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15/03/2007

5) Quelques procès de la LICRA

Dans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 5e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

5) Mgr Lefebvre contre la LICRA (2e partie)

medium_images.6.jpg"Charrière-Bournazel, tout chaud, tout bouillant, se lança dans une exégèse théologique essoufflante et essoufflée : il aime l’amplification et met du vent autour de ses phrases. En la circonstance, il éprouvait visiblement à l’égard du prélat, de ce qu’il représentait, de ceux qui l’entouraient et le suivaient, de ses avocats aussi, une sorte de hargne. A certains moments, on put se demander s’il plaidait pour la LICRA ou pour le Pape et pour l’Archevêque de Paris tant il tenait à souligner la différence et même le fossé qu’il y avait entre les catholiques conciliaires et les catholiques « hérétiques et schismatiques » qui étaient dans la salle au soutien de Mgr Lefebvre. Celui-ci n’était plus que M. Lefebvre, Christian Charrière-Bournazel dénonçait avec une telle pieuse indignation le schisme et l’hérésie, au nom de l’Eglise une et catholique (mais non toutefois apostolique) qu’on avait envie de l’appeler « monseigneur ».

 

Nous étions deux pour défendre « le prévenu ».(…) Je tâchai, en ce qui me concerne, devant la visible impatience du président Grellier, de m’en tenir au droit et à la stricte interprétation de la loi Pleven en montrant qu’on nous faisait un procès méchant et un méchant procès. Procès méchant, car toutes les pièces et tous les raisonnements de la LICRA établissaient que l’association de Pierre-Bloch n’avait, dans cette procédure, aucun souci du sort des Maghrébins en France ou hors de France. Il s’agissait d’un procès d’inquisition contre l’intégrisme ou le traditionalisme catholique et d’un aspect de l’éternelle querelle de la Synagogue contre l’Eglise. Méchant procès, car il avait été bâti à la diable (c’était le cas de le dire !), voyant des incitations à la discrimination où il n’y en avait aucune, et une diffamation où il y avait une simple affirmation d’évidence d’un prêtre et d’un Français lucide et attentif.

 

Le tribunal me donna raison sur un point en constatant, comme je l’avais soutenu, que les propos poursuivis ne comportaient « aucun appel clair, explicite et direct à une discrimination ; ils sont l’expression d’une opinion que Mgr Lefebvre considère comme une nécessité d’ordre politique, à l’évidence inspirée par les sources théologiques du droit ; il convient en conséquence de relaxer le prévenu de ce chef ».

Mais le jugement retint la diffamation, critiquant particulièrement l’emploi par Mgr Lefebvre du mot « kidnappé » qui, selon lui, allait au-delà d’un débat d’idées parfaitement légitime et constituait une imputation diffamatoire envers la communauté religieuse musulmane dans son ensemble.

 

Nous étions en juillet 1990. Mgr Lefebvre, qui avait à l’époque quatre-vingt-quatre ans, s’interrogea et m’interrogea sur l’opportunité de faire appel et de poursuivre ce débat devant la justice des hommes. Malgré la belle régularité de son écriture dans ses dernières correspondances, il me parut lassé. Il s’en rapporta à ma décision et nous allâmes, sur mon avis, devant la Cour où il me demanda aussi de le représenter. En janvier 1991, la maladie l’aurait empêché de toute manière de venir à l’audience.

 

L’atmosphère du débat y fut différente. La fièvre était tombée. Charrière-Bournazel ne prêchait plus. Il plaida. Malgré un réquisitoire modéré de l’avocat général Pomier, la XIe chambre de la Cour fut plus sévère pour Mgr Lefebvre que ne l’avait été le tribunal, puisqu’elle infirma la partie de la décision qui l’avait relaxé du chef d’incitation à la haine raciale et retint la diffamation ; il fut condamné à une peine d’amende de huit mille francs ainsi qu’à payer à la partie civile la somme de quatre mille francs. L’arrêt fut prononcé le 21 mars 1991. Nous avions un délai de trois jours pour former un pourvoi en cassation et ce pourvoi fut effectivement formé le 24, mais le lendemain, 25 mars, Mgr Lefebvre quittait ce monde après cet éprouvant contact avec la justice des hommes.

 

Le pourvoi en cassation suspend toute condamnation en matière pénale. Par l’effet du décès de Mgr Lefebvre, l’action publique se trouvait d’autre part éteinte. Il est donc permis de dire que celui-ci, malgré les efforts de la LICRA, n’a pas été condamné pour incitation à la haine raciale ni pour diffamation raciale. L’affaire a été transférée, à un autre niveau, à une autre justice."

Commentaires

Depuis lors, sainte LICRA est descendue assez bas pour déterrer des cadavres, en l'occurrence, celui de Papon, dont Raymond Barre a fort bien dit qu'il avait été un bouc émissaire, ledit Babarre encourant du même coup les foudres de sainte LICRA...

Écrit par : François | 15/03/2007

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