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23/12/2006

Entrevue avec Anne Kling pour NovoPress

1) Anne Kling, vous publiez un livre au titre évocateur, La France LICRAtisée. Qu’est-ce qui pousse une femme à partir en croisade contre une officine aussi influente ?

J’ai constaté dans le cadre de mon combat politique la forte influence de la LICRA dans des domaines aussi sensibles et variés que la vie politique, la justice, l’éducation nationale. J’ai moi-même été victime de l’acharnement judiciaire qu’elle manifeste à l’encontre de tous ceux qui ne partagent pas ses dogmes, puisque j’ai été poursuivie en 2000, à son instigation, pour incitation à la haine raciale. J’avais commis le crime inexpiable d’évoquer dans un tract un lien possible entre immigration et délinquance des jeunes. J’ai été relaxée en 2001.
Par ailleurs, et assez curieusement, j’ai également pu constater dans le public en général, mais aussi dans nos propres rangs, une méconnaissance certaine de l’étendue et de la puissance de la capacité « d’action », dirons-nous, de la LICRA. Et pourtant, des décennies de pressions, vetos et diktats incessants de sa part ont largement contribué à façonner le visage de la France d’aujourd’hui. J’ai souhaité en savoir plus, découvrir la façon dont elle parvenait à des résultats aussi étonnants et, devant la quasi absence de documents sur la question, j’ai décidé de mener l’enquête moi-même.

2) Dans votre enquête sur la LICRA, avez-vous trouvé des révélations concernant cette structure au sein de laquelle se retrouvent bon nombre de professionnels du soi-disant antiracisme? Quelles furent simplement vos sources ?

Mais les écrits de la LICRA, tout simplement ! Quelles sources plus irréprochables et moins contestables pourrait-on trouver? La LICRA publie depuis 1932 un journal intitulé Le Droit de Vivre, véritable organe de combat dans lequel s’expriment toutes ses actions et réactions, thèmes et anathèmes. Il constitue une source précieuse et éminemment instructive. Je souhaitais au départ démontrer l’influence déterminante de la LICRA dans la vie politique française au cours des trente dernières années, qui ont marqué une véritable mutation de la France. Mais je me suis vite rendue compte qu’il fallait démarrer cette enquête bien plus tôt, car les racines de son pouvoir étaient en réalité beaucoup plus anciennes. Les circonstances de la création de la LICRA sont passionnantes et très éclairantes pour la suite des événements. Elle a été créée en 1927 dans le droit fil de la révolution bolchevique d’octobre 1917, par des communistes de la première heure. C’est donc tout l’historique de ce pouvoir que j’ai commencé par retracer. J’ai ensuite examiné l’action plus directement contemporaine de la LICRA à partir de 1967, date qui inaugure une nouvelle période de notre histoire : de profonds bouleversements s’annoncent pour notre pays et au plan international, la guerre des Six Jours va entraîner de fortes évolutions au sein de la communauté juive mondiale, qui influenceront à leur tour l’action de la LICRA.


3) Vous pointez l’influence de la LICRA sur l’ensemble de la classe politique française. Comment une association d’origine communiste peut-elle réussir à soumettre des générations d’hommes et de femmes politiques, de la gauche à la droite parlementaire ?

Extraordinaire, n’est-ce pas ? C’est effectivement la bonne question et les réponses sont à chercher dans plusieurs directions. C’est là en fait tout l’objet de ma recherche.
Pour résumer, je dirais qu’avant la seconde guerre mondiale, pendant les douze années qui séparent sa création du début de la guerre, la LICRA s’aligne totalement sur les méthodes plutôt musclées des communistes et déploie un activisme politique bruyant. Quoique officiellement apolitique, elle appelle à voter pour le Front populaire et compte de nombreux élus – de gauche, naturellement - parmi ses responsables. Dès le départ, elle désigne son ennemi, qui est le même que celui des communistes : le fascisme, qui devient le mal absolu. Et qui va le rester, même quand il ne sera plus qu’un lointain souvenir historique. Car ce mot sert en fait à désigner l’ennemi de la gauche, quel qu’il soit. Durant ce même laps de temps, les communistes accumulent pourtant des crimes gigantesques. Outre les massacres de masse, ils iront jusqu’à organiser délibérément une famine en Ukraine en 1932/1933. Un forfait qui provoquera la mort, par la faim et le typhus, de six millions de personnes, dont deux millions d’enfants. Ces crimes, quoique connus en France, sont occultés par la gauche qui a besoin des communistes pour arriver au pouvoir. Jamais la LICRA ne les dénoncera. Rappelons qu’à ces dates, Hitler n’est pas encore chancelier d’Allemagne ou vient tout juste d’accéder à cette fonction.
A cet activisme « classique » mais déjà virulent, va s’ajouter après la guerre un élément absolument décisif qui va démultiplier son pouvoir et lui permettre d’exercer pleinement et sans partage l’influence majeure qui est la sienne. Pour la LICRA, la France a participé à la shoah par l’intermédiaire du régime de Vichy et la Ligue s’emploiera désormais, par tous les moyens, à culpabiliser au maximum le pays et à lui rappeler sans cesse la dette contractée à l’égard de sa communauté juive. Avec une belle unanimité, et au mépris de toute vérité historique, la gauche dans son ensemble s’empressera d’assimiler le régime de Vichy à la droite, ce qui lui permettra de la disqualifier et de lui imposer ses choix et ses valeurs.
Je n’ai tracé là que les grandes lignes, mais cette partition a été jouée avec beaucoup de virtuosité, durant des décennies, par la LICRA et ses partenaires. Avec le succès que l’on sait.

