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23/04/2007

LA CLAQUE

medium_images.32.jpgEh oui, on l’a eu, le tsunami ! L’ennui, c’est qu’on l’a eu à l’envers, c’était juste une petite erreur de perspective. Je suis donc triste ce matin ? Oh non. Mais franchement stupéfaite par l’ampleur de la raclée.

Alors oui, à ce naufrage il y a quelques raisons qui échappent au FN : Sarkozy a largement braconné sur ses terres, il a promis monts et merveilles aux Français, qui l’ont cru. C’est vrai aussi qu’il incarne une nouvelle génération et nos concitoyens, éternels gamins, ont tendance à confondre jeunesse – relative – et innovation. Comme s’il n’y avait pas de jeunes cons ! Ce n’est pourtant pas ça qui manque. Et c’est vrai, les médias ont fait donner les grandes orgues en faveur des candidats du système, et la balance n’était pas égale, loin de là. Mais ce n’est pas nouveau, c’est même la routine.

Non, ce qui est arrivé hier soir, et qui nous touche tous - tous ceux qui sont engagés à des titres divers dans ce combat dit « d’extrême droite » et qui en paient le prix fort - est imputable en très grande partie au seul FN. Il a méconnu, depuis toujours, mais surtout depuis 2002, une règle essentielle du fonctionnement politique : un parti, ce n’est pas une famille. Ni un clan. Encore moins un duo. Un parti, ce sont des hommes et des femmes nombreux et divers, qui représentent des familles variées, et qui tous ont le droit, et le devoir, de s’exprimer. Un parti, ça peut s’engueuler à l’occasion, mais ça sait aussi se rassembler sur l’essentiel. Et ça peut même inviter des cousins éloignés repentis, à condition que ce soit sur des bases parfaitement claires et sans faire de grands écarts idéologiques.

Or, au lieu de donner l’image d’un parti riche de ses diversités ancrées dans l’histoire et la géographie de notre pays – ce qu’il aurait pu faire s’il avait honnêtement joué le jeu de l’union patriotique - le FN « new look » est apparu vidé de toute substance. Juste une vitrine bien éclairée, et plus grand chose dans la boutique. A force de vouloir séduire à tort et à travers les jeunes, les femmes, les banlieues, les verts, les rouges, les noirs, il a fini par faire fuir son électorat de base qui en a eu marre. Ca s’appelle lâcher la proie pour l’ombre et c’est mortel en politique.

En ce sens, la défaite cinglante, sanglante et sans appel qu’a connu hier soir le FN – et encore une fois, lui tout seul - est peut-être la plus formidable opportunité qui pouvait nous arriver. Car maintenant, il va quand même falloir se décider à recoller les morceaux et finir par proposer au pays une force de reconquête enfin crédible.

Commentaires

Indépendamment du cirque Le Pen, le corps électoral nous échappe pour des motifs bien compréhensibles : l'africanisation.
Contre cela, pas grand chose à faire... On gagnera une voix, deux néo-français arriveront en âge de voter... Dire qu'on va gagner les élections, que le peuple se réveillera, qu'on va sauver la France, c'est mentir. Sciemment.

Écrit par : IVANE | 23/04/2007

Je vous donne raison pour l'essentiel. La stratégie du FN n'était sans doute pas la bonne. Ceci étant, et je l'ai constaté autour de moi, l'âge de JMP a pesé lourd dans la balance.. A 78 ans, quelle que soit sa forme physique et mentale, il était devenu trop vieux pour incarner l'avenir d'un pays.

Comme l'internaute précédent,je crois qu'il ne saurait y avoir de solution politique. L'africanisation de la France et l'augmentation subséquente du nombre de jeunes n'ayant connu que cette France "black blanc beur" tant vantée par les medias condamneront sauf circonstances exceptionnelles nos idées à l'écart du pouvoir.

Écrit par : FF | 23/04/2007

Tout ceci était ecrit et la campagne du FN, après une stratégie affligeante ces 10 dernières années, a simplement fait les frais d'un sarkozisme crédibilisé par Le Pen lui même.

A force de se croire au second tour, Marine a poussé son père à faire une campagne de second tour. Hélas, le peuple ne s'est pas trompé ( il l'a peut-être été).

Écrit par : Stéph | 23/04/2007

En plus de l’analyse de Anne à laquelle je souscris entièrement, j’ajouterai en précisant que cet échec est aussi celui de Marine Le Pen et de sa stratégie de "dédiabolisation", avec tout ce que cela implique. Il n’y a aucun mal évidemment à ce que le FN cherche à améliorer son image et s’ouvre à de nouveaux alliés mais à la condition de rester fidèle à ce qui est devenu, aux yeux de beaucoup, sa propre essence. A savoir, la dernière forteresse de la "vraie France". Or, c’est un peu cette image qui s’est brouillée depuis un certain temps. Pire, l’impression qui se dégage est que le FN tend à se rapprocher lui-même de ses adversaires, qui se voient même volontiers comme ses ennemis, ce qui a plutôt contribué à renforcer ces derniers. Après tout, si le lepenisme se réduit à quelques propositions que même un Sarkozy peut prétendre vouloir réaliser... Déjà, on conviendra qu’il est mieux placé pour cette tâche.

