19/12/2006

4) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée"

 

SON ORIGINE  -  4ème extrait: La Ligue internationale contre les pogroms, qui deviendra LICA, puis  LICRA

Bernard Lecache avait donc pris en main la défense de Samuel Schwartzbard et créé à cet effet, pour lui donner tout l’impact médiatique possible, la Ligue internationale contre les pogroms. Il poussera encore plus loin son soutien puisqu’il se rendra lui-même en Ukraine durant l’été 1926 dans le but très précis de rassembler, afin de les produire au procès l’année suivante, le maximum de témoignages à charge contre Petlura. Ardent supporter des bolcheviques, il est largement aidé par les autorités durant son voyage et bénéficie d’une grande couverture de presse dans les Izvestia. A son retour, il publie un livre intitulé Quand Israël meurt…Au pays des pogroms qui constitue un véritable réquisitoire contre le nationaliste ukrainien et assène des chiffres que les recherches historiques ultérieures reverront largement à la baisse. Des extraits du livre de Bernard Lecache vont être publiés durant tout le mois de février 1927 – soit quelques mois avant le procès qui aura lieu en octobre – dans son journal, Le Quotidien. Ils contribueront largement à créer le climat voulu.

Ce que Bernard Lecache ne précise pas dans son livre, c’est qu’aux pogroms proprement dits s’ajoutaient de toute manière les ravages « classiques » causés par les armées en Ukraine. Et tout particulièrement par l’Armée rouge, qui exercera une terreur particulière contre les masses paysannes suspectées de soutenir les anarchistes. Plus de 200 000 paysans et ouvriers vont être exécutés à cette époque, et à peu près autant déportés vers la Sibérie ou emprisonnés. Des morts dont il ne sera plus jamais question. Mais qui peuvent contribuer à expliquer un certain climat antisémite dans l’Ukraine d’alors.

Un livre de Serge Melgounov intitulé La terreur rouge en Russie, 1918-1924 dénonçant les exactions de l’Armée rouge avait d’ailleurs paru à Londres en 1924. Il rapportait les témoignages recueillis par la commission d’enquête sur les crimes bolcheviques, créée en 1919 par le général blanc Denikine. Et il décrivait les atrocités commises en masse en Ukraine par les tchékistes dès 1918 contre « les ennemis du peuple ». Le livre de Bernard Lecache, très similaire dans sa conception et paru deux années plus tard, en 1926, semble destiné à effacer cette fâcheuse impression en faisant porter tout le poids et la responsabilité des exactions sur les seuls nationalistes. Etait-ce une façon de faire oublier d’autres crimes ?

 

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