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02/02/2007

2) Quelques procès de la LICRA

J’ai évoqué récemment, lors du décès de l’abbé Pierre, les mémoires de l’avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D’un Palais l’autre. Dans ces morceaux choisis, relatés avec une grande finesse, apparaissent un certain nombre de conflits initiés par la LICRA. Il est intéressant d’en rappeler un certain nombre.

2) L’affaire Jean-Marie Le Pen (1985-86)

« Les deux mois et demi qui précédèrent mon élection au Parlement le 16 mars 1986 furent partagés entre le Palais et la campagne électorale et je n’eus pas le temps de songer à ma fonction nouvelle. C’est la raison pour laquelle, si je m’attendais certes selon des sondages concordants à mon élection, j’en reçus une sorte de surprise. Tout avait été tenté, du côté des adversaires du Front national, pour résister à son ascension.

Quelques semaines avant le scrutin, j’avais plaidé pour Jean-Marie Le Pen, poursuivi devant le tribunal d’instance d’Aubervilliers, à la requête de la LICRA qui ne cessait, depuis 1984, de surveiller ses propos avec vigilance. Curieuse affaire à plus d’un titre.

D’abord par le choix de la juridiction, un tribunal d’instance, inhabituel en matière de poursuites de presse puisque la LICRA revendiquait les prérogatives de la partie civile que lui conférait l’article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881, prérogatives qui ne s’exercent que devant le tribunal correctionnel.

Ensuite par la voie civile choisie et surtout par le montant de la demande, douze mille un francs, très inférieure aux prétentions financières habituelles de la LICRA et n’excédant pas le taux en dernier ressort, à l’époque treize mille francs.

Cela signifiait que la LICRA s’interdisait par avance tout appel en cas de décision défavorable pour elle, alors qu’il lui suffisait de demander treize mille un francs pour que l’appel soit ouvert…mais aux deux parties. Cela signifiait aussi que si elle gagnait, Jean-Marie Le Pen se voyait interdire tout appel. C’est ce qui se passa.

La LICRA, pour qui plaidait Bernard Jouanneau, reprochait à Jean-Marie Le Pen d’avoir dit au Bourget, le 20 octobre 1985, lors des BBR : « Je dédie tout spécialement votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï et à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays ».

Bernard Jouanneau, lorsqu’il plaidait pour la LICRA, faisait preuve, en ce temps-là, d’une grande émotivité, qui pouvait aller jusqu’aux larmes ou jusqu’à la lecture de textes en hébreu ; il soutenait que cette simple déclaration et surtout la manière dont elle avait été accueillie par les fidèles de Le Pen étaient l’expression même de l’antisémitisme et de l’incitation à la haine raciale.

En fait, par ces propos tirés de son discours des BBR,


Le Pen faisait écho aux attaques dirigées contre lui par une presse où il se trouvait qu’il y avait en effet Kahn et Daniel, Elkabbach et Yvan Levaï. A l’occasion des affaires des tortures et du procès concernant l’héritage Lambert, ils s’en étaient donné à cœur joie et avaient prévu, chaque matin, « la chute de la maison Le Pen ». Certes, ils n’étaient pas les seuls, mais le fait, selon Bernard Jouanneau, d’avoir rassemblé en une phrase ces quatre noms qui pouvaient paraître juifs, relevait du plus pur antisémitisme.

 

Je fis observer à l’audience que Jean-François Kahn n’était pas juif, selon ses propres déclarations ; que le patronyme de Daniel ne l’était pas non plus ; qu’il était même celui, à l’époque, du président des parents d’élèves de l’enseignement privé catholique, et ainsi que les quatre journalistes, s’ils avaient été traités de menteurs, ne l’avaient pas été en raison de leur origine.

Le tribunal, présidé par Mme Dominique Patte, écarta tous mes arguments de procédure mais aussi de fond et reprit à son compte l’intégralité de l’argumentation de la LICRA.

La condamnation tomba le 11 mars, à quatre jours du scrutin, comme par hasard, et les médias firent autour de cette décision le plus de bruit qu’ils purent. La justice apportait sa pierre au combat politique ».

Commentaires

En somme, si une ou plusieurs personnes appartenant au peuple élu s'opposent à un nationaliste, par n'importe quels moyens y compris les plus vils (comme faire un montage d'images de charniers de la seconde guerre mondiale avec d'autres de Jean-Marie Le Pen, dans le documentaire de Serge Moati), il n'y a aucun moyen de les contrer, car ils pourront toujours crier à l'antisémitisme et évoquer les heures les plus sombres de leur histoire. Les internationalistes sionistes et diasporiques jouissent de privilèges considérables dans la lutte inégale qui les opposent à ceux qui veulent préserver leur identité.

Écrit par : Hervé | 02/02/2007

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