4) La LICRA joue un rôle important dans le développement du sentiment de culpabilité du peuple français à l’égard de l’Histoire et de ses « heures les plus sombres ». Mais pourquoi le peuple français accepte-t-il cette licratisation des débats et des esprits ?

Quels débats ? Où entendez-vous des débats ? Il n’y en a plus justement, car la pensée unique imposée par la gauche est passée par là. Et lorsqu’il n’y a pas de débat, il n’y a pas davantage de démocratie, car les deux vont de pair.
Le peuple français avale sans broncher ce que ses médias lui servent chaque jour. Des médias qui sont majoritairement à gauche, ou soumis à la pensée dominante, ce qui revient exactement au même. Trente années d’endoctrinement et de bourrage de crâne ne pouvant rester sans effets, les Français semblent incapables de percevoir, globalement, que l’antiracisme, qui leur est inlassablement présenté comme étant le bien ou le bon à l’état pur, est en réalité tout autre chose : un choix politique antinational et anti-identitaire particulièrement pernicieux. Il leur est d’autant plus difficile de le percevoir que le coup de génie a consisté à déplacer le débat : les questions sensibles ont été extraites du champ politique, qui autorise en principe les opinions divergentes, et introduites dans une sphère qui n’admet, elle, aucune contradiction : celle de la défense obligatoire et inconditionnelle des droits de l’homme. Opération présentant le très grand avantage de délégitimer par avance toute velléité de débat.

5) L’immigration est abondamment présente dans votre livre. Pouvez-vous synthétiser pour nos lecteurs ce que fut et ce qu’est l’action de la LICRA sur ce terrain-là ? Mais surtout quelles en sont les conséquences ?

Dès les années 70, la LICRA a soutenu systématiquement l’immigration de peuplement arabo-musulmane. Il apparaît clairement à la lecture des Droit de Vivre, surtout anciens, que juifs et arabes sont fondamentalement considérés comme frères. Leur origine commune y est fréquemment évoquée. Il est rarissime qu’un autre type d’immigration, asiatique par exemple, soit mentionnée. Curieusement, cette immigration ne semble nullement intéresser la LICRA. Pourquoi a-t-elle favorisé à ce point l’installation de populations arabo-musulmanes sur notre sol? Là encore, les explications sont multiples mais convergent toutes vers le vif désir de voir la France se transformer en profondeur. Que sa population - et partant, son électorat – se modifient dans un sens favorable à la gauche. Qu’elle devienne plurielle, de gré ou de force.
La LICRA, gauche morale, va donc s’allier dès les années 70 à la gauche politique pour mener de concert l’offensive en faveur d’une immigration massive considérée à juste titre comme le meilleur moyen de diluer une identité et une cohésion nationales jugées menaçantes et détestables à divers titres. Pour y parvenir, encore fallait-il désarmer et empêcher toute opposition. Ce sera le rôle assigné à l’arsenal des législations dites antiracistes que la LICRA inspirera et parviendra à imposer dès 1972. Cette législation particulièrement dissuasive criminalisera dorénavant toute opposition à l’immigration massive.
Au cours des années, certains gouvernements tenteront bien, au fil de la dégradation de la situation, de mettre en place certaines limitations à l’immigration. Ces tentatives seront toujours surveillées avec beaucoup de vigilance et de suspicion par la LICRA qui saura y mettre tous les freins dont elle disposera et jouera à fond sa partition d’association morale défendant les droits de l’homme.

6) Qu’est-ce qui justifie, selon vous, l’acharnement de la LICRA contre tout ce qui est identitaire ?

