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29/04/2007

LE PEN: LA DERNIERE VALSE

medium_images.38.jpgC’est sous ce titre que Claude Askolovitch, du Nouvel Observateur, se pourlèche littéralement les babines en racontant la soirée électorale et la campagne erratique de Jean-Marie-Marine. Ca aurait pu s’appeler aussi On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.

La soirée électorale, d’abord : « Encore alerte, le vaincu ! Le Pen gambille, la jambe souple, il entraîne sa femme Jany au bal des dupes, tandis que les haut-parleurs balancent « Hot Stuff » de Donna Summer, « On va s'aimer », de Gilbert Montagné, héros disco des gentilles années 1980... (…) Elle est tellement vraie, cette soirée du 22 avril, quand on veut comprendre le mal douceâtre qui a emporté Le Pen ! Le disc-jockey de la soirée a voté Sarkozy, ce sont des copains frontistes qui l'ont branché sur ce plan... Le jeune couple qui chaloupe à côté de Le Pen ? Eux ausi sont sarkozystes, des lycéens UMP de 18 ans ! Ça sent Neuilly ou Saint-Cloud.

«Ça ressemble à un rallye des gens chics de mon bahut», se marre Yacine, 17 ans, qui s'éclate avec son maillot de l'OM sur le dos et podcaste la soirée : il balancera tout ça sur dailymotion. Marion, une petite-fille de Le Pen, est sa copine, elle l'a invité : lui, rebeu, fils de Tunisiens, sympathisant des Verts et militant de la Gay Pride : «Je suis pas homo, mais la Gay Pride, c'est une teuf géniale!» Le Front ausi, comme teuf, ça le fait. (…) C’est ainsi que le FN enterre son rêve : dans une boum ».

Tout aussi cruelle, l’analyse de la campagne, mais ô combien conforme à la réalité : « …Ce qui frappe, dans cette histoire, c'est la bulle onirique qui explose. Le Pen a beaucoup rêvé depuis cinq ans. Il a cru que le 21 avril 2002 était sa victoire, quand elle n'était que la défaite de Jospin. (…) L'histoire est cocasse. Le Pen, vomi en 2002, a cette fois été soutenu par le « système ». De tous les candidats, il est le seul à avoir été surévalué par les sondages ! La gauche et les médias l'ont épargné, se formalisant à peine quand il a attaqué Sarkozy sur son origine étrangère.(…) Le Pen ronronnait. Les mouches avaient changé d'âne. Le seul diable était Sarko. Le Pen, lui, était un homme, du «centre-droit», disait-il. On lui parlait du peuple. Il avait de nouveaux amis. L'écrivain Alain Soral le posait en héritier de Marx ! Etait-ce drôle ? Etait-ce doux ! »

Oui, il a rêvé, au lieu de mettre ses troupes en ordre de marche. Et il s’est fait rouler dans la farine par le système. L’intégralité de cet article excellent, vous la lirez si vous en avez le courage, dans le Nouvel Obs de cette semaine. Claude Askolovitch jubile et il a raison. Finalement, que la semaine prochaine sorte du chapeau l’un ou l’autre, quelle importance, n’est-ce pas ? L’essentiel n’est-il pas ailleurs ?

Nous aussi, nous le savons bien que l’essentiel est ailleurs et qu’il faudra un jour attaquer les problèmes de fond et les responsabilités réelles. Il n’y a curieusement qu’une seule réaction à cet article, mais elle est excellente et ce sera le mot de la fin. Elle dit en substance : « Vous rigolez aujourd’hui, mais sachez-le, la relève existe et elle sera plus dure ».

Oui, elle sera plus dure.

Commentaires

Cet article a un succès fou. Askolovitch a le triomphe très lyrique. Quelle est belle, cette histoire du Tunisien homophile-vert qui fraie avec Marion, petite fille de Le Pen, et porte un t-shirt de l'OM (victoire subliminale de Bernard Tapie et d'une ancienne ville Française désormais conquise par les arabes). Est-elle déjà enceinte, de lui ou de l'un de ses amis ?
Rira bien qui rira le dernier.

Écrit par : Hervé | 29/04/2007

Démentiel...

Écrit par : Nicolas | 29/04/2007

Le Nouveau Snobservateur est vraiment un abominable torchon. Et ce n'est pas parce qu'un de ses chiens courants constate qu'il fait jour à midi qu'on doit absolument le citer. Ces infects bobos sauteront tous un jour de grand soir, alors qu'ils se délectent bien des "malheurs" nationaux tant qu'ils le peuvent encore : Every man should have a taste at power before he's through (citation de "Rio Bravo").

Écrit par : Martial | 29/04/2007

Eh oui ! Le Pen n’aura jamais été finalement qu’une baudruche et celle-ci vient de nous péter à la figure. Le Système peut jubiler : il nous a bien eus !

