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05/02/2007

3) Quelques procès de la LICRA

Dans la série « Quelques procès de la LICRA », voici le troisième épisode, tiré des mémoires de l’avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D’un Palais l’autre.

3) Jean-Marie Le Pen et le « détail » (1987)

« En septembre 1987, je rentrais, sans penser à rien, d’un voyage en Afrique du sud avec quelques collègues sympathiques, parmi lesquels Hector Roland, le maire de Moulins, quand mon fils vint m’avertir à l’aéroport que j’aurais à plaider le lendemain à Nanterre, sur le fameux « détail » de Jean-Marie Le Pen, détail qui faisait un bruit formidable et qui n’a pas fini d’en faire depuis douze ans.

La LICRA et de nombreuses associations de déportés juifs exigeaient une réparation immédiate, et l’obtinrent du président du tribunal de Nanterre, Germain le Foyer de Costil. Devant la Cour de Versailles, la condamnation fut confirmée, mais le président Estoup multiplia la mise par mille et transforma la condamnation en énorme sanction pécuniaire.

Chaque fois que depuis, devant telle ou telle juridiction, j’ai demandé justice et réparation pour Jean-Marie Le Pen de quelque diffamation dont il était victime, je me suis vu confronté à ce « détail » indéfiniment grossi, comme au microscope, et utilisé comme argument inusable par mes adversaires.

« Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes », dit Victor Hugo. A travers ce mot, la diabolisation de Le Pen et du Front national s’installa, comme une institution, dans le paysage politique et rendit de jour en jour plus difficiles les victoires judiciaires.

Le 5 juin 1988, les électeurs de Mantes m’envoyèrent me promener le long de la Seine, dans des conditions d’ailleurs honorables puisque j’obtins 18,1% des voix alors que ma liste n’avait obtenu, dans la même circonscription, que 14,9% deux ans plus tôt, mais le mode de scrutin avait changé et j’étais invité à reprendre mes activités d’avocat et à faire revivre un cabinet en chute libre.

La LICRA de Jean Pierre-Bloch se chargea aussitôt de me fournir un dossier nouveau sous la forme d’un procès engagé contre le journal Présent, son directeur de publication, et contre l’abbé Philippe Laguérie, curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, pour un commentaire qu’il avait fait, dans ce journal, du « détail » de Jean-Marie Le Pen, commentaire qui avait paru antisémite à la ligue de vertu de Jean Pierre-Bloch. Wallerand de Saint Just plaida pour l’abbé Laguérie et moi-même pour le quotidien dit d’extrême-droite.

Un jugement de la XVIIe chambre du 25 novembre suivant relaxa à la fois l’abbé Laguérie et le journal ».

Commentaires

Chez la LICRA, le "réflexe procès" est devenu un véritable T.O.C. (trouble obsessionnel compulsif). Ce qui déclenche les crises (le plus souvent aiguës), ce sont des mots-clés dotés d'un pouvoir de conditionnement pavlovien. Ainsi, les mots et expressions "Juif", "détail", "examen raisonné", "débat dépassionné" suffisent pour éveiller la vigilance des néo-inquisiteurs affectés à la surveillance de toute parole dite ou écrite (même en privé), ainsi qu'à la répression aveugle de tout écart par rapport au langage volontairement restreint qui est seul autorisé à exprimer la pensée unique. C'est Orwell qui a inventé le principe de "thought police" (police de la pensée), mais c'est la LICRA qui a mis ce principe en pratique. Elle a sûrement beaucoup lu le roman "1984" pour en exploiter aussi bien les leçons d'asservissement universel et définitif.

Nous sommes pourtant quelques-uns à savoir qu'en poliltique, il n'y a jamais rien de définitif ou d'universel. Maurras a écrit : "En poliltique, le désespoir est une absurdité absolue". La LICRA devrait lire ou relire Maurras, qui fut d'ailleurs pourchassé par les dignes précurseurs de cette auguste officine, puis condamné par leurs laquais, et sur la base d'un dossier aussi archi-vide que celui qui vient de motiver la condamnation de Gollnish...

Écrit par : Martial | 05/02/2007

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