L’antiracisme affiché est en réalité un combat anti-identitaire. Nous avons vu qu’aux yeux de la LICRA, la France était spécialement coupable d’avoir produit le régime de Vichy. Ce régime exécré ayant revêtu une coloration « nationale », il fallait donc éradiquer et diaboliser à l’avenir toute référence « nationale ». La nation, la patrie, étant synonymes pour la Ligue de volonté d’enracinement ou de défense identitaire, toutes valeurs éminemment suspectes.
De là vient son acharnement proprement stupéfiant à l’égard de tous les partis politiques défendant l’identité ou la nation, systématiquement accusés de racisme. Un acharnement qui est allé jusqu’à exiger de les voir purement et simplement expulsés de la vie publique. Ce qui en dit long sur son pouvoir et sur la terreur de la pseudo droite à l’idée de se voir assimilée à Vichy. Cette expulsion étant également motivée par des raisons strictement politiques, pour ne pas dire électorales. L’enjeu était de taille : une droite unie aurait marqué la fin du pouvoir de la gauche. Il fallait à tout prix empêcher cela. Ce fut le rôle de la diabolisation. Alors que la toute la gauche s’était unie sans états d’âme pour arriver au pouvoir, un véritable tabou s’est abattu sur la droite dite nationale à seule fin d’empêcher toute entente avec les autres fractions.
La promotion inlassable de l’islam en France s’inscrit également dans l’obsession anti-identitaire de la LICRA et vise elle aussi à l’affaiblissement d’un pays jugé coupable. Les points de convergence entre communisme et islam ne manquent d’ailleurs pas: tous deux sont fondamentalement internationalistes, manifestent un prosélytisme sectaire et combattent la démocratie. Même s’ils s’en défendent en s’emparant du terme pour mieux le vider de son contenu.

7) Les effets collatéraux d’une immigration massive et culturellement différente, ceux du communautarisme, l’importation en France du conflit israélo-palestinien, ne vont-ils pas enrayer le discours de l’antiracisme officiel ?

Vous songez à une repentance ? Vous savez bien que la repentance n’est qu’à sens unique…Mais trêve de plaisanterie. En bonne logique, devant l’avalanche de problèmes devenus ingérables, tout le système au pouvoir devrait effectivement faire repentance et admettre s’être trompé, avoir trompé les Français et piétiné la démocratie depuis trente ans. Tous sont coupables et solidaires dans leur culpabilité. Mais inutile de rêver, jamais le système ne l’admettra. Il est donc condamné à poursuivre sa fuite en avant, colmatant une brèche ici, épongeant à grands frais les dégâts là. Cachant partout et toujours son crime. Le mot est fort, certes, mais est-il excessif pour désigner la destruction identitaire d’un pays qui était, il y a quelques décennies encore, riche, fier de son histoire et de sa culture. Et homogène ?

8) Votre livre est-il à mettre entre toutes les mains ?

Je considère avoir fait œuvre de salubrité publique en démontrant les agissements et motivations réelles de la LICRA ainsi que les dessous d’une action qui a bien plus à voir avec la politique qu’avec la morale. Mon livre est donc à mettre résolument entre toutes les mains, en particulier dans celles des jeunes qui y trouveraient matière à réflexion et à découverte. Car ce qui est navrant, c’est la profonde ignorance où est tenue la jeune génération de l’histoire en général et de sa propre histoire en particulier. Une histoire dont elle n’a pourtant pas à rougir. Quant aux adultes, nul doute qu’ils n’apprennent, eux aussi, à sa lecture une foule de choses qu’ils ne trouveront pas dans leur gazette habituelle. Ni à la télé.

SOURCE : NOVOPRESS

Commentaires

Et semer encore et toujours les graines de l'antisémitisme, et de la xénophobie en génèral... sincèrement je vous plains.

Écrit par : aliscan | 13/12/2006

Avez-vous lu le livre, avant de parler encore et toujours d'antisémitisme et de xénophobie? C'est un peu trop facile d'espérer esquiver ainsi systématiquement les critiques ou les remises en cause, vous ne trouvez pas?

Écrit par : Anne Kling | 13/12/2006

La LICRA a certainement plus contribué à développer le racisme et l'antisémitisme dans notre pays qu'elle ne les a combattu.

La dénoncer est une oeuvre de salubrité publique...

Écrit par : Dominique | 13/12/2006

un grand coup de vent et beaucoup de lumière sur la nuit et le brouillard...
cela contribuera-t-il à changer le climat ???

Écrit par : Esprit5 | 13/12/2006

Excellent livre! Il dit la vérité. Vive la liberté!

Écrit par : Robert Spieler | 13/12/2006

Vous avez fait un travail remarquable . Ce livre est une mine de renseignements et il démystifie, une fois pour toutes, cette association de donneurs de leçons patentés qu'est la LICRA.

Il faut vraiment le lire et, surtout, le faire lire aux naïfs qui croient encore, et ils sont hélas nombreux, dans la sincérité de cette organisation.

Merci.