En d’autres termes, la formule "un Le Pen plus jeune sans les dérapages" qui devait servir à Ph. de Villiers a donc surtout servi à Sarkozy. Dans cette formule cependant, le plus important est à mon avis la deuxième proposition. Que sont en effet ces "dérapages" sinon l’expression de l’hostilité de l’establishment juif, pour des raisons qui lui sont propres. Dans cette perspective, on peut dire que Sarkozy incarne surtout cette "extrême-droitisation" de la stratégie juive, vérifiable également par ailleurs. Et c’est là-dessus que cela pose véritablement un problème pour ceux qui ont appris à les considérer comme leurs principaux adversaires.

Dans la stratégie juive même en effet, l’objectif consiste surtout à s’appuyer sur l’inquiétude des Européens (au sens large de "Blancs") devant les problèmes de l’immigration, et en particulier la menace islamique, pour les enrôler dans leur croisade particulière. C’est d’ailleurs déjà le schéma colporté par la théorie du "choc des civilisations". Même cependant si beaucoup de "blancs" semblent y adhérer, cela ne va pas sans poser des difficultés qui pourraient s’avérer insurmontables.

Car en suivant cette logique, on devrait maintenant pouvoir exprimer plus ou moins notre hostilité contre les Musulmans (et d’autres... ) mais à la condition de ne pas nous retourner contre les Juifs eux-mêmes. Ce sera donc un "racisme" sélectif, tourné plus particulièrement contre les ennemis d’Israël et ses inféodés américains. Le problème c’est qu’à en croire la vision qu’on nous a imposée depuis des lustres, la quintessence même du racisme, c’est l’antisémitisme. Et c’est même par élargissement, pour mieux protéger le bastion juif que l’on a "inventé" les autres racismes. Le "R" de la Licra vient de là... Alors un "racisme" anti- beaucoup de choses, sauf antijuif, cela va avoir du mal à passer.

Plus largement, il y a la question du statut de la conscience européenne. Pour permettre la prééminence juive, le monde européen doit continuer à s’agenouiller dans une culpabilité perpétuelle. On l’oblige à renier son histoire et les fondements de sa civilisation sur lesquels reposent toute sa fierté et sa confiance en lui. Il doit même accepter la perspective de la dilution de son identité, jusque sur ses terres ancestrales qui ne devraient plus être seulement les siennes. Or, on lui demande maintenant de se redresser un peu mais contre les seuls ennemis de ceux à qui il doit justement sa déchéance et son humiliation. D’où la question : sommes-nous vraiment devenus des chiens bien dressés qui ne sont plus capables de montrer les dents que sur l’ordre de nos maîtres obligés ?

J’ai l’impression que tout cela revient un peu à trouver la quadrature du cercle. Et par-delà leur triomphe apparent, nos ennemis se trouvent dans une position infiniment plus fragile que certains ne se l’imaginent.

Écrit par : Radwulf | 23/04/2007

Puisqu'il faut discuter par blog interposé, allons-y...
Je suis d'accord avec ton analyse, mais elle n'a rien d'innovant. Le FN a toujours été le bébé du clan Le Pen, d'ailleurs tant que ça fonctionnait tout le monde saluait cet état de fait. Puisqu'il fallait un homme fort pour mener le combat, sous-entendu sans s'encombrer d'autres points de vue qui auraient pu le faire dévier (ce qui est très démocratique...), saluons tous notre sauveur qui nous mènera vers la victoire: Jean-Marie Le Pen. Il a toujours régné sur son parti comme sur un clan, et s'il avait été capable de débattre et d'intégrer d'autres idées que les siennes, Megret (par exemple) ne serait pas parti. Jusqu'à maintenant, on a toujours eu l'équation: FN=JML, sans que personne ne semble s'en plaindre.
Et maintenant que ça ne fonctionne plus: c'est à cause de ce despote qui ne permet à personne d'autre de s'exprimer, et qui règne sur son parti comme s'il n'appartenait qu'à lui.... ben c'est pas très neuf! D'abord c'est pas très loyal de cracher sur le meneur dès qu'il se plante, et de le décrier pour quelque chose qu'il a toujours fait et que jusqqu'à présent on trouvait très bien. Et puis, franchement, si le FN dans son ensemble était un lieu de débat et d'intégration de nouvelles idées et de "diversité", on s'en serait rendus compte depuis le temps, non? Si telle avait été sa vocation, sa structure aurait changé depuis longtemps, et ça l'aurait peut-être rendu un peu moins archaïque, anachronique, et renfermé...
Voilà pour mes commentaires;Bonne soirée
A bientôt, bisous
Isa