Du coup, on peut même s’interroger sur ce que représente véritablement cette idée de "dédiabolisation" qui semble des plus ambiguë. On a en effet l’impression que l’image négative de Le Pen et du FN en général dans les médiats est due à ce qu’ils sont et qu’il leur revient donc d’apparaître autrement pour y remédier. En réalité, ils n’ont rien de spécialement diabolique et n’ont rien fait ou dit non plus qui puisse justifier l’opprobre dont on les a couverts. Ce sont leurs ennemis, pour les besoins de leur propagande, qui les ont maquillés en démon en travestissant leurs propos, en leur prêtant même des intentions qu’ils n’avaient pas forcément, comme on s’en rend bien compte maintenant. Dans ces conditions, la "dédiabolisation" ne pouvait être que de leur fait, en fonction de leurs intérêts et stratégies. Tout ce que le FN lui-même pouvait faire était d’affermir davantage ses positions auprès de ses propres partisans, tout en s’efforçant de convaincre le reste des Français, puisqu’il se donnait pour vocation de représenter leurs intérêts, en dépit du Système. Mais au lieu de cela, la stratégie électoraliste du FN avait consisté à amadouer ses adversaires en édulcorant son propre discours, au point de donner l’impression de se renier. Un revirement d’autant plus malheureux que, justement, de plus en plus de Français étaient séduits par leurs positions, et ce malgré leur diabolisation, ou peut-être même pour certains, grâce à celle-ci.

C’est dire la bévue de ceux qui ont mené cette campagne aberrante ! A moins qu’il ne faille tout simplement comprendre que c’est "délibéré", dans ce sens que les amateurs de "dédiabolisation" aspirent eux-mêmes à rejoindre le Système au lieu de continuer à l’affronter. Les véritables dindons de la farce seraient alors nous autres qui avons cru que ce mouvement cherchait à défendre nos intérêts, et non ceux des clans qui le dirigent.

Écrit par : Radwulf | 30/04/2007

Il y a belle lurette que nous avons compris, en tout cas ici en Alsace, que le FN ne servait que de fonds de commerce à la famille Le Pen. Mais difficile de le faire admettre à tout un chacun. Cette déroute va sans doute déciller quelques yeux et en ce sens, elle est largement salutaire pour l'avenir de nos idées. Idées qu'il va d'ailleurs falloir clarifier.

Écrit par : anne kling | 30/04/2007

La vérité, c'est qu'on ne peut plus rien, désomais, contre le mensonge polymorphe que véhicule la "déesse aux cent bouches". La vérité, c'est que la propagation systématique de ce mensonge est facilitée par la crétinisation non moins systématique des "consommateurs d'information". C'est à un processus véritablement diabolique qu'on assiste, et le piège a parfaitement fonctionné, ainsi que le constate Radwulf : en cherchant à se "dédiaboliser" avec la complicité intéressée de la "déesse aux cent bouches", le FN a perdu son âme et, partant, son électorat. On ne gagne jamais à édulcorer son discours. On gagne toujours à rester "droit dans ses bottes". Le Menhir vieillissant s'est laissé tenter par la démagogie de Fifille, comme son ennemi Chirac s'était laissé tenter par celle de sa fille à lui (cf. l'épisode Madonna, où le hanneton bientôt sortant de l'Elysée a crevé tous les planchers du ridicule). Le Pen sort de la politique sur un fiasco, et c'est infiniment triste pour un homme qui reste respectable, ne serait-ce qu'en raison du courage dont ce Breton de granit a si longtemps fait preuve contre vents et marées.

Reconstruire ? COMMENT, AVEC QUI ET SUR QUOI ?

Écrit par : Martial | 30/04/2007

Je ne vous suis pas du tout dans ce lynchage du Front et de Le Pen. Que pouvaient faire les dirigeants du FN pendant toutes ces années de galère ? Sortir de la légalité en appelant à l'insurrection ? Hors l'action difficile de Le Pen (une véritable passion de Jésus Christ) l'insurrection armée type OAS est la seule "solution" pour changer le cours des choses. Et qui parmi vous est capable et prêt à organiser cela ? Tous vos écrits aussi beaux et censés qu'ils soient ne pourront qu'amener à la création d'un énième mouvement politique qui n'aura pas plus d'influence sur le cours des évènements que ce que n'en a eu le Front.
Je garde ma confiance en Le Pen et le remercie pour ce qu'il a fait pour notre pays.

Écrit par : esprit5 | 30/04/2007

Libre à vous de penser cela. Pendant ce que vous appelez ces années de galère, il fallait construire un grand parti sur une base militante solide, qui existait et ne demandait qu'à se développer. Et pour cela, il fallait RASSEMBLER, encore et toujours rassembler. Voilà ce que n'a jamais su faire Le Pen. Et que dire de son népotisme? Vous parlez des dirigeants du FN, lesquels? Une campagne réduite en tout et pour tout à deux personnes, c'était crédible aux yeux de l'électorat? Mes critiques ne datent pas d'aujourd'hui. Relisez "De l'art de désespérer son camp" (mi-janvier) ou "Karl Marx serait-il aujourd'hui lepéniste?" de février. Vous verrez que l'inquiétude face à cette campagne stupide était déjà vive.
Quant à la passion de "Jésus-Christ" de Le Pen, laissez moi vous dire qu'avec hôtel particulier, cuisinier, majordome et chauffeur, il y a des passions plus pénibles...

