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14/04/2007

2) CE QUE NOUS COUTE LE PERSONNEL POLITIQUE : ON N’EN A PAS POUR NOTRE ARGENT !

LES INTOUCHABLES ET LES PARIAS

medium_retraite.2.gifCe triste tableau n’est bien sûr pas le sort qui attend les députés assez malchanceux pour ne pas se faire réélire en juin prochain. Eux pourront attendre tranquillement des jours meilleurs – voire se faire réélire le coup d’après, qui sait ? – puisque, grâce à une loi votée en octobre 2003, leur période d’indemnisation est passée tranquillement de 6 à… 60 mois. Tant qu’à faire…

Cette loi, qui avait été proposée conjointement par l’UMP et le PS, date donc d’octobre 2003, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a su se faire très discrète et se tenir dans une ombre propice. Et tant pis pour ceux qui ne lisent pas le Journal Officiel ! Il faut admettre que pour une fois, on ne peut pas donner tort à ces chers (ô combien) députés: pour vivre heureux, vivons cachés, c’est vieux comme le monde. C’est Le Canard Enchaîné qui a fait remonter la chose à la surface.

Donc, autrefois, les députés renvoyés dans leurs foyers continuaient à percevoir pendant six mois l’équivalent de leur indemnité de base – soit 5 400,32 euros bruts – s’ils ne retrouvaient pas tout de suite une activité. S’ils avaient d’autres mandats ou d’autres revenus, ils recevaient la différence.

Franchement, c’était minable. Comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, ces messieurs-dames de l’Assemblée nationale ont donc pris les mesures nécessaires pour faire passer, à partir de cette année,  cette durée de 6 mois à 5 ans. Les montants de l’indemnisation seront ainsi dégressifs : - les six premiers mois : 100% de l’indemnité de base – les six mois suivants : 70% – puis 60% - puis 50%. Pour les trois années restantes, l’allocation diminuera de 5% tous les semestres pour atteindre 20% de l’indemnité, soit encore 1 080 euros bruts.

Et voilà, le tour est joué. Pendant tout ce temps-là, bien sûr, la collectivité nationale supportera la charge des veinards qui se seront fait élire, eux – une charge plutôt lourde, on l’a vu hier et on le verra – et en plus elle devra payer à ne rien faire des gens qu’elle n’a pas voulu réélire.

Oui, je sais, il paraît que ces largesses seront financées, dixit Patrick Ollier, par un prélèvement de 0,5% qui sera fait sur l’indemnité de base que touchent les parlementaires. En quelque sorte une solidarité entre députés. Ouiche…je ne suis pas très convaincue…Parions qu’ils ne seront pas longs à se voter une revalorisation de leur indemnité pour compenser. Et,  malgré toutes les contorsions, cela reste de toute façon de l’argent qui sortira de la poche du contribuable pour entrer dans celle de recalés du suffrage universel.

Quelques chiffres qu’il n’est pas inutile de rappeler pour en finir avec ce sujet douloureux : le chômeur ordinaire bénéficie d’une indemnisation maximale de 23 mois avec une allocation moyenne de 800 euros. Ensuite, ce sera le RMI ou l’ASS, et 400 euros par mois.

Le minimum vieillesse étant, lui, royalement, de 620 euros par mois.

(dessin de Chard)

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