Écrit par : Isabelle | 23/04/2007

Je répondrai à Isabelle, qui est ma grande fille et qui n'apprécie guère le combat de sa mère, que ce n'est pas d'aujourd'hui que je pense, et que j'exprime, ce que j'ai dit. Les reproches que l'on peut adresser au FN concernant son fonctionnement sont récurrents, mais depuis 2002, les choses sont allées en empirant. Toujours plus de népotisme et de sectarisme, toujours moins de volonté de rassemblement et d'union. Et bien sûr, pas l'ombre d'un programme crédible. Le résultat, on peut pleinement l'apprécier aujourd'hui: une déroute alors que jamais, historiquement, les circonstances n'ont été aussi favorables. Une immense occasion gâchée. Peut-être la dernière.

Écrit par : anne kling | 23/04/2007

Je ne pense pas que l'on puisse voir une déroute du FN au vu des résultats. Le nombre d'électeurs est resté à peu prés constant. Par contre grande déception de ne pas avoir gagné de nouveaux électeurs face aux évènements vécus ces dernières années. Certains prêts à nous rejoindre ont préféré vôter Sarkozy par peur des socialistes pensant ainsi mieux protéger leurs petits placements financiers...
J'aurais aimé que Le Pen soit au deuxième tour car son combat de toute une vie pour La France et les Français est exemplaire et admirable.
Quoi qu'il en soit son nom restera c'est sûr dans l'Histoire de France.

Écrit par : esprit5 | 23/04/2007

N'en déplaise à certaine, le "lepénisme" n'a rien à voir avec le nationalisme bien compris. Le culte de la personnalité, la mégalo du grand mâle dominant qui élimine les autres mâles de la tribu et qui cherche à se survivre à lui-même en imposant une femelle dominante (sa fille, en l'occurrence), RAS LE BOL : le nationalisme en crève depuis des lustres. Le grand mâle dominant est rattrapé par l'âge ? ENFIN ET TANT MIEUX : le nationalisme ne pourra qu'y gagner. Quels que soient les mérites initiaux de l'intéressé, il y a déjà pas mal de temps qu'il plombe lui-même le mouvement nationaliste censé être son émanation, et il vient de le faire une dernière fois en la jouant démagogique, dans l'espoir dérisoire de gagner ses pires ennemis à sa candidature. Il nous avait déjà déçus avant le second tour de la présidentielle 2002 en menant une campagne archi-nulle... Et le résultat fut là : un score stalinien en faveur du ripoux néo-stalinien ! Cette fois, c'est la claque, et quelle claque !! Finale, espérons-le !

Jean-Marie, merci pour tout, mais CIAO !!! Tu as fait le combat de trop, et tu sors du ring groggy. Nous aussi, bien sûr.

Écrit par : Martial | 23/04/2007

Je mettrai en ligne mercredi, sur mon blog, mon analyse de la présidentielle, et expliquerai les raisons de l'effondrement du FN. J'ai, depuis mon départ en 1989 du FN, évité, par amitié pour des cadres et militants que je respecte de dire publiquement les raisons d'un naufrage prévisible. Ancien député du FN, je fais partie des milliers de militants qui, pour des raisons diverses; l'honneur; la lassitude, l'indignation quant à certains propos, le mépris du népotisme et de la médiocrité, le désaccord avec des thématiques ringardes, le refus du dialogue, l'insondable médiocrité de son entourage, un autoritarisme stérile, ont quitté le FN. J'ai toujours pensé qu'une femme ou un homme de qualité, j'entends ayant un minimum de convictions idéologiques, de courage et d'honneur ne pouvaient accepter de rester longtemps dans ce mouvement. Les electeurs ont fini par le comprendre. Quand Le Pen permet à sa fille d'expliquer que le bilinguisme constitue une menace pour la république, que son secrétaire général compare le "communautarisme musulman" au "communautarisme" alsacien, quand Le Pen va sur la dalle d'Argenteuil expliquer que les immigrés sont des branches de l'arbre France (ce que ne sont pas apparemment les Alsaciens), il y a un vrai problème. Quand il glorifie Valmy et la République responsable du génocide vendéen, nous sommes en droit de nous poser des questions.
Certes Le Pen a un immense talent. Mais pour quoi faire?
Il me fait penser à cette réflexion d'un avocat de Dreyfus "Quel affreux innocent, nous avons là", faisant référence à la personnalité arrogante et insupportable du personnage.
La suite de mon analyse sur mon blog ,mercredi.

Écrit par : Robert Spieler | 24/04/2007

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