Écrit par : Roland Hélie | 14/12/2006

Bravo Anne Kling!
Vous mettez le doigt là où ça fait mal, en plein dans le mille!
Votre livre me parrait fort interressant, J'ai vraiment hate de me le procurer pour le lire.
Y en a marre du diktat de la pensée.

Écrit par : johann | 14/12/2006

On sait enfin comment fonctionne cette mécanique bien huilée, qui permet de traiter les européens en racistes-antisémites-xénophobes nés, avec une "dette imprescriptible" envers ceux qui sont "différents".

Écrit par : Hervé | 14/12/2006

Excellent travail Anne !
Enfin quelqu'un qui ose dénoncer a voix haute ce que tout le monde pense tout bas.
J'admire le travail effectué pour arriver a ce résultat.

Écrit par : Caroline | 14/12/2006

Je vais lire votre livre, dont j'ai envoyé le bon de commande aujourd'hui-même. Je vous donnerai mon avis à ce moment-là. Mais avant de l'avoir lu, bien que le sujet en soit passionnant et qu'il rejoigne a priori ma thèse sur la Judéomanie (http://www.tatamis.fr/sites/journalisme/article/article.php/id/111354), pensez-vous qu'il ait été de bonne augure de le faire préfacer par celui qui a déclaré en 2005 sur France 2, je cite :
"Quand avec un Français, Juif sioniste, tu commences à dire qu'il y a peut être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez peut être fait quelques erreurs. Ce n'est pas systématiquement la faute de l'autre, totalement, si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds. Parce qu'en gros c'est à peu près ça leur histoire tu vois. Ca fait quand même 2500 ans, où chaque fois qu'ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans ils se font dérouiller. Il faut se dire, c'est bizarre ! C'est que tout le monde a toujours tort sauf eux. Le mec, il se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue tu vois. Tu ne peux pas dialoguer. C'est à dire, je pense, c'est qu'il y a une psychopathologie, tu vois, du judaïsme sioniste qui confine à la maladie mentale..."

Écrit par : Jean Robin | 16/12/2006

Une trés bonne analyse de notre société.

Écrit par : Vindos Cingetos | 16/12/2006

Le propos de mon livre est ciblé. Il s'agit de démontrer l'influence très forte de la LICRA dans les prises de décision politiques au cours des trente dernières années. Pour l'expliquer, je remonte jusqu'au tout début de son histoire. Je ne pense pas que cette forte influence soit niable ni qu'elle ait été de nature à aplanir les problèmes. Elle aurait plutôt contribué à les exacerber. Cela dit, je borne strictement mon propos à la seule LICRA.
J'ai demandé à Alain Soral de préfacer mon livre car je le considère comme un écrivain engagé et courageux. Il l'a d'ailleurs prouvé en acceptant justement de la rédiger, cette préface "à emmerdes", selon ses termes. D'autres auraient prudemment refusé de s'y risquer. Je lui laisse l'entière liberté de ses propos, qui n'engagent que lui, y compris dans leur dimension provocatrice. De toute manière, ne vaut-il pas mieux des propos vifs et même discutables, qui au moins alimentent le débat, comme on le voit ici, à l'épaisse langue de bois qui paralyse toute liberté d'expression et contribue à faire monter dans ce pays une exaspération autrement plus dangereuse?