Écrit par : anne kling | 30/04/2007

Pour nous aider à ne pas baisser la tête, on doit se rappeler que si le personnage a déçu, les raisons qui ont incité des millions de gens à miser sur lui demeurent et ne sont pas prêts de disparaître. On ne peut, bien sûr, s'en féliciter mais pour ceux qui souhaitent poursuivre la lutte, cela ouvre de nouvelles perspectives.

Effectivement, tout n’est donc pas mauvais dans notre situation. Mais pour augmenter nos chances de ne pas nous tromper une fois de plus, nous devons faire l'effort de nous éclaircir les idées, en partant de bases plus fermes.

Je pense à ceux d’entre nous, anciens déçus du PCF ou du RPR, devenus maintenant déçus du FN et qui demain seront inévitablement les déçus du sarkozysme. Et pourtant, nous ne demandons pas grand-chose. Juste une condition de vie décente sans avoir à nous morfondre tout le temps pour la sécurité de nos familles ou subir passivement une aliénation mortelle pour notre pays et notre civilisation. Mais apparemment, c’est déjà trop demander aux politicards qui nous gouvernent, après avoir obtenu, semble-t-il, nos suffrages. A croire effectivement que c’est le Système lui-même, se reposant sur l’idéologie républicaine issue de 1789 et la structure dite "démocratique" qu’on nous impose qui sont incapables de répondre à nos attentes. A moins qu’il ne faille aussi désespérer des hommes qui, dès qu’ils accèdent aux postes de responsabilités ne manquent de décevoir ceux qui leur ont permis d’y arriver. Mais peut-être que cela fait justement partie du système. Seuls les "pourris" réussissent, et pour réussir, ceux qui ne l’étaient pas le deviennent comme fatalement.

Il nous faudrait aussi donc apprendre à ne pas trop compter sur des personnages charismatiques qui ont trop souvent tendance à confondre les intérêts de la cause qu’ils sont censés servir avec les aléas de leur carrière personnelle, surtout dans ce monde de voyeurisme médiatisé. Seule la fidélité à des principes et des convictions au sujet de nos intérêts collectifs, clairement définis, doit nous mobiliser. Les hommes passent, font ce qu’ils peuvent, changent parfois au point de se renier et se trompent beaucoup mais les peuples, eux, ils restent. Le peuple, non plus perçu horizontalement comme une masse ou un conglomérat d’individus que l’on peut manipuler à loisir mais un corps organique, enraciné dans le temps et l’espace, porteur d’héritages et d’espérances.

Sans doute, ce ne sont là que des banalités, mais que l’on n’a plus beaucoup l’occasion d’entendre. Il est donc toujours salutaire de se les rappeler.

Écrit par : Radwulf | 30/04/2007

Oui, Anne, la relève sera plus dure, plus déterminée. Elle ne se fera ni avec des collabos, ni avec des mercantis, ni avec des mondains ou des demi mondaines. Dureté ne signifie ni provoquer ni insulter amis ou adversaires. La détermination totale, nous la portons dans notre coeur et dans nos actions.

Je donne rendez-vous à tous le 8 mai à 15h30 devant le monument aux morts de Strasbourg pour rendre hommage à tous les combattants et à tous les morts de ces guerres civiles européennes imbéciles.Nous exprimerons, au delà de nos différences, notre volonté de défendre nos identités, toutes nos identités alsacienne, française et européenne.

Espérance et Résistance!

Écrit par : Robert Spieler | 01/05/2007

je doute qu'un mouvement plus radical que le FN ait pu rassembler au-delà d'un cercle restreint d'initiés, sans ouverture dans les médias, sans appui financier, sans élus. C'est quand même ce qui a été le talon d'achille du FN pendant ces longues années.
Bien prétentieux ceux qui maintenant disent que le FN les a empêchés de développer un tel mouvement ou que sans lui ils auraient pu le faire.
J'attends avec impatience de voir les premiers intellectuels de droite partir en prison pour leurs idées.

D'ailleurs le responsable de la tribu Ka, lui, est en train de réussir ce qu'à droite nous n'avons pas eu le courage de faire : passer pour un martyr de sa cause.

Où sont notre IRA, notre FLNC, nos Breizh Atao ?
Je crains que les rangs ne soient vides.

L'aventure du FN était une aventure démocratique n'en déplaise à ses opposants de tous bords. Je crains que la disparition de Le Pen ne laisse l'extrême droite, puisque c'est le terme consacré, dans le désarroi au moment ou le rapport de force entre autochtones et allogènes va s'inverser dans ce pays et pour ma part je ne vois aucun signe de changement de mode de combat.

Écrit par : Paul-Emic | 04/05/2007

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