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19/04/2007

7) QUELQUES PROCES DE LA LICRA

Dans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 7e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

medium_CAQVAVEH.jpg7) L’affaire de l’internationale juive (1ère partie)

" La troisième colonne de l’accusation d’antisémitisme contre Jean-Marie Le Pen fut sa déclaration dite de l’internationale juive.

Elle avait été faite le 10 août 1989 et avait paru dans le journal Présent. Le président du Front national répondait aux questions que lui posait Jean Madiran et notamment à l’une d’elles sur l’influence du lobby mondialiste. La réponse était la suivante : « Ce n’est pas à des gens ayant votre formation politique que je veux apprendre quelles sont les forces qui visent à établir une idéologie mondialiste, réductrice, égalisatrice. Je pense à l’utilisation qui est faite des droits de l’homme, de façon tout à fait erronée et abusive, mensongère. Il y a la maçonnerie. Je crois que la Trilatérale joue un rôle. Les grandes internationales comme l’internationale juive jouent un rôle non négligeable dans la création de cet esprit antinational ».

Dès la parution du journal, une dépêche AFP donnait une version falsifiée de cette réponse. Le Pen avait parlé de cet esprit antinational qui caractérisait l’idéologie antimondialiste. La phrase transformée critiquait l’esprit antinational en général de ceux dont Le Pen critiquait le rôle. C’est sur la base de cette phrase transformée que la procédure fut engagée par le ministre de la justice, Pierre Arpaillange. (…)

S’agissant de Le Pen, parlementaire européen, il fallait obtenir du Parlement la levée de son immunité. Elle ne fut pas votée sans difficulté. En effet, la commission ad hoc exprima un avis défavorable à la demande formée par le garde des sceaux et c’est l’assemblée générale qui se prononça en sens contraire. L’affaire put alors venir devant le juge d’instruction Chantal Perdrix, puis devant la XVIIe chambre du tribunal présidée par Claude Grellier, à l’audience du 18 avril 1991.

Le MRAP, la LICRA et SOS-Racisme se constituèrent évidemment parties civiles, prenant l’affaire non seulement au sérieux mais même au tragique. Harlem Désir, alors président de SOS-Racisme, vint à l’audience aux abords de laquelle il fut accueilli par des huées et des sifflets. Pierre-Bloch, malgré son âge, qui lui aurait permis une retraite bien méritée, crut utile d’assister également aux débats. (…)

Pierre Durand [directeur de publication de Présent, ndla] et Jean-Marie Le Pen, assis sur le même banc, prirent successivement la parole, revendiquant le droit à la liberté d’expression et s’indignant de cette nouvelle persécution. Le président Grellier, d’un ton bénin, voulut savoir pourquoi Le Pen avait parlé de l’internationale juive au singulier et non au pluriel. Dans les plaidoiries des parties civiles se succédèrent laborieusement les arguments habituels et, comme l’observait Marie-Claire Roy dans National Hebdo, « des poncifs sans cesse rabâchés. Tout y passe, l’affaire Dreyfus, les nazis… ». L’essentiel était d’aboutir, par approximations et assimilations successives, au terme de nazi, qui représente le mal absolu.

Le substitut Marc Domingo, coutumier d’interventions strictement juridiques et généralement objectives, se rallia, sans nuance, aux thèses des parties civiles.Une fois de plus, on observait qu’à partir du moment où le MRAP, la LICRA et SOS-Racisme s’étaient constituées parties civiles, le Parquet n’avait plus qu’à suivre et à approuver, et à mettre sur leurs réclamations le tampon officiel . 

En décortiquant la phrase poursuivie et en la situant dans son contexte, je montrai qu’il n’y avait pas eu de diffamation raciale car une diffamation de cette sorte suppose une imputation faite à un groupe de personnes visées en raison de leur origine. Or, Le Pen avait dit, dans la suite de sa réponse, qu’il ne visait pas toutes les organisations juives, ni tous les juifs. Il ne visait que certains groupes, où il n’y avait pas que des juifs et où il n’y avait pas tous les juifs. C’était ces groupes-là qui manifestaient cet esprit antinational.»"

(suite et fin de cet haletant suspense demain)

Commentaires

Merci de reprendre ces écrits de Georges-Paul Wagner, qui fut député du FN en 1986/88. Je siégeai à ses côtés. Un homme admirable d'intelligence et de courage.
Permettez moi de vous dire que votre blog est remarquable.
Bravo!

Écrit par : Robert Spieler | 19/04/2007

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