Écrit par : Anne Kling | 16/12/2006

"De toute manière, ne vaut-il pas mieux des propos vifs et même discutables, qui au moins alimentent le débat, comme on le voit ici, à l'épaisse langue de bois qui paralyse toute liberté d'expression et contribue à faire monter dans ce pays une exaspération autrement plus dangereuse?"
=> vous voulez parler de ces propos-là par exemple, que Soral soutient apparemment puisqu'il vient d'annoncer qu'il est devenu le conseiller de celui qui les a prononcé en 2005 :
« en France du moins, l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même, ajoute-t-il, s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés».
J'ai deux grands-père. L'un est juif, et s'est caché toute la guerre pour échapper à la déportation à Auschwitz que lui promettait la Gestapo. Ses propres parents, seuls rescapés de notre famille du côté juif (3 personnes sur 38), ont échappé plusieurs fois aux rafles de la Gestapo, par miracle.
Mon autre grand-père n'est pas juif, mais a résisté à l'occupation allemande, comme son père. Celui-ci a été déporté à Buchenwald, et a été assassiné à Dora alors qu'il avait 44 ans, achevé alors qu'on lui faisait construire de force des armes de destruction massive, les V2. Son fils, mon grand-père, est donc orphelin de déporté depuis l'âge de 16 ans, et c'est à ce même âge qu'il fut torturé par la Gestapo à la prison de Châlon sur Saône, devant les yeux de son père, torturé lui-aussi devant les yeux de son fils. Mon grand-père a été traumatisé à vie, invalide de guerre à 80% depuis, et a dû être soutien d'une famille de 5 à l'âge de 16 ans, en tant que boulanger, ce qui est presque inhumain.
L'exemple de ma famille n'est qu'un parmi tant d'autres, ces familles de France qui ont tant souffert pendant l'occupation par l'ennemi. Comme ceux de Soral que j'ai cités, qui sont d'autant plus effroyables qu'ils sont prononcés après le génocide, il ne s'agit pas de propos "vifs et même discutables", il s'agit de propos indécents et même condamnables". M. Le Pen, qui se pose toujours en victime de la société, a cette fois été victime de la clémence de la classe politique et de la justice, puisque ses propos ne feront l'objet d'une poursuite judiciaire qu'après la présidentielle.
J'ai l'impression, à voir les liens que vous indiquez sur votre blog, que vous vous réclamez de la mouvance FN, c'est votre droit, mais d'une part assumez-le, et d'autre part pas moi.
J'étudierai votre thèse avec intérêt, mais à moins que vous ne précisiez votre pensée je garderai à l'esprit que vous ne condamnez pas les propos orduriers et indignes que je viens de citer, et qui déshonorent ceux qui ont osé les prononcer. Et vous aurez noté que je ne suis pas particulièrement un antiraciste primaire, puisque mon livre est précisément la critique d'un antiracisme, l'anti-antisémitisme. Donc cette critique n'est pas du genre de celle que pourrait vous adresser Sos-racisme ou la Licra, justement. Elle est plus honnête et fondée je crois, en ce sens qu'elle ne répond pas à une idéologie, mais à des faits.
La critique de l'antiracisme ne doit pas empêcher de critiquer le racisme, quand celui-ci est caractérisé. Partagez-vous ce sentiment ?

Écrit par : Jean Robin | 16/12/2006

La seconde guerre mondiale a été proprement terrifiante, avec ses cinquante millions de morts, dont, outre le génocide juif, dix-sept millions de Soviétiques et neuf millions d'Allemands. Sans parler des bombes atomiques larguées sur le Japon. Chaque camp a largement connu ses horreurs et ses monstruosités, dont ni vous ni moi ne sommes responsables. Je vous rappelle cependant que c'est bien François Mitterrand qui a été décoré de la francisque en août 1943 et a entretenu par la suite des amitiés pour le moins douteuses. Et pas Jean-Marie Le Pen, qui est né en 1928 et n'a jamais eu le moindre lien avec Vichy. Mais, dans ce domaine éminemment passionnel, chacun a parfaitement le droit de rester sur ses positions. Encore une fois, ce n'est pas le sujet de mon livre.
Vous me situez dans la mouvance FN. La réalité est infiniment plus nuancée que cela, mais une chose est sûre: j'assume toujours parfaitement et sans ambiguité mes paroles et mes actes.

Écrit par : Anne Kling | 16/12/2006

A la lecture de l’argumentation que vous venez d’opposer à Anne Kling, lui reprochant de supposées sympathies pour le FN, je dois bien avouer avoir eu du mal à réfréner un vif sursaut de perplexité. Ne venez vous pas, en envoyant aussi promptement à la figure de Mme Kling vos regrettables histoires de famille (auxquelles tout le monde bien évidemment compatit), de faire montre d’un parfait comportement de judéomaniaque ? Comment avez pu écrire un livre entier sur la judéomanie alors que vos propos invitent à penser que vous êtes sans doute passé à côté de l’essentiel ? J’entends par l’essentiel la cause première à l’origine de ce processus en chaine qui fait basculer toute une société dans la culture du soupçon excommunicatoire.

Car la première des causes de la judéomanie ambiante est bien évidemment l’arme politique imparable que constitue l’invocation des drames que vous avez évoqués ici même sur ce blog. Une arme absolue qui consiste à soupçonner ouvertement, avec force émotion et témoignage personnel à l’appui, votre interlocuteur de complaisances à l'égard des crimes et horreurs du nazisme. Ce faisant, et sans avoir l’air d’y toucher, le discrédit est perfidement jeté et le silence indirectement réclamé. Une fois couvert d’opprobre, reste à votre interlocuteur soit de s’excuser gravement, de se coucher platement, puis de se taire, montrant ainsi qu’il désire rester fréquentable et aspire toujours à être reconnu comme un membre à part entière de la société des hommes. Soit il essaie de s’expliquer, en opposant le raisonnable à l’émotionnel, et le voilà les pieds emmêlés dans une sale histoire dont il sait n’avoir quasiment aucune chance d’en sortir indemne. Gand vainqueur de la confrontation, le judéomaniaque regarde alors sa victime se débattre dans la nasse en laquelle elle s’est laissé prendre.

Qui ne céderait pas à la tentation d’employer une arme aussi redoutable ? Personne ! La preuve, puisque vous-même n’y avez pas resisté !!! La judéomanie n’a pas d’autres explications.

