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21/02/2007

LA LEGION D'HONNEUR DE MAURICE PAPON

medium_CAEV8DIR.2.jpgMaurice Papon est décédé samedi 17 février à l'âge de 96 ans. Il avait été condamné en 1998, à l'instigation de la LICRA, pour "complicité de crimes contre l'humanité" pour son rôle dans l'arrestation de juifs sous l'occupation.

Je rappellerai demain les grandes lignes d'une affaire qui fut particulièrement emblématique pour la Ligue antiraciste qui déclara à l'époque: "L'événement majeur permis par ce procès est la condamnation par une Cour d'assises d'un ancien ministre de la Ve République". Le texte suivant émane de Philippe Randa, écrivain et éditeur:

 "Va-t-on enterrer cet après-midi Maurice Papon sous contrôle policier… ou fera-t-on procéder ensuite à l’ouverture de sa tombe pour s’assurer que l’ancien haut fonctionnaire de l’État français n’emportera pas en enfer sa légion d’honneur ?
Il paraît que lui laisser arborer cette décoration devant les vers et autres asticots de sa dernière demeure serait une « insulte à la mémoire de ses victimes ». La pantalonnade de cet ultime acharnement compassionnel l’est-elle moins ?
Quand l’Inquisition faisait déterrer un cadavre afin de le juger, elle avait un but sonnant et trébuchant à défaut d’honorable : il s’agissait ni plus ni moins que de se « payer sur la dépouille », c’est-à-dire condamner le défunt post-mortem pour récupérer tout ou partie de ses biens. Une légalité quelque peu douteuse, certes, mais dont le monde s’accommodait fort bien à l’époque. En tout cas, autant que de la légalité de certains procès contemporains.
Ce ne pourra même pas être le cas avec ce Papon-là qui s’était rendu insolvable de son vivant. Quoi qu’on pense du personnage, de sa vie et de ses actes, reconnaissons en tout cas qu’il a tenu tête jusqu’au bout à la meute des Justiciers autoproclamés acharnés à la perte de sa réputation davantage encore que de sa liberté. Ceux-là auront beau avoir déclenché contre lui les orgues de Staline de l’opprobre citoyenne, il ne leur aura pas fait cadeau de la moindre miette d’une quelconque repentance à laquelle il ne se croyait nullement obligé.
En 1998, sa condamnation à dix ans de réclusion en a fait le Bouc émissaire d’un passé qui n’en finit pas d’être repassé aux Français… À se demander à combien de génération, certains veulent faire expier l’humiliante défaite de 1940, les cinq années d’occupation qui suivirent et la place quelque peu sujette à caution de notre pays à la table des vainqueurs.(1)
Si on ne tenait pas à ce que Maurice Papon arbore sa légion d’honneur, encore aurait-il fallu ne pas la lui donner. Le responsable en est donc surtout Charles De Gaulle qui lui fit cet honneur dès 1948, trois ans à peine après la fin des hostilités et en toute connaissance du passé de l’intéressé(2).
Verra-t-on certains justiciers professionnels demander qu’on déterre le cadavre le plus célèbre de Colombey-les-deux-Églises afin de le juger pour « complicité de complicité » ? Le ridicule, on le sait bien, n’a jamais tué de vivant… Alors, les morts !"
Notes
(1) Rappelons la surprise du maréchal Keitel, le 8 avril 1945, lorsqu’il arriva dans la pièce pour signer la capitulation sans condition de son pays : « Vous aussi ! » lança-t-il, dégoûté, aux représentants français présents.
(2) Témoignage Olivier Guichard, un baron du gaullisme.

www.philipperanda.com.  

Commentaires

Papon qui meurt juste avant les présidentielles pour que Libétorchon de Joffrin ( remplaçant de July) et Rotchild puisse faire un odieux amalgame et titrer "Papon est mort, Le Pen est toujours vivant ", c'est trop gros. Je suis certain qu'on lui a dispensé des soins appropriés, et j'attends avec impatience de connaitre les causes de sa mort.

Écrit par : Hervé | 21/02/2007

L'acharnement post mortem contre Maurice Papon était archi-prévisible de la part des "hautes zautorités morales" de ce pays putrescent, qui - bien formaté, bien conditionné, bien abruti - n'en finit pas de ressasser les-zeures-les-plus-sombres-de-notre-histoire avec un ethno-masochisme jamais vu nulle part. Les charognards de l'UMPS n'ont pas manqué de glapir comme un seul homme contre le cadavre de ce bouc-émissaire, en les personnes de l'éventuel futur consort républicain et d'une utilité-nullité de l'UMP dont l'Histoire miséricordieuse oubliera le nom.

"Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît" (Michel Audiard). On peut donc tout redouter de l'insondable bêtise citoyène, y compris que ses plus hardis représentants aillent taguer et détériorer la tombe de l'intéressé, s'ils ne vont pas jusqu'à lui arracher sa Légion d'honneur. Ce sera l'anti-Carpentras, qui sera célébré comme tel dans Laberration.

Quant à l'amalgame avec Le Pen, il est évidemment ignoble, comme est ignoble le fait de souhaiter - même entre les lignes - la mort de qui que ce soit. Ou alors, il faut laisser à tout le monde le droit de demander publiquement comment va Ariel Sharon et si, par hasard, Ehud Olmert, ne nous couverait pas quelque chose, lui aussi.

Écrit par : Martial | 21/02/2007

C'est un peu hors propos, mais je m'interroge un peu sur la phrase "la place quelque peu sujette à caution de notre pays à la table des vainqueurs". Il me semble que les 300 000 soldats français morts pendant la deuxième guerre mondiale constituent une caution suffisante, d'autant que personne, surtout pas parmi les Alliés, n'a aidé De Lattre à se présenter à la capitulation allemande : il y est parvenu à la force des bras de la Première Armée.

Je suggère de lire à ce sujet les deux livres récents de l'historien Jean-Christophe Notin (Les victoires oubliées de la France/Les vaincus seront les vainqueurs). Interview passionnante disponible dans la médiathèque de canalacademie.com.

Écrit par : Norman | 22/02/2007

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