utiliser cette arme du vote, même dérisoire, pour essayer de faire bouger les lignes et d'imposer des changements. C'est la seule que nous ayons pour le moment.