Toutefois, n’y a-t-il pas alors quelque chose de paradoxal entre la thèse que vous défendez dans votre livre et la nature des propos que vous venez d’opposer à Anne Kling ?

Écrit par : Karl Hauffen | 17/12/2006

Dieu merci, "die Gedanken sind frei" (la pensée reste libre), comme le dit une belle chanson populaire allemande (encore qu'un loi prétend aujourd'hui condamner des actes prétendus "racistes" en fonction de l'intention "raciste" supposée de son auteur).
Pour ce qui est de l' expression de la pensée, c'est une autre affaire. Je me permets de suggérer à Anne Kling de ne pas se justifier ni de s'excuser, ni pour ce qu'elle a dit, écrit, pensé ou fait et pas davantage pour ce qu'elle n'a pas fait, pensé, écrit ou dit.
Plus jamais de repentance, plus jamais d'excuses, plus jamais de justification, plus jamais de soumission!
Liberté, j'écris ton nom...

Écrit par : Robert Spieler | 17/12/2006

Madame Kling, oui François Mitterrand a été décoré de la francisque mais par la suite il est entré dans la Résistance sous le nom de Morland et il a résisté contre l'occupant au péril de sa vie.
Quant à Jean-Marie Le Pen, il n'avait pas de lien avec Vichy et il était trop jeune à l'époque. Mais le leader du Front national n'a jamais caché sa sympathie, voire son admiration, pour le régime de Vichy. Oui, je sais ce que vous allez me répondre : monsieur Roger Holeindre a été un des plus jeunes résistants de France et il est vice-président du FN. Je connais ce refrain par coeur et on me l'a sorti plus d'une fois. D'après moi il s'agit d'un alibi, rien d'autre. Et concernant l'affiche électorale du FN, c'est pareil : c'est un alibi dont le but est de tromper les électeurs en faisant croire que ce parti d'extrême-droite préconise une société multiculturelle et le métissage alors qu'en réalité c'est tout le contraire.

Écrit par : Marc Porta | 17/12/2006

L'objet du livre d'Anne Kling est uniquement de mettre en lumière le rôle capital qu'a joué la LICRA dans cet inquiétant recul de nos libertés civiques que nous enregistrons depuis une trentaine d'années. Elle montre jusqu’à quel point la LICRA a collaboré à cette imperceptible entreprise de sortie de la démocratie dont on ne cesse de constater la progression jour après jour.

Anne Kling met surtout en exergue la place de censeur officiel, reconnu par les plus hautes autorités, qu’occupe la LICRA qui est pourtant contraire non seulement à tous les principes de notre constitution, mais aussi à ceux fondamentaux des droits de l’homme. Elle nous rappelle ainsi que la libre communication des pensées et des opinions est, selon la déclaration de 1789, l’un des droits les plus précieux de l’homme. Un droit aujourd’hui allègrement piétiné et bafoué.

Anne Kling ne s’intéresse pas à ce que dit ou pense le FN. Elle ne cherche pas à savoir si l’eau de Vichy a plutôt un arrière-goût mitterrandien ou lepéniste. Elle est une militante de la liberté, aux avant-postes, qui nous avertit que notre démocratie est menacée.

Alors pourquoi cherchez-vous à cantonner la discussion à un débat sur la seconde guerre mondiale ? Ça n’a rien à voir avec le sujet de son livre ?

Écrit par : Karl Hauffen | 17/12/2006

Mme Kling, je ne vois pas pourquoi vous me parlez de M. Mitterrand, si ce n'est pour faire diversion. Comme vous le dites vous-mêmes, il faut parler de votre livre, puisque nous sommes sur le blog qui lui est consacré, or M. Mitterrand n'a rien à voir avec votre livre. J'ai évoqué M. Soral, pour la simple et bonne raison qu'il a réalisé votre préface, qu'il soutient ouvertement le FN dont le président tient régulièrement des propos outranciers, et parfois même racistes. Je vous en ai cité le plus récent, sur l'occupation allemande, cela n'a l'air de vous faire ni chaud ni froid, c'est bien ce que je craignais en voyant les liens que vous affichez sur votre blog.
Car pour faire le lien avec l'intervention de Karl Hauffen, il ne s'agit pas de jeter le bébé avec l'eau du bain. Les racistes sont des idéologues, au même titre que les antiracistes. Alors que les derniers voudraient voir la moindre parole "déviante" condamnée en justice, les premiers voudraient une liberté d'expression totale et indiscutable. Mais cela ne correspond pas aux principes occidentaux, français comme américains, qui ont mis depuis plus de deux siècles des limites à la liberté d'expression.
C'est pourquoi je dis ni Le Pen, ni BHL : ni le raciste anti-système, ni le système antiraciste. En dehors de ces deux idéologies, extremistes et totalisantes (pour ne pas dire totalitaires), il convient de chercher une voie humaine.

