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24/04/2007

VAUT-IL MIEUX ETRE DIABOLISE A 20% OU DEDIABOLISE A 10% ?

medium_images.33.jpgJe lis beaucoup depuis hier que la stratégie de dédiabolisation du FN voulue et menée par Marine Le Pen, directrice stratégique de la campagne de son père, a totalement échoué et a conduit le mouvement au score que l’on sait. A mon avis, c’est en réalité vrai et faux.

Certes, cette stratégie a échoué à produire des résultats satisfaisants pour le FN, c’est le moins que l’on puisse dire, mais elle a bel et bien réussi sur le fond : le discours du FN s’est trouvé effectivement dédiabolisé, pour la première fois, et a été présenté comme tel par les médias. Mais le résultat est particulièrement pervers pour les nationaux: c’est le système qui a tout naturellement récupéré la mise. Car les électeurs, face à deux discours relativement proches et tous deux dédiabolisés, ont  logiquement choisi l’efficacité. Vraie ou fausse, bien sûr. Là n’est pas la question, comme ils ne tarderont pas à s’en rendre compte.

Cela me conduit à me demander si le système n’a pas trouvé cette fois l’arme absolue pour réduire le FN comme un peau de chagrin, de l’intérieur puisqu’il n’y arrivait pas de l’extérieur. Et si cette arme absolue - si curieusement choyée par les médias -  qui va finir par offrir le FN sur un plateau au système, ne s’appelle pas Marine Le Pen.

Commentaires

En somme, après le KO, le phagocytage. Le FN n’aura été que l’aventure personnelle de JMLP. C’est là en effet un dénouement tout-à-fait envisageable auquel bien des stratèges de la "droite parlementaire" n’ont jamais cessé de rêver. Seulement, il y a eu longtemps deux obstacles : la présence de Le Pen d’une part et celle de Chirac lui-même de l’autre, deux hommes aussi ambitieux l’un que l’autre et, pour bien des raisons, incapables de s’entendre.

Un scénario d’autant plus envisageable lorsqu’on se rappelle que le "démon Le Pen" est en fait une construction de la stratégie socialiste à partir de 1983. Devant la perspective de l’échec de leur politique, la gauche qui se savait minoritaire dans le pays a eu la bonne idée d’isoler une partie importante de la droite, affaiblissant ainsi d’office ce qui en reste. On comprend donc que les deux "obstacles" précités maintenant écartés, un rapprochement semble pouvoir s’opérer.

Le problème c’est qu’en un quart de siècle, bien des choses se sont passées. La France a perdu une bonne partie de sa souveraineté et compte désormais sur son sol plus de 10% de non-européens implantés à demeure et qui continuent fatalement à augmenter. Des millions de Français de souche ont fini par se sentir exclus dans leur propre pays, non seulement sur le plan économique et politique mais aussi social, culturel, et même parfois géographique ! Pour eux, le FN avait fini par représenter un dernier espoir. Un FN perçu comme étant le parti des autochtones injustement brimés et qui, pour cela même, comme pour compléter leur malheur, avait été diabolisé par les tenants d’un pouvoir qui leur était devenu étranger.

La question est alors de savoir en quoi le phagocytage du FN pourrait apporter un quelconque espoir pour ceux qui s’étaient regroupés sous sa bannière ? D’un point de vue électoraliste, cela arrange bien sûr l’UMP mais après ? Pour ainsi attirer à lui les électeurs du FN, Sarkozy leur a promis monts et merveilles mais a-t-il les moyens de tenir ses promesses ? En a-t-il même seulement la volonté ? Il serait vraiment naïf de le croire.

Voilà pourquoi je reste pour ma part persuadé que le triomphe prévisible de l’UMP ne pourrait jamais être, au mieux, qu’une victoire à la Pyrrhus. Le problème qui a provoqué l’émergence d’un électorat FN reste entier et n’est pas prêt de trouver une solution électoraliste.

Écrit par : Radwulf | 24/04/2007

Puisqu’on parle du "duo" infernal Chirac-Le Pen, c’est peut-être aussi une occasion de rappeler jusqu’à quel point Chirac a représenté un désastre pour la France. Car s’il n’était pas entré lui-même dans le jeu socialiste en acceptant la diabolisation de Le Pen, les choses auraient pu se passer autrement. Mais lui ne pensait qu’à sa petite carrière en évitant d’avoir un éventuel concurrent à droite. Et comme sur le plan idéologique, il était avant tout opportuniste, il n’a pas vu pourquoi il devait prendre le risque d’affronter les faiseurs d’opinion socialistes en s’opposant au discours destructeur de l’"antiracisme". Il a donc laissé faire, ce qui nous a coûté le désastre d’un second mandat Mitterrand, à l’origine notamment de la Loi Gayssot dont les conséquences allaient s’avérer incalculables pour le destin de notre pays. Lorsqu’enfin on pense que c’était le même Chirac qui, en 1975 a permis le "regroupement familial" des immigrés, on mesure jusqu’à quel point cet homme a été un fléau pour nous, comme pour l’ensemble des peuples européens.

Écrit par : Marina | 25/04/2007

Je voudrais aussi ajouter que c’est le même Chirac qui, afin d’obtenir la préférence des "faiseurs d’opinion" aux dépens d’Edouard Baladur, s’était engagé avant les élections de 1996 à reconnaître les responsabilité du gouvernement français dans les "crimes de Vichy". Sa victoire, il l’a donc payée en trahissant le gaullisme, tout en plaçant la France en état de sujétion morale perpétuelle devant les exigences insatiables des "victimes de l’holocauste". A se demander si, en définitive, depuis sa rupture avec Giscard, Chirac a jamais été autre chose que l’instrument des socialistes.

Écrit par : Marina | 25/04/2007

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