Écrit par : Jean Robin | 17/12/2006

Marc : Anne Kling n'est pas au Front National, elle n'a donc pas à répondre de tes accusations d'ailleurs assez légères sur le FN, ce n'est pas le lieu d'en débattre.

Écrit par : Nicolas de Lamberterie | 18/12/2006

Oh si, M. Mitterrand, membre du comité d'honneur de la LICRA bien avant 1981, a justement beaucoup à voir avec mon livre. C'est à partir de 1981 que s'intensifie la montée en puissance de la LICRA, accompagnée de l'instrumentalisation du Front national. Diabolisation et exclusion vont être savamment orchestrées par l'un et les autres à seule fin de conserver le pouvoir, y compris idéologique. Opération magistrale qui a abouti à la pensée unique qui paralyse le pays. Je constate par ailleurs que vous appliquez au mot "raciste" strictement la même définition que la LICRA: est raciste à leurs yeux tout ce qui s'apparente de près ou de loin à la défense de la nation ou de l'identité. Reconnaissez que ce n'est pas vraiment la définition du petit Larousse... Quant au parallèle entre Le Pen et BHL, lui aussi membre de la LICRA, que vous semblez renvoyer dos à dos, permettez-moi de vous dire que le traitement dont ils ont bénéficié ne me semble pas très comparable...

Écrit par : Anne Kling | 18/12/2006

Monsieur de Lamberterie, je sais que madame Kling n'est pas au Front national. Je sais aussi que ce que j'ai écrit au sujet de Jean-Marie Le Pen n'a rien à voir avec le sujet de son livre. Mais je voulais juste réagir parce qu'il est de notoriété publique que monsieur Le Pen éprouve une certaine sympathie pour le régime de Vichy et pour tout ce qu'il représente. C'est vrai qu'il n'a jamais eu de lien avec lui car il était trop jeune, tout simplement. Mais il n'empêche que son éloge à cette triste page de notre histoire est à peine voilé. Quand on lit ce que madame Kling vient d'écrire, on arriverait presque à penser qu'elle cherche à inverser les rôles et les idées.

Pour revenir au sujet de son livre, je ne saurais pas trop quoi en dire parce que je ne l'ai pas lu. Toutefois, je suis parfaitement conscient que la LICRA n'est pas exempte de tout reproche. Il est vrai qu'il y a une certaine dérive ces dernières années et lorsque Finkielkraut dit que "l'antiracisme sera le communisme du XXIème siècle", même si je ne suis pas d'accord avec lui, je vois ce qu'il veut dire. Il faut dire qu'il n'y a pas qu'à la LICRA que la lutte contre le racisme commence à dériver quelque peu. En effet, au MRAP et même à la ligue des droits de l'Homme aussi. En effet, il faut bien reconnaître que ces deux organisations commencent à utiliser le mot "islamophobie" à toutes les sauces, y compris pour viser ceux qui critiquent l'islam (et même parfois ceux qui critiquent l'islamisme, à l'instar de Charlie Hebdo), ce qui bien sûr ne caractérise absolument pas le racisme anti-musulman. Il ne s'agit pas de racisme ni de xénophobie mais de liberté d'expression, une des libertés les plus fondamentales. C'est pour cette raison que deux membres éminents de la LDH ont décidé de démissionner : Cédric Porin et Antoine Spire. De la même manière, Jean Ferrat avait démissionné du MRAP suite à la plainte déposer par l'association à cause des caricatures de Mahomet.
Critiquer l'islam ne revient pas à être islamophobe et qui dit défense des droits de l'Homme et lutte contre le racisme ne dit absolument pas faire le jeu des fondamentalistes.

Écrit par : Marc | 18/12/2006

Pas de commentaire pour l'instant.

Écrit par : Alain de Wailly | 20/12/2006

Mme Kling, je vous cite : "Je constate par ailleurs que vous appliquez au mot "raciste" strictement la même définition que la LICRA: est raciste à leurs yeux tout ce qui s'apparente de près ou de loin à la défense de la nation ou de l'identité. Reconnaissez que ce n'est pas vraiment la définition du petit Larousse... "
Je ne sais pas sur quoi vous vous basez pour affirmer cela.
D'une part, je suis gaulliste, et je me bats justement pour ne pas qu'on associe nation et identité avec racisme (vous n'avez qu'à voir le dernier livre que j'ai édité, L'immigration par escroquerie sentimentale).
Le Pen, défenseur de la nation ? Désolé, quand on est vichyste et pétainiste comme Le Pen ne le cache même plus, cf sa déclaration à Rivarol que j'ai rappelée, on n'est pas pour la nation, on est pour l'occupation de la nation par l'ennemi, et la compromission avec lui.
Je renvoie par ailleurs BHL et Le Pen dos à dos car, comme vous l'avez vous-mêmes remarqué, ils sont montés ensemble sous l'impulsion de François Mitterrand, qui s'est servi du racisme de Le Pen pour faire monter l'antiracisme de BHL et de SOS-racisme, officine du PS, et réciproquement.
J'ai acheté votre livre pour en savoir plus sur le rôle de la LICRA dans cette instrumentalisation, mais d'après mes recherches 1981, parution notamment de l'Idéologie française de BHL, correspond bien comme vous le dites à une intensification de la montée en puissance de l'antiracisme en France.

Écrit par : Jean Robin | 20/12/2006

M. Robin,
je ne crois pas que vous ayez raison quand vous qualifiez Le Pen de vichyste, de pétainiste. Ancien député du FN, j'ai quitté le FN en 1989 car, régionaliste et partisan de l'Europe des peuples et des nations, je supportais mal une dérive nationaliste et anti européenne du mouvement. Je me sens donc totalement libre pour dire ce que j'ai vu et entendu auprès de Le Pen. Il y avait dans son entourage certes d'anciens vichystes, mais aussi des gaullistes convaincus. De Camaret, compagnon de la Libération fut un de ses proches amis et fut élu député européen FN.Je crois que Le Pen est un vrai patriote français qui cultive certainement une nostalgie de l'empire sur lequel flottaient les trois couleurs. Je le dis d'autant plus clairement que je ne partage pas cette nostalgie et que je crois que la colonisation a été une erreur. Le Pen n'est pas davantage raciste, j'en suis persuadé, et je dois dire que son goût pour les DOM-TOM en agaçait quelques uns au FN. Ceux qui ont une vision plus identitaire de ce que devraient être la France et l'Europe lui reprochent d'ailleurs son approche du sujet.
Je crois que ce qui caractérise Le Pen est une grande capacité à relativiser les choses, notamment sur le plan historique. Pour ce qui est de certains propos qui ont pu choquer, je crois qu'il faut sans doute les mettre en regard avec sa conviction que tous les historiens partagent, qu'un gauleiter à la tête de la France aurait amené une situation encore plus épouvantable.
Je ne suis pas l'avocat de Le Pen , avec lequel j'ai bien des désaccords, mais je tenais à vous apporter un éclairage que je crois objectif.

Écrit par : Robert Spieler | 21/12/2006

M. Robin, cela fait trente ans que l'on présente systématiquement Jean-Marie Le Pen comme un raciste. C'est, pour reprendre un terme que l'on aime bien à la LICRA, le "fond de commerce" de ceux qui ont décidé et orchestré, pour les raisons que j'indique dans mon livre, une diabolisation particulièrement efficace. Et ils ont réussi à enfoncer cela dans la tête des Français. Cela ne correspond en rien à la réalité, mais je ne pense pas pouvoir vous en convaincre.
Vous mentionnez SOS-racisme, "officine du PS". Au risque de passer pour une obsessionnelle de la LICRA, je vous signale cependant que SOS-racisme, 1ère version, a bel et bien été créé par la LICRA en octobre 1982 afin de toucher un maximum de jeunes, cibles prioritaires de cette nouvelle structure, qui avait été présentée par elle en ces termes: "SOS racisme est né de la volonté d'un groupe de jeunes, copains de milieux et de couleurs différents, de ne pas rester sans réagir face à la vague montante du racisme qui n'épargne plus la jeunesse elle-même". C'est que la gauche venait d'arriver au pouvoir et qu'il s'agissait de mettre les bouchées doubles pour enrôler les jeunes sous la bannière de l'antiracisme, en exploitant à fond à la fois leur générosité naturelle et leur vaste ignorance de l'histoire.

Écrit par : Anne Kling | 22/12/2006

Ca y est!
Je viens de me commander le livre chez Tilsafe.com! (^_^)
Il me tarde de le recevoir et de le lire!

Écrit par : johann | 08/01/2007

Je viens d'achever la lecture de votre livre. Il s'agit d'un ouvrage documenté, contextualisé, argumenté, et de surcroît fort agréablement écrit. C'est une contribution essentielle à l'histoire de la transformation de la démocratie en totalitarisme soft dans la France de l'après 1945. A croiser avec, notamment, l'ouvrage de Jean Sévillia sur le terrorisme intellectuel.

Bravo, et encore merci. Les débats qui suivent sont stériles, tout à fait caractéristiques d'ailleurs de ce faux pluralisme à la française qui caractérise les médias et les forums internet. "Ne rien faire, et toujours braire"...

En pleine communion avec votre esprit libre, irrévérencieux et constructif.

Écrit par : Alexandre | 21/01/2007

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